#EODE-THINK TANK/ INTERVIEW DE LUC MICHEL PAR LE SITE ARABE ‘SITA INSTITUTE’ (III) : DJIHADISMES – TERRORISME – IMMIGRATION. QUAND L’AGENDA PROCHE-ORIENTAL S’IMPOSE EN EUROPE …

EODE-TT - LM interview SITA III balkans (2018 02 27) FR

Partie III
de La grande interview du Géopoliticien Luc MICHEL
par Jan Vanzeebroeck et Samar Radwan (Beyrouth) …
SUR LE SITE ARABE ‘SITA INSTITUTE’ :
DJIHADISMES – TERRORISME – IMMIGRATION. QUAND L’AGENDA PROCHE-ORIENTAL S’IMPOSE EN EUROPE …
(version française)

LES CELLULES DORMANTES DES BALKANS

Le Géopoliticien Luc MICHEL répond aux questions du Site arabe SITA INSTITUTE (Liban) (*) :

* SITA/ Question :
QUELLES SONT LES POLITIQUES EUROPÉENNES DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME, EN PARTICULIER APRÈS LES INFORMATIONS PARLANT DES « CELLULES DES BALKANS » SE PRÉPARANT À PARTICIPER AU TERRORISME AU CŒUR DE L’EUROPE?

Luc MICHEL :
La question du combat des pays européens contre le terrorisme, qui sont aussi des pays de l’OTAN, je l’ai évoquée déjà dans ma première question. Il y a ce volet Ouest-européen du grand théâtre qu’est la guerre américaine « au terrorisme » et pas contre le terrorisme. J’ai expliqué dans une émission retentissante sur la grande chaîne de télévision panafricaine Afrique Médias, qu’il y avait trois présidents qui luttaient véritablement contre le terrorisme. Le président Poutine en Russie, qui mène ce combat depuis la fins des Années 1990 dans le Caucasse, au Daghestan ou en Tchétchénie et maintenant en Syrie. Il y a le président Bachar Al-Assad qui a été le rempart contre le djihadisme takfiriste (sans Bachar Al-Assad, il faut le savoir, ce djihadisme aurait déferlé à la fois sur l’Europe, dans les Balkans, et en Afrique, surtout l’Afrique saharienne et sub-Sahérienne, mais aussi en Afrique de l’Ouest, où Boko Haram, le grand mouvement terroriste, a fait allégeance à Daech et s’appelle aujourd’hui l’Etat Islamique en Afrique de l’ouest). Le troisième président, c’est le président du Tchad Idriss Déby Itno, dont l’armée a prit la tête de la guerre contre le terrorisme en Afrique centrale, en liaison avec l’Armée camerounaise, sur les frontière du Niger et du Nigeria, et qui a empêché précisément que ce djihadisme précisément ne submerge toute la région du Golfe de Guinée.

A coté de cela, il y a le théâtre américain, qui est fait de prétextes, de moyens d’ingérence, de liaisons dangereuses, avec ce que j’ai appelé le « scénario du diable » avec les jihadistes. On l’a encore vue avec la tentative avortée de d’établissement d’une grande base aérienne dans la Ghouta orientale près de Damas, qui est la dernière zone sous le contrôle djihadiste terroriste, ceux du Jabbat al-Nosra précisément, jadis al-Qaida en Syrie.

Deuxième exemple actuel de ce scénario du diable, ce sont les turcs, évidemment, qui dans la bataille d’Afrin utilisent comme troupes au sol une série de groupuscules djihadistes, là aussi des groupuscules lié au Jabbat al-Nosra, ou à des mouvement djihadistes d’origine turcomane. La collaboration complète d’Ankara avec ces groupes c’est une réalité, elle existe depuis le début des opérations de cette guerre civil importée par les occidentaux en 2011.

Dernier exemple actuel, c’est Paris ! Paris qui reçoit à l’assemblée nationale et qui fait recevoir par un conseiller de Macron des gens de l’ONG dite des « casque blancs », qui sont en fait une structure parrainée une fois de plus par les services secrets britanniques, les vitrines légales de la CIA et les réseaux de George Sorös. La création des casque blancs est le fait d’un ancien mercenaire britannique lié au MI6 et installé à Dubai. Mais ce n’est pas tout, les enquêtes, qui ont été menées par les presses russe et iranienne sur le terrain, ont démontré que ces « casques blancs » étaient en fait une couverture médiatique, un cache-sexe politico-médiatique du Jabbat al-Nosra. Ils sont dans les mêmes zones, ils participent aux mêmes opérations de propagande. L’appareil de propagande occidental, qui dénonçe les « fakenews », alors qu’elle est une machine à les produire, a fait de ces « casques blancs » des espèces de héros hollywoodiens, leur a consacré des films, a fait donné à ces films des oscars. Ce sont purement et simplement des auxilliaires du Jabbat al-Nosra ! Et d’ailleurs leurs personnels démontre que ceux-ci sont des « casques blancs » le jour et des djihadiste la nuit, il y a des milliers de photos et de vidéos sur les réseaux sociaux pour le démontrer.

* SITA/ Question :
ET CES INQUIETANTES “CELLULES ISLAMISTES DES BALKANS” DANS TOUT CELA ? POURQUOI PRECISEMENT CETTE ORIGINE BALKANIQUE ?

Luc MICHEL :
J’en viens donc à votre question des cellules dormantes dans les Balkan. C’est un problème général et grave. Il faut savoir que les Balkans ont vu la naissance précisément de ce djihadisme européen, lors précisément des « guerres de Yougoslavie », celles de Bosnie et puis du kosovo. Lorsque les américains avec l’Otan, mais aussi avec la complicité de la France de Mitterrand, du Vatican et de l’Allemagne, lancèrent les guerres de Yougoslavie (ou des Balkans) pour faire éclater ce qui restait de la deuxième Yougoslavie de Tito, puis de la troisième Yougoslavie résiduelle de Milosevic. Et bien ils vont utiliser en Bosnie, puis au au Kosovo, ce qui leur avait si bien réussi en Afghanistan : l’utilisation du terrorisme djihadisme. La guerre de Bosnie va être le « deuxième Afghanistan ».

Quelle est le but de guerre des américains dans tout celà ? La liquidation de la Yougoslavie, c’est la continuation de la liquidation de l’Union Soviétique, obtenue par la victoire américaine à la fin de la guerre froide. Opération qui continue encore aujourd’hui, puisque le but c’est le démembrement de la Fédération de Russie. Et les américains sont directement derrière ces terroristes takfiristes wahhabites, qui ensanglantent la Tchétchénie, le Daghestan et le Caucase russe. Et auxquels Poutine s’est opposé dès la fin des années 90. Dans les Balkans des Années 1991-2000, l s’agissait de liquider la Yougoslavie, de liquider un ensemble géopolitique qui était considéré par les américains comme Orthodoxe et lié à l’Orthodoxie russe. Et on a vu d’ailleurs l’ennemi principal communiste devenir l’ennemi principal orthodoxe. C’était d’ailleurs l’avis de Zbignew Brzezinski, qui a dit au début des années 90 que « maintenant l’ennemi principal des USA, c’était l’Orthodoxie » ! La liquidation de la Yougoslavie faisait partie de ce plan qui est la liquidation de la Russie en tant qu’Etat continental, opposé à la domination mondiale de la thalassocratie américaine.

La guerre de Bosnie a été la continuation dans ce sens de celle d’Afghanistan. Que s’est-il passé en Bosnie ? On a vu les djihadistes arrivés précisément d’Afghanistan, notamment ceux de Ben Laden, on a vu les pakistanais et les saoudiens intervenir. Il faut savoir qu’il y a deux parrains au djihadisme takfiriste. Il y a celui que tout le monde connaît, le wahhabisme saoudien, mais il y a les puissants officiers wahhabites qui contrôlent l’armée pakistanaise et les service secrets pakistanais, l’ISI.

Tout celà est issu des années de la dictature fondamentaliste islamiste du maréchal Zia au Pakistan. Il y a par ailleurs actuellement un phénomène géopolitique intéressant : puisque deux ailes s’opposent au Pakistan. Une aile qui était auparavant favorable au Etats-Unis, pro-occidentale, faite de civils et d’une partie des officiers et qui se tourne aujourd’hui vers Pékin et Moscou, et qui suite à l’attitude hostile de Trump, mais se tourne vers l’Organisation de Coopération de Shanghai (ce grand bloc géopolitique alternatif opposé au Etats-Unis). Et il y a toujours une aile d’officiers fondamentalistes : les pakistanais ont joué un grand rôle dans l’expansion du jihadisme, puisque c’est eux par exemple qui ont amené en Afrique, via les officiers pakistanais et sous-officiers des Casques bleus amené en Afrique, les premières Mosquées fondamentalistes, les premières Madrasas radicales, qui ont établis les premières cellules politiques et surtout les réseaux de financements via de soi-disant fondations Islamiques.

A partir de ce moment-là, la guerre de Bosnie a vu se développer ce premier djihadisme européen et lorsque la Yougoslavie a perdu la guerre, lorsque au suite des accords de Dayton la Yougoslavie s’est repliée sur deux Etats résiduels, la Serbie et le Monténégro, et bien ces gens n’ont plus été utiles. Ca été la première rupture des djihadistes avec les américains et on les vus partir vers l’Afrique, vers la Somalie, vers le Soudan, etc. Mais l’affaire ne s’est pas arrêté-là ! Parce que les guerres de Yougoslavie ont continué : il fallait pour les américains faire éclater la dernière Yougoslavie la troisième … La première c’était le Royaume de Yougoslavie des années 20 et 30, auquel les nazis ont mit un terme en 1941 ; La seconde, donc à partir de 1943-45 est celle de Tito, communist. Et la troisième à partir de 1991-92 la Yougoslavie résiduelle de Milosevic. Au sein de cette Fédération yougoslave résiduelle, il y avait donc deux Etats la Serbie et le Monténégro, et des régions autonomes, le Sandjak (qui est une population islamisée datant de l’époque ottomane), la Voïvodine où il y a des populations hongroises, et le Kosovo où la majoritée était devenue aux fil des annnées et des erreurs de la politique de Tito, il faut le dire, à majorité albanaise.

Les américains à la même époque s’étaient emparé de l’Albanie sur les ruines du régime communiste d’ Enver Hoxha , ils avaient établis une collaboration avec des réseaux maffieux (qui sont toujours en place et qui contrôlent l’Etat albanais ou l’actuel Etat fantoche du Kosovo), avec un mouvement terroriste à composante islamiste qui était l’ UCK, et avec tout ces milieux fondamentalistes liés également à la politique de Ryad et d’Islamabad. Il y a donc eu utilisation de ce terrorisme de l’UCK, on a donc créé une situation insurrectionnelle au Kosovo et qui a été transformé en crise humanitaire par les bombardements de l’Otan et la propagande médiatique occidentale qui a fait peur aux populations.

L’Otan est intervenu, elle a bombardé Belgrade ! Cela a été tout bénéfice pour les américains, puisque l’Union Européenne s’est tiré une balle dans le pied, l’Europe étant basée jusque là sur le fondamental « plus de guerre entres européens ». Et bien on voyait là les Etats européens membres de l’OTAN, dont la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne ou la Belgique, aller bombarder pour la première fois depuis 1945 une capitale européenne, Belgrade.

Le Kosovo a été perdu, l’Otan s’en est emparé et n’a pas établi un Etat européen indépendant, mais un protectorat, il y en avait déjà eu en Bosnie. Protectorat de l’Otan qui a conduit en 2008 au mépris des lois internationales à la déclaration unilatérale d’ indépendance, qui viole la souveraineté de Belgrade ! Même tous les Etats de l’union Européenne n’ont pas reconnu le Kosovo, dont bien entendu l’Espagne et les pays qui ont des minorités indépandantistes sur leurs sol. Et biens entendu pas la Russie Aujourd’hui plus de 60 Etats des Nations-Unies ne reconnaissent pas le Kosovo. Le Kosovo c’est un espèce de Bantoustan comme les sud-africains en avaient fait durant les dernières années de l’apartheid, c’est une non-état failli économiquement, failli idéologiquement, faillt politiquement. Où notamment dans la ville de Mitrovica, une minoritée serbe continue à résister, discriminée par la vague islamiste. C’est un Etat qui n’a pas d’armée puisque c’est l’Otan qui l’assure . C’est cet « Etat » dont on fête soi-disant « les dix ans de l’indépendance ».

Le but de guerre des américains s’était d’ y’établir leurs principale base militaire, dans ce qu’on appel le « triangle militaire des Apennins et des Balkans » : donc c’est le « Camp Bondseel » (du nom d’un vétéran de l’armée américaine au Vietnam), la seconde base de l’US Army en Europe après Rammstein en Allemagne (qui est le coeur des forces armées américaines en Europe, mais aussi en Afrique puisque l’Africom y a son siège). Et ce Camp Bondseel permet de distribuer toute la logistique américaine vers les Balkans, vers la Méditéranée, vers l’Asie Centrale, vers le Moyen et le Proche Orient. On comprend mieux alors l’utilité géopolitique du Kosovo.

* SITA/ Question :
LA BOSNIE ET LE KOSOVO SONT DONC LE « VENTRE MOU » DE L’EUROPE AU REGARD DE LA MENACE TERRORISTE ISLAMISTE ?

Luc MICHEL :
Donc revenons à la questions des djihadistes des Balkans. Aujourd’hui la Bosnie et le Kosovo sont deux Etats de type maffieux, où l’emprise idéologique des wahhabites saoudiens et pakistanais est immense, où l’on voit des Mosquées du type saoudien et pas dutout du type classique balkanique, telles qu’elles existent depuis cinq siècles dans l’ex empire ottoman. Il y a dans ces Etats, qui connaissent un chômage massif, qui connaissent d’immenses inégalités sociales, un terrain pour le djihadisme.

Certains apprentis sorciers continuent à vouloir faire les malins avec les fondamentalistes. Il y a encore eu cette semaine une tribune libre dans « La Libre Belgique » (le grand quotidien de référence de Bruxelles) faite par un professeur belge bien naïf, qui disait « que le moyen d’empêcher précisément le djihadisme et le terrorisme de se développer dans les Balkans et en Bosnie, ça serait de les faire entrer dans l’Union Européenne ». C’est évidement et toujours le « scénario du diable », c’est toujours se croire plus malins que ces forces réactionnaires et surtout la puissance occidentale américaine, qui est tapie derrière elles.

Les « cellules dormantes des Balkans » ce sera, avec les femmes liées au terrorisme djihadiste, les grands défis dans l’UE de demain. Comme on le voit le « scénario du diable » continue à temps plein en Europe, il aura les mêmes conséquences qu’il a déjà eu, du sang et des larmes, qui seront payé cash par les européens.

On en a eu un exemple direct d’ailleurs, pour conclure, avec le cas de l’Angleterre, de ce fameux « Londonistan ». Puisque lors des derniers attentats de Birmingham, on a vu impliqués des militants djihadistes, qui avaient été aidés pris en mains par les services secrets MI5 et MI 6 . Birmingham précisément, qui était le deuxième point du « Londonistan ». Ces islamistes radicaux, qui avaient été pris en main pour combattre la Jamahiriya libyenne de kadhafi, avaient été extrêmement actifs dans le soi-disant « printemps arabe » en Libye. Et bien, ils ont fini par se retourner, par mordre la main sécuritaire qui les avait nourris. C’est ce qui se passe depuis plusieurs années dans toute l’Europe …

A SUIVRE …

(Interview par Jan VANZEEBROECK, Expert EODE et correspondant de SITA INSTITUTE, et Samar Radwan, Beyrouth)

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