LA VERITE SUR LE MCR (1): LE MOUVEMENT DES COMITES REVOLUTIONNAIRES,

 
Par Dr. Rajab BUDDABUS,
Directeur de l’ « ACADEMIE VERTE » (Tripoli)
Principal idéologue du MCR et « gardien du Socialisme jamahiryien »
(selon LE FIGARO, Paris)  
 
Pour comprendre ce qu’est le Mouvement des Comités Révolutionnaires, nous devons d’abord aborder, en bref, la révolution, c’est-à-dire donner quelques indications sur l’essence de la révolution qui est l’objectif du mouvement des comités révolutionnaires.
Dans leurs tentatives, en vue d’expliquer ce qu’est la révolution, certains ont parlé de facteurs économiques, de facteurs politiques et sociaux…etc. cependant expliquer la révolution par des facteurs économiques, politiques et sociaux, n’est pas suffisant, parce que :
 
L’oppression, les rapports d’injustice et les problèmes politique et économique, les crises sociales, le sous-développement, le blocage du changement et de l’évolution sociale ; n’engendrent pas forcément la révolution, ils peuvent tout au contraire conduire à la soumission et à l’acceptation de la réalité sociale telle qu’elle est. Dans une société de misère où la pauvreté est généralisée, il est possible que les individus cherchent leur salut individuellement, au lieu de se révolter collectivement.
 
Historiquement parlant, on a remarqué le contraire de ce qu’on avance par les explications économique, politique et sociale. Les révolutions se produisent dans des périodes politiquement, économiquement et relativement mieux que d’autres périodes et dans des endroits où les conditions de vie sont relativement meilleures par rapport aux autres endroits de la même société.
 
La généralisation des rapports d’injustice et la domination de la misère, n’engendrent pas automatiquement la révolution pour qu’elle puisse se déclencher, il faut plus que des rapports d’injustice et de misère. La révolution ne se produit pas parce qu il y a oppression, corruption, ni à cause de la misère, elle se produit grâce à la prise de conscience des rapports d’injustice, de l’oppression, de la corruption et de la misère.
 
Cette prise de conscience nécessaire à la révolution, ne se fait qu’à la lumière d’une alternative, grâce à laquelle se découvrent l’injustice, l’oppression, la corruption et la misère comme situations insupportables et intolérables et qui démontrent en plus, que le changement est possible.
 
Pour prendre conscience de l’injustice, il faut une prise de conscience de la justice.
 
Pour prendre conscience de la servitude, il faut une prise de conscience de la liberté.
 
Mais cette prise de conscience ne se fait que grâce à une alternative.
 
L’homme ne se révolte pas à cause des rapports d’injustice, mais parce qu’il prend conscience de la justice. Lorsque les hommes prennent conscience de leur liberté, ils ne supportent plus la moindre servitude. Lorsque les hommes prennent conscience de la justice, ils ne tolèrent plus la moindre injustice.
 
Cette prise de conscience exige une alternative, cette alternative est présentée par la théorie jamahiyrienne.
 
La théorie jamahiyrienne est une théorie révolutionnaire parce qu’elle présente l’alternative grâce à laquelle se découvre l’injustice, la servitude, l’oppression et la répression. En même temps que la justice, la liberté, l’égalité en tant qu’avenir possible devant les hommes.
 
Le problème de la phase de transition, c’est-à-dire le passage de l’avant à l’après révolution, est le problème le plus crucial et la phase de transition est la phase la plus difficile, la plus dangereuse, parce que pendant cette phase bien que l’ancien régime soit vaincu, ses institutions démolies, ses justifications perdent leur crédibilités et leur légitimités par la révolution, tandis que le nouveau régime – l’alternative – n’est pas encore institué et ses institutions ne sont pas encore établies.
 
- QUELLES SOLUTIONS FAUT-IL PROPOSER? COMMENT SORTIR DE CE DILEMME?
 
Du point de vue objectif, un peuple qui a vécu sous des formes multiples de tyrannie politique, économique et sociale, a besoin, pour passer de l’ancien régime au nouveau régime d’un instrument, grâce auquel il découvre les origines de sa souffrance, les causes des rapports injustes et de l’exploitation, et prend conscience de l’alternative.
 
En l’absence de tel instrument, un peuple risque ou bien de ne pas prendre conscience des origines des rapports d’injustice dominant dans la société, en même temps ignorant l’alternative qui lui présente la possibilité de sortir de sa situation ou bien il risque de tomber dans un abîme aveugle qui, tôt ou tard mènera la révolution à sa perte.
 
D’autre part, bien que cet instrument soit nécessaire, s’il est exercé à la place du peuple, il rend le peuple absent et éternise ses handicaps malgré les bonnes intentions affichées.
 
Certaines révolutions n’avaient pas conscience de ce problème, elles se sont laissées entraîner par un abîme aveugle illimité où chacun est à la fois victime et bourreau, pour tomber enfin épuisés sous la dictature d’un seul. Faute de ne pas pouvoir maîtriser la terreur, elles se mettaient sous la terreur d’un seul le préférant à la généralisation de la terreur.
 
Par manque d’un instrument révolutionnaire, l’engrenage terroriste conduit inévitablement à la dictature.
 
Certaines autres révolutions, enrichies peut-être par l’expérience historique de la révolution française, qui a mis une dizaine d’années de tâtonnement pour mettre fin définitivement à l’ancien régime et établir le nouveau régime : La république. Elles se sont appuyées sur certaines organisations d’élites bien encadrées, fort disciplinées qui, pour éviter la chute dans l’engrenage de la terreur aveugle exerce le pouvoir à la place du peuple, sous prétexte que le peuple n’est pas encore prêt, ni incapable d’exercer le pouvoir directement, ce qui suppose la nécessité d’un instrument – un parti- qui en fait traverser la phase de transition vers le nouveau régime dans lequel le peuple sera émancipé.
 
Cela signifie clairement que le régime institué pendant la phase de transition est un régime totalitaire.
 
Mais l’exercice du pouvoir par un tuteur entrave sérieusement la transformation du pouvoir recherché par la révolution. Cette révolution commence aussi à se contredire. Son but est l’émancipation de l’homme. Sa méthode est de l’asservir. Ainsi, bien que ce soit sous formes différentes, le même régime s’éternise affectivement.
 
La totalité politique empêche ainsi toute transformation des rapports dominants. Le changement ne touche que les personnages du régime, les rapports du gouvernement – gouverné, maître et esclave, dominant et dominé – persistent malgré le changement des personnages, ce qui justifie tôt ou tard une nouvelle révolution, car une révolution manquée en cache une autre.
 
Si l’après victoire commence par l’exclusion du peuple, même au mur, mal formé, mal préparé, mal disposé, n’est pas prêt à exercer le pouvoir, à cause justement de l’ancien régime, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en même temps cette exclusion rend la révolution illégitime parce que ce qui justifie la révolution ne justifie pas du tout l’exclusion du pouvoir… justement parce que l’exclusion du peuple sous l’ancien régime est l’une des principales justifications de la révolution.
 
- QUELLE SOLUTION NOUS PROPOSE LA REVOLUTION LIBYENNE D’EL FATAH ?
 
Le choix du moyen dans la phase de transition est par principe dicté par le but poursuivi par la révolution. Ainsi, les révolutions précédentes ont recours aux instruments pertinents à leur but, leur but étant la prise de pouvoir soit par la bourgeoisie dans la révolution française, soit par le prolétariat représenté par le parti bolchevique dans la révolution russe.
 
L’objectif de la révolution d’El-Fatah, n’est pas la prise du pouvoir comme fin en soi par une partie du peuple, mais celle qui consiste à remettre tout entièrement le pouvoir au peuple.
 
Etant donné que le but est d’établir le pouvoir du peuple, sans aucun intermédiaire, d’instituer la justice sociale et de libérer les hommes, l’instrument utilisé dans la phase de transition, pour faire passer le peuple de l’ancien au nouveau régime c’est-à-dire le pouvoir du peuple, ne doit pas sous aucun prétexte, contredire le but dont il est l’instrument de réalisation.
 
Ainsi naît le Mouvement des Comités Révolutionnaires.
 
Le Mouvement des Comités Révolutionnaires n’est pas la création d’un individu, ou d’un groupe d’individus avide de pouvoir et, de façon organisé, hiérarchisé, dans le but d’être utilisé comme instrument pour la prise du pouvoir et le monopoliser.
 
Le Mouvement des Comités Révolutionnaires est le résultat spontané de tous ceux qui découvrent l’origine de la corruption et de la répression et refusent l’injustice que ce soit politique, économique et sociale et développent leur conscience par la nécessité du changement profond à partir de leur prise de conscience de l’alternative.
 
Cette découverte et la prise de conscience se font à partir de connaissances conscientes de la théorie jamahiriyenne exposée dans Le Livre Vert à la lumière de laquelle se découvrent la corruption et les origines des rapports de l’injustice dominant, en même temps qu’elle démontre la possibilité d’une alternative meilleure.
 
Ceux-ci s’ils restent séparés, sériés, individualisés, leur refus ne pourra dépasser le seuil insurrectionnel ou le soulèvement ou le suicide. Pour donner force à leur refus, ils constituent leur groupement pour leur donner la force collective en face du régime de corruption et d’injustice organisée.
 
Cela veut dire que le mouvement des comités révolutionnaires est une organisation ouverte où aucune sélection ne s’y fait. Son apparition est le résultat d’appel mutuel, spontané, de tous ceux qui sont convaincus par la théorie jamahiriyenne et qui dépassent la simple conviction vers l’action selon leur conviction.
 
Etant donné que la théorie est jamahiriyenne, les comités révolutionnaires ne peuvent exercer le pouvoir à la place du peuple, ni être totalitaires. Toute tentative dans cette direction est condamnée, et considérée comme trahison.
 
Ainsi le but poursuivi par les comités révolutionnaires, qui est en substance l’établissement du pouvoir du peuple, autrement-dit la démocratie directe, détermine leurs essences, leurs façons d’agir et leurs missions.
 
En prenant en considération tout ce que nous avons avancé, le mouvement des comités révolutionnaires est une nécessité conjoncturelle, liée d’une part aux conditions sociales, politiques et économiques dominantes dans une société ou la révolution éclate, et de l’autre du peuple, c’est-a-dire la démocratie directe.
 
Les conditions politiques, sociales et économiques dans une société donnée exigent le recours à un instrument révolutionnaire mais le but poursuivi est de déterminer son essence, sa façon d’agir et sa mission.
 
Les comités révolutionnaires, pour atteindre leur but, ne doivent pas se mettre a la place du peuple, ils ne doivent pas exercer le pouvoir. Tout au contraire, ils doivent détruire les entraves, matérielles et morales, afin de permettre au peuple de reprendre et d’intérioriser son pouvoir jadis confisqué par une minorité. Dès que leur but est réalisé, les comités révolutionnaires se diluent dans le peuple.
 
Ainsi, on peut définir les comités révolutionnaires comme un cadre politique et pratique des forces révolutionnaires.
 
Convaincus et motivés par le pouvoir du peuple et le socialisme associationniste, poursuivant un but qui leur interdit de se mettre à la place du peuple dans sa marche vers l’appropriation du pouvoir et de son exercice, et la réappropriation de sa richesse nationale ainsi que la défense de ses acquis.
 
Les comités révolutionnaires sont ainsi l’instrument par lequel se propagent les idées émancipatrices jamahiriyennes.
 
- SUR QUELLE BASE S’ORGANISENT LES COMITES REVOLUTIONNAIRES ?
 
Sans doute la première condition, celle qui est à l’ origine de sa formation spontanée, c’est la prise de conscience des idées jamahiriyennes exposées dans Le Livre Vert et la conviction dans le but visé.
 
Deuxièmement, un membre du comité révolutionnaire doit être l’exemple de l’homme nouveau, moralement et pratiquement dévoué pour la cause dont il défend. Il doit se distinguer par ses actions et son comportement à travers les valeurs jamahiriyennes.
 
Sa mission :
 
Etant donné que les comités révolutionnaires ont comme objectif à court terme, la destruction des entraves morales et matérielles afin de permettre au peuple la réappropriation de son pouvoir et de sa richesse, en tant que but suprêmes ;
 
Les mouvements des comités révolutionnaires doivent :
 
1-   inciter le peuple à l’exercice de son pouvoir.
 
2-   Consolider les institutions du pouvoir du peuple, c’est-à-dire les congrès et les comités populaires.
 
 La permanence du comité révolutionnaire.
 
La permanence du comité révolutionnaire est le lieu où les forces révolutionnaires se rencontrent, se réunissent dans le cadre d’un congrès populaire ou professionnel.
 
La permanence est l’adresse permanente par laquelle se communiquent les forces révolutionnaires, agissant à partir d’une autre permanence du comité révolutionnaire. Elle est la base à partir de laquelle les révolutionnaires se lancent pour effectuer leur mission.
 
Dans la permanence, les révolutionnaires se réunissent pour étudier, cultiver leurs esprits, réfléchir, analyser, discuter ensemble, à partir des thèses jamahiriyennes.
 
Dans la permanence, les révolutionnaires planifient leurs actions, se désignent les missions en vue de la réalisation de leur but ; le pouvoir du peuple.                                               
 
(Publié dans RCM MAGAZINE, Août 2010)
 
Photo : Le Dr BUDDABUS et Luc MICHEL, président du MEDD-MCR, à la Tribune de la « 6e Convention européenne du MEDD » (ZAWIA, Libye, 5-7 février 2011).
Le Dr. Rajab BUDDABUS, ancien Ministre libyen de la Culture et de l’information, est le Directeur de l’ « ACADEMIE VERTE » (Tripoli), principal idéologue du MCR et « gardien du Socialisme jamahiryien »

(selon LE FIGARO, Paris)    

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