# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ DEBAT/ SYRIE: LA RUSSIE A-T-ELLE CHANGE DE CAP?

LM.GEOPOL - Débat Moscou a t il laché Assad (2020 04 30) FR

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 04 30/

« Il ne faut pas oublier que toutes les zones de désescalades, créées en Syrie sont constituées pour une période temporaire et cela ne doit en aucun cas porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie ou arrêter la lutte contre les terroristes connus des Nations Unies »
- Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe 
des Affaires étrangères (août 2019).

La guerre de Syrie est aussi une guerre médiatique. Depuis des années, les officines israéliennes, comme ‘Debka’ (qui se présente comme le ‘Stratfor’ israélien mais n’est qu’une officine de désinformation de Tsahal), tentent d’accréditer, en vain, une soi-disant « rupture Russie-Iran ». Depuis 2018, des agents d ‘influence turcs en Russie (1), essayent de vendre l’idée fantasmagorique d’un « tournant géopolitique » d’Ankara vers Moscou (2). Aujourd’hui, c’est un média dit « proche du Kremlin », qui tente de vendre l’idée d’un « lâchage d’Assad par Mosdcou ».

DUEL MEDIATIQUE

C’est l’occasion d’un duel médiatique entre les désinformateurs et la presse libanaise pro-Assad, débat largement remporté par celle-ci. Un article au vitriol contre Assad dans ‘Gosnovosti’, laisse à croire que « la Russie aurait changé de cap » ?

Riposte des pro-Assad : la chaîne libanaise de la Résistance, ‘Al-Mayadeen’, proche du Hezbollah, demande à l’ambassadeur de Russie à Beyrouth si oui ou non « La Russie a fait un deal avec la Turquie et les USA », et ce, aux dépens de « l’intégrité territoriale syrienne ». « C’est qu’il y a autour de ce supposé deal une campagne médiatique intense dont l’objectif premier consisterait à donner de l’axe Russie-Résistance une image divisée », commente ‘Pars Today’ (agence d’Etat iranienne) et « ces médias sont loin d’en être à leur première tentative ». « Depuis 2011 et à chaque fois que les ennemis de la Syrie se sont trouvés dans l’impasse, comme c’est le cas après la trêve à Idlib, c’est pareil ». On prétend qu’Assad s’est fait larguer par la Russie, que l’Iran frappé par Israël, ne fait plus le poids (Ndla : le médiamensonge actuel de Bennet, le ministre de la Défense israélien) et que par conséquent, « le dictateur de Damas serait prêt à tomber ». Cette nouvelle campagne médiatique largement soutenue par la presse turque, est partie précisément il y a quelques jours de cet article paru dans les colonnes du journal russe Gosnovosti qui aurait mis en cause la présidence Assad.

MAIS UN JOURNAL REFLETE-T-IL UNE ORIENTATION STRATEGIQUE?

Lors de son interview accordée ce 28 avril à la chaîne d’information libanaise ‘Al-Mayadeen’, l’ambassadeur russe Alexander Zassipkine tient à mettre les points sur les i : « La souveraineté de la Syrie dépasserait toutes les considérations pour la Russie », a-t-il martelé avant de rejeter catégoriquement « l’existence d’un quelconque débat, un quelconque deal (avec les USA ou la Turquie) sur la répartition de zones d’influence en Syrie ».

Zassipkine a aussi fait allusion aux propos de l’ancien ambassadeur russe en poste à Damas qui aurait déclaré que « la Russie devrait reconsidérer le sort de la Syrie et ses dirigeants; la Russie n’intervient dans aucune affaire liée au sort de la direction syrienne. Il revient au peuple syrien d’en décider ». Les propos de l’ancien ambassadeur russe ont été falsifiés et tronqués. L’ex-ambassadeur russe n’a exprimé que son opinion personnelle et il ne s’agit pas de la position officielle de Moscou. « Aucun accord n’a été conclu avec n’importe quelle partie que ce soit concernant la Syrie. La Russie ne cherche qu’a unir les efforts contre les dangers qui menacent le monde ».

DONC PAS DE DEAL AVEC LA TURQUIE A IDLIB, 
AUCUN COMPROMIS AVEC LES USA A L’EST DE L’EUPHRATE ?

« Pour accuser les Russes d’avoir lâché la Syrie et Assad, il convient peut être de voir de plus près deux dossiers caractéristiques : Idlib et Deir ez-Zor : la trêve conclue avec Erdogan que Poutine a bien humilié au Kremlin début mars a fini par tourner contre la Turquie: sur fond des querelles inter terroristes à Idlib, viennent d’éclater des attaques contre l’armée turque de la part de ses propres mercenaires. C’est une dynamique d’auto destruction que ni l’OTAN ni les USA ne seraient capable d’inverser. Parallèlement la Russie a ouvert un autre front anti-Turquie cette fois en Libye, en armant et en soutenant Haftar contre Ankara, ce qui ne passe pas inaperçu au palais du Sultan », estime l’analyste des questions politiques Hadi Mohammadi.

LA SYRIE CENTRALE DANS LA RESTAURATION DE LA PUISSANCE DE L’ETAT RUSSE PAR POUTINE

« Avec les Américains non plus la Russie ne fait pas dans la dentelle. Elle sait parfaitement que la Syrie lui a offert la place qui a été la sienne avant l’effondrement de l’URSS et même plus puisque Moscou pèse désormais sur la scène du Moyen Orient. Ceci est une stratégie à long terme que Poutine a définie et il va le maintenir jusqu’au bout.

Front central pour Moscou, la Syrie est la concrétisation du rétablissement de la puissance russe, amorcé avec le retour de la Crimée à la Rodina (3). C’est de Syrie que les russes sont passés en Afrique, via le Soudan et la Libye, avant d’aller défier Paris à Bangui, au cœur de son « pré carré français » (4) …

Surtout que les Américains ne font plus de mystère de leur volonté d’en découdre avec les Russes fut-ce en s’en prenant aux bases militaires et à la présence des forces russes. Ces dernières semaines les assauts contre Hmeimim ou Qamichli se multiplient et à chaque fois la Russie y a réservé une riposte. Sur la rive est de l’Euphrate les efforts russes ont miné l’ancrage américain chez cette population et les USA en sont désormais à chercher des mercenaires auprès des tribus arabes », ajoute-t-il.

Quant au soi-disant « immobilisme russe face à Israël », « il n’est qu’une façade. Les liens entre les deux parties sont bien plus profonds qu’il n’apparaissent », souligne l’analyste. Avant d’ajouter : « Des coopérations Russie-Résistance et leurs impacts sont visibles partout : au sud syrien et au Golan occupé par exemple où les unités du Hezbollah sont largement déployées ou encore à Homs et à Deir ez-Zor où l’armée de l’air russe appuie toujours les opérations terrestres de l’armée syrienne et de ses alliés irakiens. Après une décennie de guerre, ce serait puérile qu’on pense que la Russie se tournerait le dos à l’Etat syrien car c’est le seul allié fiable de la Russie au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale ». C’est d’autant plus impensable quand on voit les Etats-Unis avoir nettement perdu du terrain dans cette région à la faveur de l’émergence du facteur dit de « Résistance ».

LE MINISTERE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGERES A ‎TOUJOURS REAFFIRME LE SOUTIEN DE MOSCOU A LA SOUVERAINETE DE LA SYRIE.

La stratégie de Moscou est une vision à long terme pour se repositionner sur le plan mondial et la Russie n’a aucune intention de changer de cap. En politique rien n’est définitif, c’est une partie d’échec où les Russes maîtrisent parfaitement ce jeu. Face à elle la Turquie, L’Otan, les Usa, leurs alliés supposés et les terroristes à leur solde. Moscou avance d’un pas sûr sur un terrain miné sans perdre de vue ses intérêts. Trahir la Syrie et l’axe de la Résistance – comme le laisse entendre les rumeursde ‘Govnovosti’ et des officines israéliennes, au moment où ce conglomérat a perdu cette confrontation – n’est pas l’apanage des Russes car ils savent qu’un retrait signerait leur fin. C’est en fin de compte l’alliance de l’Eurasie contre L’Otan.

La Russie mettait sans équivoque en garde la Turquie et les États-Unis contre le démembrement de ‎la Syrie le 17 août 2019. L’approche de la Russie sur le nord-est de la Syrie reste inchangée et elle soutient la souveraineté de la Syrie dans la région ainsi que le dialogue entre Damas et les Kurdes dans le nord et l’est du pays, avait alors déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. « Les tentatives d’isolement du nord-est de la Syrie suscitent de plus en plus d’inquiétude », avait alors déclaré Zakharova lors de sa conférence de presse hebdomadaire. « L’approche de la Russie sur cette question n’a pas changé. Comme auparavant, nous soutenons les efforts visant à instaurer une stabilité et une sécurité à long terme dans le nord-est du pays en restaurant la souveraineté de la Syrie et en établissant un dialogue fructueux entre Damas et les Kurdes en tant que membres du peuple syrien », avait-elle aussi déclaré. Zakharova avait précisé que « la situation la plus difficile se trouvait à Idlib », où les forces syriennes soutenues par la Russie avaient lancé en avril 2019 une offensive contre Hayat Tahrir al-Cham (HTC), un groupe terroriste lié à al-Qaïda qui avait pris le contrôle de la majeure partie de la province avec la complicité d’Ankara et des USA. « La Russie reste attachée au mémorandum de Sotchi du 17 septembre 2018 sur l’établissement d’une zone démilitarisée », avait encore déclaré M. Zakharova. « Cependant, cela ne devrait pas servir d’excuse pour protéger les terroristes qualifiés de tels par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous espérons que nos partenaires turcs respecteront également strictement l’engagement pris dans ce mémorandum ».

La Syrie avait déjà rejeté au préalable l’accord États-Unis–Turquie comme une « agression flagrante » contre l’intégrité territoriale du pays et une « violation flagrante » du droit international et de la Charte des Nations unies.

LA SOUVERAINETE ET L’INTEGRITE DES ETATS AU CŒUR DE LA DOCTRINE GEOPOLITIQUE RUSSE

Dans une longue analyse sur la Syrie, mais aussi la Centrafrique et la Libye, j’avais longuement analysé pour le magazine NHM (Douala) cet aspect central de la Doctrine géopolitique russe (5). La vision de Poutine et Lavrov est la reconstruction des Etats déstabilisés, sur la base de l’intégrité de leurs frontières et de leur souveraineté sur la totalité de leur territoires nationaux. En particulier, Moscou appelle au respect de la souveraineté nationale en Syrie, mais aussi en Irak et en Libye, et a régulièrement mis en garde Ankara contre le franchissement de cette ligne rouge. Directement contre les projets des États-Unis (issu du projet américano-israélien dit du « Grand Moyen Orient ») et de la Turquie qui semblent projeter de restaurer les frontières de l’empire d’Ottoman, celles d’avant le traité de Lausanne de 1923 qui a fait perdre à la Turquie de vastes territoires …

NOTES ET RENVOIS :

(1) Derrière les réseaux d’influence turcs en Russie, on retrouve la vision pervertie des « eurasistes russes de Droite » qui voient dans le « pantouranisme » turc une version turque de leur Eurasisme, vision non géopolitique mais culturelle et religieuse, étrangère à la Géopolitique.

Cfr. sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
LE SOI-DISANT ‘RAPPROCHEMENT RUSSO-TURC’(II) : COMMENT LES PROJETS GEOPOLITIQUES NEOEURASISTE RUSSE ET TURC (INTEGRATION DANS L’UE OU PANTOURANISME) SONT ANTAGONISTES !?
sur http://www.lucmichel.net/2017/11/08/luc-michels-geopolitical-daily-le-soi-disant-rapprochement-russo-turcii-comment-les-projets-geopolitiques-neoeurasiste-russe-et-turc-integration-dans-lue-ou/

Aux sources du Pantouranisme (ou « Panturquisme ») : l’échec des « Jeunes Turcs » d’Enver Pacha et la défaite de l’Empire ottoman en 1918 … Enver Pacha est Membre du Comité Union et Progrès (CUP), aussi appelé Mouvement Jeune-Turc. Ce mouvement, qui naît et se développe dans les écoles supérieures militaires de Constantinople, prône le retour à la constitution ottomane de 1876 abolie par le sultan Abdulhamid II et critique la politique servile de ce dernier à l’égard des occidentaux. En 1908 éclate la révolution jeune-turque à Salonique et Enver devient très rapidement un des leaders du mouvement qui parvient à renverser le sultan et installer la seconde ère constitutionnelle de l’Empire Ottoman. Très proche de l’Allemagne où il a étudié et où il retourne très régulièrement, il est l’un des artisans du rapprochement germano-ottoman et de la réforme de l’armée turque sur le modèle allemand. Devant la défaite des jeunes-turcs aux élections de 1912 au profit de l’Union Libérale et encouragé par le discrédit du nouveau gouvernement à la suite de la crise des Balkans, Enver décide de prendre le pouvoir par la force. Il prend violemment d’assaut la Sublime Porte, le siège du gouvernement turc, et installe un triumvirat dont il fait partie à la tête de l’Empire. Il est de fait le seul maître du pays, n’accorde que très peu d’intérêt au Parlement et exécute ses opposants politique. Auréolé de ses victoires en Tripolitaine (guerre Italie-Empire ottoman) et en Bulgarie (guerres balkaniques), juste avant la première guerre mondiale, lié politiquement à une Allemagne qu’il admire (c’est l’époque des grands projets géopolitiques de l’Allemagne de Guillaume II au Proche-Orient), Enver choisit naturellement l’alliance des puissances centrales lorsque le premier conflit mondiale éclate.
A la fin de la guerre, poursuivi pour le génocide arménien, Enver prend la fuite en l’Allemagne puis en Asie Centrale où il essaie de faire renaître son rêve de toujours : le Panturquisme (ou Pantouranisme). Il récupère un Courant politique visant à la réunion de tous les peuples finno-ougriens et turcophones, dont l’inventeur est Ziya Gögalp (1875-1924), un intellectuel turc à l’origine d’une doctrine, le « pantouranisme », qui prône le regroupement au sein d’une entité politique commune de tous les individus de race et langue turques qui vivent « du Bosphore au Baïkal ». En s’appuyant sur les turcophones d’Asie Centrale il tente d’établir un Turkestan indépendant en s’alliant avec l’URSS contre des rebelles locaux, puis en se retournant contre les soviétiques. Il meurt le 4 août 1922 dans une bataille contre l’Armée Rouge dans l’actuel Tadjikistan, après quelques succès militaires. En 1996 sa dépouille est rapportée à Istanbul, où elle repose depuis.
Aujourd’hui ses héritiers politique, les « loups gris » du MHP néofasciste sont les alliés parlementaires de l’AKP islamo-conservateur d’Erdogan …

(2) Cfr. sur EODE THINK TANK/ GEOPOLITIQUE/
Luc MICHEL, QUEL SOI-DISANT ‘RAPPROCHEMENT TURCO-RUSSE’ ? ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE !
sur http://www.lucmichel.net/2016/08/24/eode-think-tank-geopolitique-quel-soi-disant-rapprochement-turco-russe-erdogan-reussit-son-coup-de-poker-opportuniste/ 
Et sur PCN-TV (sur YouTube) :
LUC MICHEL/ COUP DE POKER GEOPOLITIQUE D’ERDOGAN CONTRE LES KURDES ET DAMAS
sur https://www.youtube.com/watch?v=hXuCP3BgGug

(3) Cfr. Luc MICHEL, REVOLUTION GEOPOLITIQUE. LES ONZE JOURS QUI ONT CHANGE L’ORDRE POST-SOVIETIQUE : LA CRIMEE EST RUSSE !
Sur http://www.lucmichel.net/2014/03/18/lucmichel-net-revolution-geopolitique-les-onze-jours-qui-ont-change-lordre-post-sovietique-la-crimee-est-russe/
J’écrivais en mars 2014 : « C’est tout l’Ordre post-soviétique en Eurasie depuis l’implosion de l’URSS – la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » a dit Poutine – et la destruction de la Yougoslavie par les Occidentaux qui est remis en question. Depuis cette défaite immense de la « Russie géopolitique » – ce qu’était aussi l’URSS – la Russie a sans cesse reculé. C’est terminé. La Russie est de retour ! »

(4) Cfr. sur PCN-TV/ 
LUC MICHEL SUR LE ZOOM AFRIQUE DE PRESSTV (IRAN, 02 NOVEMBRE 2018) : LE DRIAN EN RCA – DOMINOS OCCIDENTAUX VS ETATS-TREMPLIN RUSSES
Sur http://www.lucmichel.net/2018/11/07/pcn-tv-luc-michel-sur-le-zoom-afrique-de-presstv-iran-02-novembre-2018-le-drian-en-rca-dominos-occidentaux-vs-etats-tremplin-russes/

(5) Cfr. Luc MICHEL sur NOUVEAUX HORIZONS MAGAZINE / NHM magazine (Douala, Cameroun) :
‘VLADIMIR POUTINE MESSIE DE LA PAIX’ : SYRIE – CENTRAFRIQUE – LIBYE, LA RUSSIE GARANTE DE L’INTEGRITE DES FRONTIERES DES ETATS 
sur http://www.lucmichel.net/2020/03/04/luc-michels-geopolitical-daily-revue-de-presse-vladimir-poutine-messie-de-la-paix-syrie-centrafrique-libye-la-russie-garante-de-lintegr/

(Sources : Gosnovosti – Pars Today – Al-Mayadeen – NHM maga zine – EODE Think Tank)

Photo : 
Pour les médiamenteurs et les idiots utiles d’Ankara qui glosent sur “le tournant eurasiste” (sic) d’Erdogan, voir cette photo de la dernière rencontre du ‘Sultan’ avec Poutine au Kremlin, ce 5 mars 2020, qui l’a remis à sa place. Reçu sous la statue de Catherine la Grande (qui a mené les guerres russes contre les Ottomans), sa suite privée de sièges, assis face à une réplique du monument russe à la victoire de Moscou sur les turcs en 1878, Erdogan a été humilié …

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique : 
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire – 
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme 
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