# ELAC & ALAC / LUC MICHEL : OU VA LA LIBYE ? DE LA COMEDIE DE LA PSEUDO DEMOCRATIE A LA SOMALISATION …

 

 
Alors que les médias de l’OTAN nous racontent « la naissance d’une démocratie libérale » (sic), la Libye recolonisée par l’Occident s’enfonce dans le chaos et la « somalisation » …
Luc MICHEL pour ELAC & ALAC Committees /
avec PCN-SPO – AFP – Libération – Correspondances en Libye / 2012 08 09 /
 
Il y a la belle histoire, le storytelling des spin doctors de l’OTAN. Et il y a la réalité d’une Libye en plein chaos.
J’ai plus de deux décennies d’expérience de la Jamahirya et j’ai pu reconstituer sur place depuis quelques mois un réseau fiable d’observateurs, malgré la peur et la répression. Voici derrière les médiamensonges et la propagande de l’OTAN la réalité d’une Libye post-Kadhafi en plein chaos, une nouvelle Somalie sur la Méditerranée.
 
LES MEDIAMENSONGES DE L’OTAN DECRYPTES
 
Ce 8 août était le premier anniversaire de la prise de Tripoli, le 8 août 2012, par les forces spéciales de l’OTAN et du Qatar, suivie ensuite des katibas Djihadistes du CNT de l’Ouest, encadrées par les forces spéciales françaises. Le lendemain, ce 9 août, l’OTAN faisait jouer la comédie de la « transition démocratique » (sic) à ses affidés du CNT, les Pétains, les Laval et les Quislings de la Libye occupée et recolonisée made in NATO.
 
« Passation de pouvoir historique en Libye », titre l’AFP ce même jour. Qui développe le scénario idéal inventé par les USA et l’OTAN pour justifier la guerre, l’invasion et l’occupation de la Jamahiriya.
« En raison du mois de jeûne de ramadan, la cérémonie a commencé tard dans la nuit dans une luxueuse salle de conférence d'un hôtel de la capitale libyenne », raconte l’AFP. « Le Conseil national de transition (CNT) en Libye a remis mercredi soir les pouvoirs à l'assemblée issue des élections du 7 juillet, lors d'une cérémonie historique marquant la première transition pacifique après plus de quarante ans de dictature de Mouammar Kadhafi. La cérémonie a été ouverte par des sourates du coran puis l'hymne national (celui de la monarchie) entonné par une chorale d'enfants, en présence de représentants des missions diplomatiques en Libye, ainsi que des membres du CNT et du gouvernement et des chefs de partis. »
 
« Je remets nos prérogatives constitutionnelles au Congrès général national qui est désormais le représentant légitime du peuple libyen », a déclaré le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, en « remettant symboliquement le pouvoir au doyen des 200 membres du Congrès général national (CGN) élus il y a un mois lors du premier scrutin libre en Libye ».
Une première remarque : Tout d’abord l’empreinte des institutions de la Jamahiriya de Khadhafi est telle que le nom choisi pour le pseudo parlement fantoche créé par l’OTAN est quasiment celui de la plus haute institution représentative de la Démocratie Directe sous Kadhafi : il s’appelait le « Congrès Général Populaire » – et oui il existait ! -.
 
« Peu avant, les 200 membres ont prêté serment devant le président de la Cour suprême libyenne », continue l’AFP, qui entend donner l’image d’institutions démocratiques (sic).
« Maintenant le CNT n'existe plus. Il est dissout », a déclaré à l'AFP Othman Ben Sassi, membre du Conseil.
« En raison du mois de jeûne de ramadan, la cérémonie a commencé tard dans la nuit dans une luxueuse salle de conférence d'un hôtel de la capitale libyenne. Une autre salle aménagée au deuxième étage de cet établissement sera désormais le siège du CGN », nous conte l’AFP Une seconde remarque : l’impressionnant siège du « Congrès Général Populaire », l’équivalent du Parlement sous Kadhafi, a été attaqué et incendié par les gangs islamistes dès la première semaine du coup d’état insurrectionnel organisé par l’OTAN à Benghazi et à Tripoli les 15-17 février 2011. Et donc ne peut plus servir …
 
A l'issue de la cérémonie qui n'a duré finalement qu'une quarantaine de minutes, les membres du Congrès ont été appelés à rester dans la salle pour leur première réunion officielle au cours de laquelle ils devraient élire un président et deux vice-présidents de l'assemblée. Ce qu'ils ont été incapables de faire.
 
LES ELECTIONS TRUQUEES DU CNT
 
Mais revenons et expliquons ce qu’était ce « premier scrutin libre » en Libye.
Pour commencer une loi spéciale a interdit avec de lourdes peines « l’apologie ou la défense de Kadhafi et de sa Jamahiriya ». Et donc de facto toute création ou présentation de formations politiques ou de candidats pro Kadhafi.
Ensuite, ceci ne suffisant pas, on a interdit l’inscription sur les listes électorales de 800.000 libyens – sur trois millions d’électeurs -, soupçonnés de sympathie pour la Jamahiriya renversée par l’OTAN. A l’échelle de la Russie, si critiquée, que dirait-on si le régime de Poutine avait interdit 20 millions de Russes de participation aux élections ? C’est pourtant le ratio projeté sur la population russe.
 
Ces manipulations passées sous silence par les médias et les experts de l’OTAN, il faut aussi évoquer les conditions dans lesquelles s’est déroulé le scrutin. La Libye est en plein chaos. L’autorité du pseudo CNT s’exerce sur quelques quartiers de Benghazi et Tripoli. Ailleurs c’est, comme dans la Somalie des islamistes et de l’OTAN, et ce n’est pas un hasard, quartier par quartier, localité par localité, le règne de la violence, celle des milices, des djihadistes et des gangs (1). Peu de choses les différencie. Chaque jour on torture, on enlève, on rançonne et on rackette, on tue. C’est la généralisation des prisons privées et des chambres de torture. Sur lesquelles le CNT n’a aucune autorité comme l’a démontré la détention forcée d’une mission de la CPI en juin dernier.
 
Deux exemples : le dernier ambassadeur de Kadhafi à Paris, Brebesh, pourtant rallié au CNT, est mort sous la torture en mai, entre les mains d’une milice islamiste de Tripoli. Le dernier premier ministre de Kadhafi, Al Bagdadi, illégalement acheté et livré par le gouvernement islamiste tunisien, lui est dans le coma. Tabassé et torturé dès son arrivée à l’aéroport de Tripoli.
 
Mais ce n’est pas tout. Les élections se sont déroulées dans un climat d’extrême violence. Celle des gangs islamistes, chacun ayant leurs partis et leurs candidats. Des centaines de « partis » et des milliers de candidats. A l’exemple du parti islamiste Al Watan – financé par le Qatar – de l’ex leader libyen d’Al-Qaida et ex de Guantanamo, Abdelhakim Belhadj, instauré « gouverneur militaire de Tripoli » par le Qatar et les généraux français de l’OTAN. Qui avait troqué son treillis pour un costume de businessman, entre deux voyages en Syrie où il dirige sur le terrain les djihadistes de la pseudo ASL pour le compte de l’OTAN (2). Violence aussi de la Résistance Verte des pro Kadhafi qui n’a pas déposé les armes.
 
Enfin, cerise sur le gâteau électoral pourri de l’OTAN, ces élections n’étaient supervisées par aucune mission de monitoring indépendante. Leur organisation confiée à des juristes et des fonctionnaires des USA et de l’OTAN. Et le « monitoring » à une des ONG bidon liée à l’OTAN !
 
« ESCALADE DE LA VIOLENCE » ET RESISTANCE VERTE
 
Le beau conte de l’AFP débouche alors brusquement sur la réalité du chaos libye. Sans que les presstitutes de l’OTAN semblent être conscients de la contradiction.
« Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été mises en place à cette occasion (ndlr : le show de « la transmission du pouvoir »), notamment après une escalade de la violence dans plusieurs régions du pays ces derniers jours. Le ministère de l'Intérieur a ainsi bouclé le périmètre de l'hôtel et toutes les routes proches ou menant à la salle de conférences ont été fermées à la circulation. »
 
On notera le déploiement devant l’hôtel où se tenait la cérémonie de « passation de pouvoir », d’une brigade de la nouvelle « Armée libyenne », équipée comme une brigade d’infanterie coloniale britannique d’avant-guerre. Tout un symbole de la recolonisation de la Libye. On soulignera encore que la Presse a du tenir secret le nom de l’hôtel, tant la peur d’une attaque de la Résistance Verte était latente !
 
Voilà donc un état (sic) démocratique (resic) qui ne contrôle même pas le cœur de sa capitale.
La Résistance Verte des pro Kadhafi continue en effet le combat. Ce n’est ni le « pays apaisé » des médias de l’OTAN. Ni non plus les « batailles de rues » de certains illuminés sur les réseaux sociaux ou des mytho-mensonges de certains journalistes « non mainstream » liés à l’Iran. C’est quelque chose entre la Résistance française de 1943, les débuts de la Bataille d’Alger du FLN ou encore, dans le centre et le sud de la Libye, les combats des Titistes yougoslaves vers 1942.
 
Une résistance bien armée, qui peine à s’organiser et manque d’un leadership. Mais qui se bat, tue des kollabos et des djihadistes, attaque des prisons et fait évader des prisonniers – on estime à plus de 17.000 les détentions illégales de Kadhafistes, mais aussi d’africains innocents frappé par le racisme anti-noir des islamistes, dans les prisons des islamistes et du CNT -, on fait sauter des dépôts d’armes. Et dans le sud, on contrôle des routes, des localités, des quartiers. Partout on frappe les kollabos du CNT.
 
Parlons enfin d’une troisième violence, qui ici aussi évoque la Somalie : la violence privée, les vendettas, les règlements de comptes. Entre famille, entre villages et villes, entre tribus. Les arsenaux pillés dès février 2011 ayant lourdement armé tout le monde.
 
L’ECHEC DU CNT
 
Dans son discours, le kollabo n° 1 de l’OTAN, Mustapha Abdeljalil, a salué "une première passation de pouvoir dans l'histoire de la Libye" qui représente un "moment historique" pour les Libyens. Il a du reconnaître à demi-mots l’échec du CNT : des "erreurs" (sic) durant une période de transition "exceptionnelle" et un "retard dans le traitement de certains dossiers (resic)", notamment ceux de la sécurité, du désarmement. Selon lui, » le CNT a échoué aussi à trouver une solution au dossier des déplacés du conflit libyen à l'intérieur et à l'extérieur du pays », qu'il a qualifié de "véritable drame". "Nous n'avons pas pu garantir la sécurité comme nous le souhaitions", a-t-il ajouté.
Méprisé à la fois par le peuple et ses anciens alliés tant islamistes que monarchistes – les protégés des Mi5 et Mi6 britanniques – ou libéraux – les favoris des USA – et sans autorité, Il a annoncé par ailleurs qu'il prenait sa retraite et qu'il quittait ses fonctions au CNT et dans le Conseil supérieur de magistrature dont il était membre sous le régime de Mouammar Kadhafi.
 
Le CGN sera chargé de choisir un nouveau gouvernement pour prendre le relais du CNT, qui devrait être dissout lors de la première session du Congrès. Il devra conduire le pays à de nouvelles élections sur la base d'une nouvelle Constitution. Son autorité sera encore plus virtuelle que celle du CNT.
 
LES FORCES POLITIQUES PRO OTAN DANS LA LIBYE POST CNT
 
L'Alliance des forces nationales (AFN), une coalition libérale quelques dizaines de petits partis, menée par des architectes du coup d’état de 2011 contre le colonel Kadhafi, organisé par l’OTAN et les USA, détient 39 sièges sur les 80 réservés à des partis politiques.
Le Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans, est la deuxième formation politique du Congrès avec 17 sièges.
Les 120 sièges restants ont été attribués à des candidats indépendants aux allégeances et convictions encore floues mais qui sont très courtisés par les partis.
"Durant les premières réunions, nous allons voir plus clair concernant les orientations de chacun des membres. Maintenant c'est le flou total" (sic), a indiqué à l'AFP Salem Ali Al-Hammali, un membre du Congrès et de l'AFN. Un aveu de l’anarchie qui a entouré ces élections.
 
Encore deux remarques :
Tout d’abord, une force politique est absente de ce beau tableau de l’AFP. C’est le parti islamiste radical Al Watan d’Abdelhakim Belhadj. Grand perdant des élections, tant il a terrorisé les Libyens, il est pourtant la seule force politico-militaire réelle, structurée. Financé par le Qatar, soutenu par certains réseaux français proches de Sarkozy, il attend son heure. Certains à l’OTAN ont peut-être cru le neutraliser en lui confiant le commandement opérationnel de la soi-disant « Armée Syrienne Libre ». C’est une erreur. Car on renforce ses réseaux, y compris par le contrôle des camps d’entraînement de l’ASL installés par l’OTAN en Libye. Et on aguerrit ses troupes.
 
Ensuite, il faut évoquer les résultats des élections et la « victoire » des libéraux favoris de Washington. Cette « victoire » est une victoire par défaut. Les Libyens qui ont pu voter ont fait le choix de rejeter les islamistes, « modérés » (sic) comme les Frères Musulmans, ou radicaux comme les Salafistes ou les électoro-djihadistes – on en est là – d’Al-Watan. L’exemple de ce qui se passe en Tunisie ou en Egypte a du aussi jouer le choix d’un repoussoir.
 
LA « DEMOCRATIE » MADE IN NATO SOLUBLE DANS L’ISLAMISME
 
« La cérémonie a été marqué par un petit incident », nous avoue encore l’AFP, « quand M. Abdelajalil a ordonné le remplacement d'une jeune femme qui présentait le programme de la cérémonie parce qu'elle était maquillée et non voilée ». « La présentatrice, les cheveux découverts, a été contrainte de laisser sa place à des membres du CNT qui se sont succédés par la suite sur la tribune », précise Libération (Paris). Incident révélateur de l’emprise des islamistes sur la Libye du CNT et de l’OTAN.
« Nous croyons dans les libertés individuelles et nous les consolidons mais nous sommes musulmans et nous sommes attachés à nos principes. Tout le monde doit comprendre ce point », a déclaré M. Abdeljalil sans autre précision, avant de prononcer son discours. « L'incident est passé inaperçu par la plupart de l'assistance qui n'a pas compris la remarque du chef du CNT », précise l’AFP.
 
« Le chef du CNT, connu pour ses orientations islamiques notamment en ce qui concerne les femmes, avait déjà suscité la controverse, lors de la proclamation de «la libération» du pays (les guillemets sont de Libération, pour une fois scrupuleux) du régime de Muammar al-Kadhafi en octobre dernier, en affirmant que la charia serait source de législation dans la nouvelle Libye, en citant notamment le droit à la polygamie «sans conditions» », commente Libération.
 
Deux remarques à nouveau :
Abdeljalil était le chef de file des islamistes dits « modérés » qui s’étaient alliés aux libéraux libyens dans la Libye de la « coexistence pacifique » d’après 2003, dans leur combat contre l’aile socialiste du régime jamahiryen (3). Leur chef de file, et c’est là tout le drame de la Jamahiriya après 2003, était Saif Al-Islam, le propre fils aîné de Kadhafi, qui avait installé les islamistes au cœur des institutions libyennes. Et singulièrement Abdeljalil à la tête de la Haute cour libyenne, où cet extrémiste de la Charia, avait organisé l’affaire des « infirmières bulgares » qui a coûté si cher à la Jamahiriya en terme d’image internationale.
 
Ensuite, cet incident révèle la régression de la condition féminine après Kadhafi. Celui-ci avait libéré la femme libyenne, lui avait ouvert les universités et les académies militaires, réprimé la polygamie. Tout ce que le CNT à l’initiative d’Abdeljalil a détruit. Dans certains fiefs islamistes, tombés dans leurs mains comme Misrata, la Burqa afghanne ou le niqab intégral à la saoudienne sont de mise.
 
LA REGRESSION GENERALE PAR RAPPORT A LA LIBYE DE KADHAFI
 
Depuis l’invasion et l’occupation de la Libye en 2011, on a écrit beaucoup de stupidités sur la Jamahiriya. Réduite, pour justifier l’agression occidentale, à un non-état reposant sur des bases tribales. C’est confondre le résultat de l’invasion de l’OTAN et la somalisation de la Libye avec le régime mis en place par Kadhafi de 1969 à 2011.
 
Les bases idéologiques de la Jamahiriya, des institutions de la Démocratie Directe libyenne, ce ne sont pas comme l’a écrit la revue en 1985 GEO « Marx et Allah ». Mais on est déjà là bien loin du non-état tribalisé des médias de l’OTAN ! Ces bases, c’est le Jacobinisme français. Celui révolutionnaire de Robespierre et de la Première Commune de Paris, celle de 1792-94.   La Démocratie directe libyenne s’inspire largement de l’expérience de Démocratie directe de la Première Commune de Paris (1792-1794) et du Comité de Salut Public. Les références sont publiques et nombreuses au gouvernement révolutionnaire de Robespierre (4).
 
La Jamahiriya était un état idéologique (5), avec une vie politique organisée autour d’une expérience avancée de Démocratie Directe, avec des assemblées et des débats à tous les niveaux – des quartiers au « Congrès populaire général » (qui remplaçait le Parlement), en passant par les 30 municipalités, les SABHIAHS – avec des cadres politiques organisés, les « Comités Révolutionnaires ». Une expérience-pilote suivie dans d’autres pays, au Venezuela par exemple (6).
Ceci en plus d’une économie socialiste, et d’un état social protecteur et redistributif et d’une économie dirigée.
De tout cela, il ne reste rien.
 
LOIN DE LA « DEMOCRATIE LIBERALE » : LA STRATEGIE US DU CHAOS
 
Le Chaos en Libye. Qui a entrainé celui au Sahel, au Mali. Avant celui en Syrie. Sur le modèle de la Somalie, éclatée, divisée, ruinée.
Et si c’était cela une des options planifiée par Washington et son allié sioniste pour le « Grand Moyen-Orient » ? Une « Grande Somalie » où l’impérialisme américain en faillite économico-financière, peut encore à peu de frais dominer les routes commerciales et piller les ressources … C’est mon analyse dès les prémisses du soi-disant « printemps arabe ».
 
Contrairement à la plupart, je l’ai vu arriver et annoncé depuis Tripoli précisément (7), et bien avant (8). Le chaos comme avenir pour la Libye et non une impossible « démocratie libérale », le chaos et la « somalisation » à la fois comme moyen et comme objectif !
 
LM
 
(9 août 2012)
Une version développée de ce texte sera prochainement publiée sous forme de Rapport par EODE Think Tank)
 
 
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NOTES ET RENVOIS
 
(1) Luc MICHEL, GANG WAR IN TRIPOLI : THE « NEW LIBYA » OF THE PSEUDO NTC LOOKS LIKE SOMALIA!
 
(2) S’appuyant sur des infos publiées par le quotidien espagnol ABC, Patrice de Plunkett dans Valeurs Actuelles/Spectacle du Monde (Paris) affirme que « l’ASL est commandée sur le terrain par deux islamistes radicaux libyens, le désormais fameux Abdelhakim Belhadj, ex-compagnon de Ben Laden et un temps gouverneur de Tripoli par la grâce de l’OTAN, de Sarkozy et de Juppé, et Mahdi al-Harati, ex-commandant de la « brigade de Tripoli » pendant la guerre civile libyenne et ex-numéro 2 du « conseil militaire révolutionnaire » dans la capitale libyenne. Les deux hommes, peut-être un peu encombrants aux yeux du CNT, se sont donc « délocalisés » en Syrie, à la fin du mois de novembre dernier. » Amenés en Syrie par l’OTAN et l’AKP islamiste au pouvoir en Turquie. Nous ne disons pas autre chose depuis la fin 2011.
Et les djihadistes libyens ne sont évidemment pas venus seuls ! « Avec, précise encore Patrice de Plunkett, 600 (700 selon d’autres sources) compatriotes armés. Qui s’acharnent depuis à mettre le nord de la Syrie à l’heure djihadiste ». Patrice de Plunkett identifie les maîtres de la pseudo ASL, « le wahhabisme, et leurs soutiens : l’Arabie saoudite qui fournit les armes et le Qatar qui fournit l’argent (…) deux alliés de l’OTAN, comme chacun sait ».
L’article de Plunkett est illustré d’une photo d’un de ces groupes djihadistes de l’ASL – au centre Abdelhakim Belhadj -, avec une légende synthétisant le contenu de l’article : « direction effective libyenne de l’ASL, soutien financier et logistique de ces groupes par l’Arabie saoudite et le Qatar, et soutien politique de l’OTAN, de Londres et de Paris à cette « étrange ASL » qui « sème la terreur et attise des haines communautaires jusqu’alors ignorées en Syrie ». Une légende qui pose cette question : « Après l’Irak et la Libye, pourquoi l’Occident cherche-t-il à mettre systématiquement les salafistes au pouvoir ? »
 
(3) C’est un processus similaire à celui qui a détruit la Yougoslavie de 1985 à 2001 qui a déstabilisé, puis détruit la Jamahiriya libyenne de Kadhafi.
Détruite sur un scénario, un « processus de transition » – le nom du CNT s’en inspire directement -  qui rappelle étroitement la Yougoslavie et ce n’est pas un hasard. La Libye aussi, depuis 2003, avait une aile libérale, opposée à celle des socialistes patriotes. Celle rassemblée derrière Saïf Al Islam, qui a amené libéraux et islamistes (comme le président du pseudo CNT Abdel Jalil) au pouvoir. Il faut lire les pages révélatrices de Bernard-Henry Levy sur Saïf dans son dernier livre d’auto-propagande personnelle « LA GUERRE SANS L’AIMER », où il pose la question qui choque : « comment celui qui était des nôtres (l’expression est de lui) a-t-il pu rejoindre son père ? »… Le régime libyen a été déstabilisé et attaqué de l’intérieur. Avant que les bombes, les armées et les mercenaires de l’OTAN et des USA ne viennent finir le travail. J’ai vécu de l’intérieur cette prise de la Libye, aux côtés de nos camarades socialistes du MCR. J’ai vu comment les illusions de Tripoli sur la coexistence pacifique et l’économie globalisée ont permis aux libéraux libyens de se constituer en Cheval de Troie et de préparer l’assaut extérieur.
Sur le processus de transition, au Belarus (où le président Lukashenko l’a arrêté), en Yougoslavie et en Libye notamment, j’ai donné récemment une longue analyse intitulée “Le Modèle du Belarus comme alternative à la Globalisation”, à Minsk, le 5 mai 2011, à l’occasion de la Conférence internationale “THE PROSPECTS OF THE EASTERN PARTNERSHIP”. Elle a été filmée pour PCN-TV et est disponible sur son site.
Cfr. International conference “The prospects of the Eastern partnership” – Minsk 5.05.2011 :
Conférence de Luc MICHEL (PART.1 – 2 – 3) reprise sur PCN-NCP-TV,
sur “Le Modèle du Belarus comme alternative à la Globalisation”
 
(4) Le rôle joué par Moammar KADHAFI au sein du système institutionnel libyen correspondait étroitement – ce que personne n’a semblé voir – à celui que jouait ROBESPIERRE entre la Commune et ses sections, la Convention, le peuple de Paris, le Club des Jacobins et le Comité de Salut Public. A la fois inspirateur et idéologue, porte-parole et arbitre suprême.
Pour qui est un familier du système libyen jamahiriyen et de son fonctionnement réel, l’exposé que fait François FURET du rôle de Robespierre au pouvoir, de 1793 à Thermidor, fait immanquablement penser à celui que jouait KADHAFI, le Guide de la Révolution, en Libye :
« Il est porteur d’un extraordinaire syncrétisme entre les deux légitimités démocratiques. Idole des Jacobins (…) C’est que lui seul a mystiquement réconcilié la démocratie directe et le principe de représentatif, en s’installant tout en haut d’une pyramide d’équivalences dont sa parole garantit, jour après jour, le maintien. Il est le peuple dans les sections, le peuple aux Jacobins, le peuple dans la représentation nationale ; et c’est cette transparence entre le peuple et tous les lieux où l’on parle en son nom – à commencer par la Convention – qu’il faut constamment instituer, contrôler, établir, comme la condition de légitimité du pouvoir, mais aussi comme son premier devoir ».
 
(5) Luc MICHEL, PENSER EN CONTINENTS ! POUR UNE PHILOSOPHIE DE L’ACTION ! POUR UNE MISE EN ACTION DE LA PHILOSOPHIE : CHANGEONS LE MONDE !, Discours au nom des Délégations du Continent européen, au Meeting d’ouverture de la Première Assemblée mondiale de l’ « Association Internationale des Partisans du Livre Vert » (ASIPALV), Tripoli, Libye, 25 octobre 2009.
Consultable sur le site du MEDD-MCR : http://midd.free.fr/accueil.htm
 
(6) Interview de Luc MICHEL (en français et en arabe) à la Radio internationale « LA VOIX DE L'AFRIQUE », Tripoli, Libye, 1er  mars 2007.
A écouter en streaming sur : http://midd.free.fr/accueil.htm
 
(7) La seule et unique analyse annonçant les événements de Libye (coup d’état les 15-17 février 2011) et de Syrie (Mars 2011) avant leur déclenchement par les USA et l’OTAN :
PCN-TV / 6 FEVRIER 2011 : LUC MICHEL ANNONCE DEPUIS TRIPOLI L’AGRESSION OCCIDENTALE CONTRE LA LIBYE ET LA SYRIE !
et :
 
(8) Mon analyse dès 2003 …
L'AGRESSION AMERICANO-SIONISTE EST UNE GUERRE IDEOLOGIQUE CONTRE LE NATIONALISME ARABE : APRES BAGDAD, DAMAS ET TRIPOLI SONT EN LIGNE DE MIRE !
 
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Photos :
Le Quisling libyen, Mustapha Abdeljalil, islamiste et protégé de l’OTAN.
La nouvelle « Armée libyenne », équipée comme une brigade d’infanterie coloniale britannique d’avant guerre. Tout un symbôle (Militaires libyens devant le bâtiment où se tenait la cérémonie de passation de pouvoir, le 8 août 2012 à Tripoli, Photo Reuters).
 
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