# Luc MICHEL / OU VA L’ALGERIE ? / I : ALGER DANS L’ŒIL DU CYCLONE DU GRAND MOYEN-ORIENT …

 

 
Vu d’Alger …
Partie I / De la Politique à la Géopolitique
 
Luc MICHEL pour Solidarité Algérie /
Avec PCN-SPO – EODE Think Tank – El-Watan – Le Monde – El-Khabar  – Alger Républicain – Réflexion DZ – Tel Quel – AFP / 21 septembre 2012 /
 
« Ce n'est pas un Printemps arabe mais un déluge sur les Arabes et cela se confirme chaque jour (…) C’est la colonisation de l'Irak, la destruction de la Libye, la division du Soudan et l'affaiblissement de l'Egypte »
(Ahmed Ouyahia, Premier ministre algérien et leader du RND)
 
« Le pouvoir ne semble pas avoir tiré les leçons de ce qui s’est passé chez nos voisins (…) l’Algérie a reporté son printemps arabe et elle ne l’a pas annulé »
(Bouguerra Soltani, président du MSP, branche algérienne des Frères musulmans)
 
INTRODUCTION
 
Mon analyse est simple et elle est constante depuis 2003 (1) :
* L’Iran n’est pas la cible ultime du soi-disant « printemps arabe » et les menaces de guerres, médiatisées par Washington, mais aussi Téhéran, servent la propagande particulières des régimes US et iranien (2).
* La cible de l’Axe américano-sioniste est la même que celle du Régime Bush en 2003 et le « printemps arabe » n’est rien de plus que l’actualisation depuis 2009 par le Régime Obama du projet dit du « Grand Moyen-Orient ». Cette cible c’est le Nationalisme révolutionnaire arabe et les vestiges des états socialistes arabes.
* La prochaine étape de l’assaut occidental sera l’Algérie. Seule la Résistance de la Kadhafi – qui a tenu 8 mois alors qu’on lui donnait deux semaines – et la Résistance de la Syrie ba’athiste a retardé une agression déjà esquissée en janvier 2011 et septembre 2011
 
LES INTERETS DE L’OCCIDENT DANS LE PSEUDO « PRINTEMPS ARABE »
 
« Encadrement de l’opposition syrienne, prise en charge de la transition libyenne, mise à disposition de «l’expertise électorale» à la Tunisie, les Occidentaux sont très présents dans le Printemps arabe. Mais pourquoi faire? », s’interroge LE QUOTIDIEN D’ORAN, à propos des « intérêts de l’Occident dans le Printemps arabe ».
« L’Occident est-il en train de tirer les fils de la tragédie syrienne et, de façon plus générale, ceux des révolutions et révoltes arabes? On le sait, cette question divise car, de sa réponse, dépend la position adoptée vis-à-vis d’un processus qui a débuté en décembre 2010 – avec les premières émeutes en Tunisie – et dont personne n’est capable à ce jour d’en prédire l’aboutissement  (…) En tout état de cause, une idée revient en force y compris en Algérie: ce que l’on appelle «Printemps arabe» ne serait qu’un complot euro-américain. Autrement dit, la chute du régime de Ben Ali, la démission forcée de Moubarak, les victoires électorales des islamistes en Egypte et en Tunisie, la mort de Kadhafi ainsi que la dislocation actuelle de la Syrie, tout cela est donc vu comme ayant été programmé par quelques cabinets occultes occidentaux voire israéliens. On le sait, c’est l’intervention de l’Otan en Libye qui, la première, a modifié la perception générale et donné crédit à l’hypothèse d’un grand plan mis en œuvre pour redessiner les contours du Maghreb et du Machreq (en attendant, peut-être, le Golfe). Aujourd’hui, le drame syrien et le soutien accordé par les Etats-Unis et l’Europe à la rébellion – notamment via leurs auxiliaires et supplétifs des monarchies pétrolières – confortent cette idée. Mais faut-il pour autant crier au complot? »
 
« Pour résumer les choses, ce n’est pas la Cia qui a poussé Bouazizi à s’asperger d’essence même si cette agence, comme ses partenaires européennes, savait que tôt ou tard que ce type d’événement déboucherait sur une révolte générale (et les plans pour agir en conséquence existaient certainement dans ses cartons). Dans cette affaire, deux naïvetés s’opposent. La première consiste à croire que l’Occident n’a aucune idée derrière la tête vis-à-vis du monde arabe. La seconde pousse quant à elle à s’indigner du fait que, justement, il cherche à tirer profit de la situation. La vérité c’est qu’un Etat digne de ce nom fera toujours tout pour défendre ses intérêts qu’ils soient économiques, militaires ou politiques. A long terme, il déploiera de nombreuses stratégies basées notamment sur la prospective – via notamment l’étude de tous les scénarios possibles – et l’anticipation. A court terme, il cherchera toujours à profiter des circonstances pour, justement, être au plus près de ses objectifs de long terme. Pour autant, aucun Etat n’est infaillible. A lire les ouvrages spécialisés et les biographies des grands de ce monde, on voit bien que cela ne se passe pas toujours de manière idéale.
L’idée que des mécaniques d’une grande précision sont à l’œuvre est très répandue chez les Arabes. »
 
LES RESEAUX MADE IN USA AUSSI EN ALGERIE
 
En Algérie, les réseaux de déstabilisation – qu’il ne faut pas confondre avec les réseaux djihadistes chargés de transformer l’unsurrection en guerre civile – sont en place depuis la fin 2010. Ils se sont déjà fait la main en janvier 2011. « L’Algérie a connu ses propres protestations au début de cette année, qu’elle a contenues avec l’aide d’une police violente, de subventions et de division au sein de l’opposition », commente la BBC. La crise libyenne et le nouvel assaut contre la Syrie ont simplement reporté leur opération en vue d’un coup d’état pro-occidental.
 
Derrière ces réseaux on retrouve les activistes arabes formés à Belgrade et aux USA par le réseau OTPOR et CANVAS son école de subversion, financés par la CIA. OTPOR, directement financé et soutenu par la CIA et les réseaux SOROS, est directement derrière la phase initiale, insurrectionnelle , des soi-disant “révolutions arabes”.
 Srdja Popovic, qui dirige maintenant le Center for Applied Nonviolent Action and Strategies, basé à Belgrade (Serbie), ou CANVAS, le confirmait en mars dernier dans une interview avec l’Associated Press. Les vétérans du mouvement OTPOR ont continué à créer une organisation qui forme en Serbie et aux USA des mercenaires pro-occidentaux spécialisés dans l’art de la subversion, sous prétexte de « révolution pacifique » (sic). Ils ont formé l’un des groupes principaux de jeunes au centre de la révolution en Egypte, et précisent avoir « influencé la rébellion libyenne ». "Il est probable que certains groupes de jeunesse libyens ont eu l’idée sur la façon de renverser le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi des militants égyptiens que nous avons formés », a déclaré l’ancien chef d’Otpor Popovic. OTPOR a aussi organisé des groupes en Tunisie, au Yemen, à Bahrein,k au Maroc. Et en Algérie. (3)
 
Après mes analyses – « Le Monde arabe est en feu » (sur PCN-TV) – exposant la nature véritable du soi-disant « printemps arabe » dès début février 2011 (4), le livre ARABESQUE AMERICAINE de Ahmed Bensaada expose lui aussi « Le rôle des Etats-Unis dans les révoltes de la rue arabe » (5).
 
LA REPRISE DE LA MENACE TERRORISTE SUR L’ALGERIE
 
L’alliance de l’OTAN avec les islamistes syriens et libyens, ainsi que le soutien des USA et de l’UE aux Salafistes égyptiens, tunisiens et marocains, ont relancé l’activité terroriste islamiste en Algérie.
 
Plusieurs incidents sont passés inaperçu dans les médias occidentaux. Début juin, Six islamistes ont été tués par les forces de sécurité en Kabylie, dont trois dans la principale ville de cette région est de l’Algérie, Tizi Ouzou, a rapporté la presse algérienne, citant des responsables de la sécurité et des témoins.
Dans la nouvelle ville de Tizi Ouzou, à 110 km à l’est d’Alger, deux hommes armés ont été tués, l’un d’eux sur le coup, et un troisième abattu alors qu’il sortait d’une pharmacie muni de médicaments, selon le quotidien El-Watan.
Plusieurs armes ont été récupérées par les forces de sécurité à l’issue de l’opération, a notamment précisé le journal. Un témoin a déclaré qu'«un terroriste était sorti de la voiture avec une ordonnance, est rentré dans la pharmacie pour acheter des médicaments. A sa sortie il a été criblé de balles». «Puis on a entendu des échanges de coups de feu». Un autre de ses camarades a été tué, l’autre grièvement blessé, selon ce témoin. Il est décédé par la suite, selon des sources sécuritaires.
 
Par ailleurs, à 60 km à l’est de Tizi Ouzou, trois autres islamistes armés ont été abattus dans l’après-midi lors d’un ratissage lancé mardi matin par les forces de sécurité notamment à l’aide d’un hélicoptère dans le maquis de Yakouren, a indiqué le quotidien Le Temps.
El-Watan précise qu’un important groupe de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, devenu Al-Qaeda au Maghreb islamique – AQMI) avait été signalé dans la région. La Kabylie reste la cible de violences des islamistes d’Aqmi et d’enlèvements crapuleux pour les financer.
 
Le patron de la police algérienne, le général Abdelghani Hamel, avait déclaré au journal El-Khabar ce même début juin que «la menace terroriste» restait présente dans toutes les régions du pays, «obligeant les forces de l’ordre à multiplier les mesures préventives».
Après la fin de la décennie noire de guerre civile entre forces de sécurité et islamistes au milieu des années 2000, le président Abdelaziz Bouteflika a instauré une réconciliation nationale, accordant l’amnistie en échange d’une reddition. « Les violences se sont ensuite considérablement calmées mais la situation dans l’est et dans le sud algérien depuis le conflit libyen reste préoccupante » conclut le général Abdelghani Hamel.
 
LA REPRISE DU TERRORISME FAIT SUITE A LA DEROUTE ELECTORALE DES ISLAMISTES
 
« Ca devait être l’élection du renouveau, celle de la revitalisation de la vie politique algérienne ». Après les émeutes de janvier 2011 (cinq morts et plus de 800 blessés), Abdelaziz Bouteflika avait autorisé la création de 23 nouveaux partis, censés renouveler l’offre politique.
Et c’est finalement quarante-quatre partis qui participaient aux législatives de Mai 2012 pour élire 462 députés.
 
Le Front de libération nationale (FLN), vainqueur des législatives du 10 mai en Algérie ironisait le 17 mai dernier sur les islamistes qui avaient prédit leur triomphe comme dans les pays voisins. Le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, s'en prenais aux sept partis islamistes en lice pour "avoir mis en doute la victoire du FLN aux élections", dans un discours prononcé devant ses 221 députés élus à la nouvelle Assemblée nationale qui en comptera 462.
"Il aurait été plus judicieux pour les chefs de ces partis et ceux qui les ont soutenus financièrement et médiatiquement de bien réfléchir avant de prédire leur victoire écrasante et leur prise de pouvoir et déjà constituer un gouvernement", a déclaré M. Belkhadem lors d'une rencontre dans un hôtel de la banlieue chic de Zeralda, à 30 km à l'ouest d'Alger. "C'était une erreur politique grave de baser ses espoirs sur ce qui s'est passé dans les pays voisins", a estimé le secrétaire général du FLN, à la tête du parti depuis 2005, et pour lequel "le printemps arabe n'a de printemps que le nom".
 
Les islamistes, notamment ceux de L'ALLIANCE DE "L'ALGERIE VERTE", avaient prédit leur victoire aux élections de Mai 2012 et annoncé qu'ils « préparaient leur gouvernement » avant même les résultats du scrutin. Par la suite ils ont contesté les résultats et le radical islamiste Abdallah Djaballah, président-fondateur d'une autre formation, le PARTI DE LA JUSTICE ET DE LA DEMOCRATIE (sic), n'a pas hésité à accuser le pouvoir d'avoir "truqué" les élections en faveur des partis "de l'administration". Il faisait ainsi référence au FLN et à son allié du RASSEMBLEMENT NATIONAL DEMOCRATIQUE du premier ministre Ahmed Ouyahia, arrivés deuxièmes sur la liste des vainqueurs avec seulement 70 sièges. On notera que le Rapport de la Commission européenne sur le déroulement des dernières législatives du 10 mai, tout juste publié, ne relève aucune fraude.
 
Ensemble les islamistes n'ont obtenu que 58 sièges, selon les résultats définitifs annoncés par le Conseil constitutionnel, des résultats qu'ils ont annoncé vouloir contester devant la loi. M. Belkhadem a démenti tout trucage et demandé aux perdants de "reconnaître leur défaite et prendre leur responsabilité" en démissionnant.
 
Le FLN a proposé "la création d'alliances politiques" au sein du Parlement, "sur la base de la convergence de vues et des projets de société que défendent les partis", a expliqué son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem. Grâce à cette victoire, le FLN a démenti "ceux qui avaient misé sur sa disparition", a souligné le chef du parti.
 
Visiblement le discours du FLN a convaincu les Algériens, évoquant le fait que « le pays était menacé par une invasion de l'OTAN ». « Ce qui n’a pas manqué de faire de l’effet, commente un journaliste algérien, d’autant que bon nombre de citoyens sont encore sous le choc d'une décennie de guerre entre l'armée et les islamistes ». Les électeurs ont vu dans le FLN  le « seul garant de la stabilité du pays ».
 
L’IRRUPTION DES FEMMES AU PARLEMENT
 
Symbôle du rejet des islamistes, l’irruption des femmes au Parlement. « Les élections du 10 mai ont produit une autre spécificité algérienne, beaucoup plus positive : l'irruption massive des femmes au Parlement, à la suite de l'introduction de quotas dans les listes électorales, commente Le Monde (Paris, 10 mai 2012). Elles seront 145, soit près d'un tiers des députés, dans la nouvelle Assemblée algérienne. Plus d'un pays européen, à commencer par la France ou la Belgique, rêverait d'un pareil chiffre. » Et sans le correctif des lois paritaires sur la composition des listes …
Le camps des laïques a un solide bastion avec le PARTI DU PEUPLE de Louise Hanoune. Qui a constitué une solide fraction à l’extrême-gauche du nouveau parlement.
 
L'ALGERIE A CONTRE-COURANT DU SOI-DISANT « PRINTEMPS ARABE »
 
« C'est comme si rien ne s'était passé. Premier test électoral en Algérie depuis la vague du printemps arabe, les élections législatives du 10 mai ont produit un résultat quasi identique aux élections de 2007, selon les résultats publiés », commentait Le Monde (Paris, 10 mai 2012). « Le Front de libération nationale (FLN), qui domine la scène politique depuis l'indépendance, et qui est aussi le parti du président Abdelaziz Bouteflika, garde le contrôle de l'Assemblée nationale. L'Algérie serait donc, si l'on en croit les chiffres officiels, hermétiquement imperméable au vent de changement qui souffle sur le monde arabo-musulman. »
 
Comme l’explique Le Monde, « Alors que les élections organisées depuis un an au Maroc, en Tunisie et en Egypte ont produit des Assemblées dominées par les islamistes, en Algérie, au contraire, les partis islamistes ont été laminés. Le FLN et son allié, le Rassemblement national démocratique (RND), parti du premier ministre, remportent à eux deux la majorité absolue, avec 288 sièges sur 462, dont 220 pour le FLN. L'Alliance verte, coalition électorale de trois partis islamistes, n'arrive qu'en troisième position, avec seulement 48 députés ».
 
Le Monde analyse correctement l’attitude des Algériens échaudés par le chaos libyen, notamment. « Avec constance, le pouvoir algérien avance, pour sa part, une explication simple à la stabilité de l'électorat : le profond traumatisme de la guerre civile des années 1990, après la victoire du Front islamique du salut (FIS) au scrutin de 1991, interrompu par les militaires, puis, plus récemment, la confusion en Egypte, en Libye et dans le Sahel ont rendu les Algériens prudents. La rente du pétrole, grâce à laquelle le régime a pu distribuer à la population une série d'augmentations bienvenues lorsque le printemps arabe a menacé de se propager à l'Algérie en 2011, est un autre facteur de stabilisation. »
 
LA VRAIE NATURE DU SOI-DISANT « PRINTEMPS ARABE »
 
Mais le Monde, comme les autres médias occidentaux, ne dit pas tout. C’est que le soi-disant printemps arabe n’est pas «une « révolution spontanée », mais une opération organisée politiquement et militairement par les USA et l’OTAN de longue date. Un projet de remodelage de la région, celui du « Grand Moyen-Orient », théorisé par les idéologues neocons autour de Bush au début de la décennie et réactivé à partir de 2009 par Obama et son conseiller spécial Brezinski, le stratège du « Grand échiquier » et de la domination de la grande Eurasie.
 
Une tentative d’assaut sur l’Algérie, de type lybien, a même été tenté en septembre 2011 et a avorté. Le soutien d’un Bernard Henry-Levy, BHL toujours lui, aux islamistes algériens n’a pas peu contribué à les discréditer auprès d’une opinion publique patriote.
 
L’infanterie coloniale des USA – les nouveaux Harkis du NATO – ce sont, ici et encore, ici comme partout, les islamistes.
Un leader islamiste, Abdallah Djaballah, du Front pour la justice et le développement (FJD), est allé jusqu'à menacer le pouvoir algérien de révolution “à la tunisienne”. Les autorités « ont fermé la porte du changement à travers les urnes ; il ne reste à ceux qui croient au changement que le choix tunisien », a-t-il lancé à un journaliste de l’agence AFP, criant « à la fraude » – le procédé est habituel – et dénonçant un scrutin qu’il n’hésite pas à qualifier de « mascarade ».
 
L’ALGERIE PLUS QUE JAMAIS MENACEE :
LES USA DERRIERE LES FRERES MUSULMANS ALGERIENS !
 
Washington n’a bien entendu pas renoncé à imposer son soi-disant « printemps arabe » en Algérie. Et comme partout ailleurs, le fer de lance de sa politique impérialiste ce sont ses vieux protégés – depuis 1947 … avant les « Frères » étaient aidés par les Nazis du IIIe Reich – les Frères Musulmans !
 
Bouguerra Soltani, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), branche algérienne des Frères musulmans, a « mis en garde », ce 9 août, le pouvoir Algérien « contre une imminente révolution si ce dernier ne procède pas au changement pour permettre une alternance au pouvoir ». Un chantage à peine voilé.
Soltani, qui était en visite à la wilaya d’Annaba, a déclaré que « le changement doit se faire rapidement pour épargner au peuple un grand danger qui menace son existence et ses croyances » (sic). Le patron du MSP a indiqué qu’il n’est toujours pas trop tard pour remettre le pouvoir aux représentants du peuple. « Le pouvoir ne semble pas avoir tiré les leçons de ce qui s’est passé chez nos voisins » a-t-il affirmé. Il a, par ailleurs, réaffirmé que « l’Algérie a reporté son printemps arabe et elle ne l’a pas annulé ». Avant d’ajouter que « le peuple Algérien est un peuple patient, mais si ses aspirations ne sont pas pris en compte, alors il se soulèvera et réglera les comptes de ceux qu’ils l’ont trahi » (resic). Soltani a, dans ce contexte, souligné que ses propos sont « un diagnostic et non pas une justification ».
Il est à rappeler, que le Mouvement de la société pour la paix avait demandé en juillet dernier la dissolution de la nouvelle APN « pour sortir de l’impasse devant laquelle se trouve le pays » (sic).
 
Les Frères, et derrière eux leurs maîtres occidentaux, sont tentés par une fuite en avant. Ils sont en effet en crise après leur déroute électorale. Comme le commentait Réflexion DZ : « Une demande à peine voilée pour faire épargner à la formation islamiste l’implosion. »
 
L’OMBRE DU FIS
 
Mais il n’y a pas que les Frères. L’ombre menaçante et maléfique du FIS, lui aussi en son temps protégé des USA (et de Téhéran), pèse toujours sur l’Algérie.
« FIS. Demain, la revanche ? » interrogeait le magazine marocain TEL QUEL. Le Front islamique du salut (FIS), principale formation islamiste dissoute en 1992, s'est ainsi félicité de « la leçon inoubliable de citoyenneté et de maturité politique que le peuple algérien a donné aux autorités en boycottant pacifiquement et massivement les élections », dans un communiqué cosigné par les deux leaders historiques et fondateurs du parti, Abbassi Madani et Ali Belhadj.
 
« Grand gagnant du premier tour des élections législatives de 1991 (188 sièges sur 231), le FIS s'était vu “voler la vedette” suite au coup de force de l'armée qui avait interrompu le processus électoral ». Conséquence : dix ans de guerre civile entre l'armée et les groupes islamistes armés, soutenus par Washington – qui lorgnait sur le pétrole et le gaz algérien – et Téhéran – qui cherchait à exporter son islamisme militant -, qui ont fait plus de 100 000 morts.
 
Mais à travers ce communiqué, publié sur Internet juste après l'annonce officielle des résultats et largement répercuté par les médias marocains (l’ennemi historique d’Alger), se dessine « comme un rêve de revanche du FIS » : les deux leaders appellent les « citoyens libres (sic) à continuer, d'une manière pacifique et civilisée (resic), la lutte pour sauver l'Algérie des aventuriers et autres spéculateurs qui se sont éternisés au pouvoir ». TEL QUEL conclut « que malgré le traumatisme de la “décennie noire”, les Algériens ne sont pas indifférents à l’opération séduction du FIS ».
 
 « BIENTOT UNE "ARMEE ALGERIENNE LIBRE"? »
 
Mais la menace islamiste n’est pas seulement interne.
Le 19 août dernier, ALGER REPUBLICAIN titrait « Algérie/CIA : bientôt une "Armée algérienne libre"? ».
« Dans un contexte régional enflammé, les Algériens sont suffisamment avertis pour prendre au sérieux ces menaces proférées par des « illuminés » que la CIA manipule comme des pantins ».
 
Les filières libyennes et syriennes jouent évidemment un rôle important dans la menace qui pèse sur Alger. Et les frontières communes de la Tunisie, du Maroc et de la Libye, où Washington a installé des régimes fantoches, augmentent encore la menace. « Alors que les opérations de raids se poursuivent contre les groupes armés à Damas, Alep ainsi que dans d’autres villes syriennes, les filières terroristes, notamment celles affiliées à Al Qaîda au Maghreb islamique, continuent d’attiser le feu en apportant un soutien de plus en plus évident à ce qu’on appelle ASL (Armée syrienne libre) par l’envoi de nouvelles recrues. Ces dernières sont directement dirigées, comme nous l’avons rapporté dans l’une de nos précédentes éditions, vers le Sud tunisien à Jendouba plus précisément où elles reçoivent un entraînement sur le maniement des armes (…) Les recrues sont ensuite acheminées vers la Syrie via le Liban ou la Turquie. Parmi elles, beaucoup de Libyens, mais aussi des Tunisiens, des Mauritaniens, des Algériens et des Marocains. »
 
ALGER REPUBLICAIN évoque même des projets encore plus inquiétants. « La nébuleuse compte même y installer une base avancée sur le triangle des frontières algéro-tuniso-libyennes pour élargir son champ d’action ».
 
On notera que le Maroc, à qui les USA ont imposé la participation des islamistes à la monarchie autocratique, se méfie pourtant des djihadistes (et sans doute de leur retour au pays ensuite comme force politico-militaire organisée) : «  D’ailleurs, les autorités marocaines viennent de prendre des mesures très strictes dans le but, annonce-t-on, de préserver la sécurité du territoire en commençant par interdire à toute personne partie pour combattre le gouvernement syrien, le retour au royaume ». « En prenant de telles mesures, Rabat, qui soutient pourtant ouvertement l’opposition armée syrienne, vient de reconnaître implicitement que ce qui se passe en Syrie n’est nullement une lutte pour la démocratie et la liberté, mais une guerre aux multiples motivations menée par des terroristes et des mercenaires activant pour le compte de certains rois et émirs du Golfe », commente fort justement ALGER REPUBLICAIN.
 
LES USA ET L’OTAN ORGANISENT UNE NOUVELLE VAGUE DJIHADISTE
 
Rejoignant nos analyses depuis les premiers jours du pseudo « printemps arabes », le journal algérien dénonce l’organisation par les USA et l’OTAN d’une nouvelle vague djihadiste : « L’engagement de nombreux Maghrébins aux côtés des groupes armés syriens n’est pas sans nous rappeler, toutes proportions gardées, ces vagues interminables de volontaires arabes acheminés vers l’Afghanistan pour combattre alors, l’armée soviétique avec le soutien militaire américain et l’aide logistique saoudienne. On assiste aujourd’hui au même phénomène à des détails près ».
 
Une des caractéristiques de l’Algérie ce sont des médias patriotiques, bien au fait de la véritable nature du « printemps arabe » et de ses enjeux géopolitiques en Eurasie. ALGER REPUBLICAIN a ainsi une vue lucide des événements : « Des analystes bien imprégnés des réalités opérationnelles n’hésitent pas à affirmer que c’est une guerre contre la Russie, puisque menée contre un de ses précieux alliés de la région ? D’après des informations de la presse étrangère, confirmées par une source très bien informée, ce sont plus de 1000 terroristes étrangers sur les 5000 prétendus qui ont été arrêtés ou définitivement neutralisés en Syrie depuis le début du mois de Ramadhan, notamment des Libyens. Ces derniers sont montrés dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux promettant de faire chuter le régime en place en Syrie et de s’occuper ensuite de l’Algérie. »
« Dans un contexte régional enflammé, les Algériens sont suffisamment avertis pour prendre au sérieux ces menaces proférées par des « illuminés » que la CIA manipule comme des pantins, écrit encore le journal d’Alger. Dès le début de la rébellion contre le colonel El Gueddafi, ils avaient parfaitement saisi la portée d’une insurrection contrôlée par d’anciens Afghans libyens. »
 
EMPECHER UN NOUVEAU COUP D’ETAT OCCIDENTAL A ALGER
 
Le pouvoir algérien est parfaitement conscient des menaces qui pèsent sur le pays. Et tente d’anticiper et d’empêcher un coup de force occidental. L’échec de celui de septembre 2011 ayant servi de leçon pratique sur les méthodes de l’Occident et de ses mercenaires. Il s’agit pour les patriotes algériens, qui sont aussi des étatistes, de concrétiser les résultats des élections remportées sur les islamistes en mai.
 
Le Premier ministre algérien et patron du Rassemblement national démocratique (RND, au pouvoir), Ahmed Ouyahia, avait déjà qualifié en mai dernier le Printemps arabe de "déluge" qui a "colonisé" l'Irak, "détruit" la Libye, "divisé" le Soudan et aujourd'hui "affaiblit" l'Egypte.
A. Ouyahia avait par ailleurs souligné, lors d'un rassemblement électoral à Alger, que "l'unique but" des législatives algériennes du 10 mai était "de préserver la stabilité de l'Algérie". Devant plusieurs milliers de personnes, il avait durement critiqué ceux qui appellent à "un Printemps arabe en Algérie", comme ce fut le cas en Tunisie, en Egypte et en Libye. "Ce n'est pas un Printemps arabe mais un déluge sur les Arabes et cela se confirme chaque jour", avait encore lancé le chef du RND, qui évoquait "la colonisation de l'Irak, la destruction de la Libye, la division du Soudan et l'affaiblissement de l'Egypte".
 
Il avait aussi critiqué ses voisins arabes. "Nous disons aux frères arabes, lorsque nous nous faisions égorger, vous n'êtes même pas venus pour présenter vos condoléances, alors ne nous donnez pas de leçons aujourd'hui". A. Ouyahia faisait allusion à la décennie de violences qui avait secoué le pays et fait près de 200.000 morts, selon des sources officielles, après l'annulation du processus électoral début 1992. Déjà les USA poussaient en avant les islamistes, ceux du FIS. Le but était aussi alors, il l’est toujours, de mettre la main sur les ressources pétrolières et gazières algériennes.
 
Précisément, le Premier ministre sortant appelait à voter massivement pour contrer les appels au boycottage et "préserver la République". Le chef de file du RND pointait alors du doigt Abassi Madani, président du Front islamique du salut (FIS, dissous) qui vit à Doha au Qatar – l’épicentre des complots occidentaux contre le monde arabe – : "il se la coule douce au Qatar et demande aux autres de boycotter les élections". "Le 10 mai, soit vous répondrez à l'étranger (aux pays occidentaux en participant au vote, ndlr) soit l'étranger brandira la carte de la démocratie pour détruire la République", a-t-il ajouté.
 
A. Ouyahia est connu pour déclarer systématiquement son intention d'"éradiquer le terrorisme" depuis qu'il est apparu sur la scène politique dans les années 90. « Il ne rate pas une occasion d'accuser les islamistes des violences qui ont secoué le pays durant cette décennie noire », commente la presse algérienne.
 
Le gouvernement de A. Ouyahia a préparé les différents textes de réformes promises par le président Abdelaziz Bouteflika avant les élections « pour parer à un Printemps arabe ».
 
Enfin des mesures sécuritaires concrètes ont été prise contre les réseaux djihadistes. « Des sources très au fait de la situation » ont ainsi confié à ALGER REPUBLICAIN (19 août 2012) « qu’il serait anormal que l’Algérie ne prenne pas des mesures draconiennes pour éloigner de ses frontières ces centaines d’hallucinés que la manipulation a jeté dans l’enfer de la guerre. Les forces de sécurité n’ont pas tardé d’ailleurs à entrer en possession des premiers indices conduisant aux réseaux de recrutement et sur la base desquels ils ont lancé des investigations dans plusieurs villes du pays. Pour l’heure, il est encore trop tôt pour donner un quelconque bilan, mais une chose est sûre, la bataille contre les anciens réseaux dormants du terrorisme est lancée depuis des semaines. »
 
LM
 
La suite de cette analyse prochainement :
OU VA L’ALGERIE ? / II & III : WASHINGTON, ALGER ET LE NATIONALISME ARABE
Vu d’Alger …
Parties II & III : De la Géopolitique à l’idéologie
Luc MICHEL pour Solidarité Algérie /
_________________________
 
NOTES :
 
(1) Lire Luc MICHEL, « L'AGRESSION AMERICANO-SIONISTE EST UNE GUERRE IDEOLOGIQUE CONTRE LE NATIONALISME ARABE : APRES BAGDAD, DAMAS ET TRIPOLI SONT EN LIGNE DE MIRE ! », éditorial du 7 octobre 2003, LE QUOTIDIEN DU PCN – N° 765, sur :
 
(2) Dans mon analyse, je concède une variante aléatoire. C’est celle du Régime sioniste du Likud. Si l’Iran n’est pas la cible de Washington, une partie du Likud israélien au pouvoir – mais pas les généraux de Tsahal effrayée par une telle guerre – voit en Téhéran l’ennemi principal. Pour la première fois depuis 1967, les agenda américain et sioniste ne coïncident pas.
 
Sur mon analyse de la position iranienne, voir :
Luc MICHEL / FOCUS / GEOPOLITIQUE & GRAND MOYEN-ORIENT (1) : LES ARABES DE WASHINGTON – OCI ET LIGUE ARABE – ET L’ISOLEMENT DE L’IRAN
 
(3) Documents photos sur le Réseau OTPOR-CANVAS :
 
(4) PCN-TV, "LE MONDE ARABE EST EN FEU" : Entretien en Français de Luc MICHEL pour PCN-TV, sur les soit-disant « révolutions arabes » (Tripoli, 7 février 2011).
 
VIDEO sur le Website de PCN-TV : http://vimeo.com/26435385
 
 
(5) ARABESQUE AMERICAINE. Le rôle des Etats-Unis dans les révoltes de la rue arabe, publié par Ahmed Bensaada chez (Michel Brûlé, Montréal, Québec).
Ce livre reprend – sans aller jusqu’à les mentionner, mais n’ergotons pas ! – mes analyses sur les « coups d’état US du « printemps arabe » (sic).
A lire, à faire lire pour « déniaiser » les idiots qui croient encore à « la révolte des peuples », dans les medias de l’OTAN comme dans une certaine extrême-gauche. Ou pour mettre à nu les mediamensonges et les effroyables imposteurs de la presse pro-iranienne sur « le caractère révolutionnaire » de ces pseudo révoltes et « leur récupération par les USA ».
 
Il s’agit purement et simplement comme nous n’avons cessé de le dire dès le premier jour de coups d’état, soigneusement orchestrés et préparés par les services spéciaux de l’OTAN. Avec l’aide des mercenaires de l’Occident, les professionnels de la déstabilisation made in NATO, « OTPOR et cie » …
 
Voir : PCN-SPO/ FOCUS/ ARABESQUE AMERICAINE. Le rôle des Etats-Unis dans les révoltes de la rue arabe,
 
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En savoir plus :
 
# Sur le coup d ‘état rampant de septembre 2011 :
 
Luc MICHEL / ASSAUT ORGANISE CE 17 SEPTEMBRE 2011 CONTRE L’ALGERIE : COMME EN LIBYE ET EN SYRIE LE MEME COMPLOT AMERICANO-SIONISTE !
 
# Sur le contentieux entre l’Algérie et les islamistes radicaux, vu au prisme du chaos libyen :
 
Luc MICHEL / LIBYE-ALGERIE : ALGER VERSUS LE SOI-DISANT « CNT ». OU COMMENT LES FANTOCHES DE BENGHAZI PREPARENT LA PROCHAINE AGRESSION DES USA ET DE L’OTAN …
 
# Sur les menaces qui pèsent sur l’Algérie :
 
Dr Ley-Ngardigal Djimadoum, ALAC / « L’ALGERIE EST DANS LA LIGNE DE MIRE DES PREDATEURS OCCIDENTAUX »
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# VU D’ALGER !
 Suivez avec Luc MICHEL
 toute l’actualité de l’agression des USA et de l’OTAN contre la Libye, l’Algérie et la Syrie, du point de vue algérien, la nouvelle cible de l’impérialisme occidental,
sur la Page SOLIDARITE ALGERIE …
 
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