# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ GEOIDEOLOGIE/ MOSCOU CONTRE L’ANTI-CIVILISATION AMERICANO-OCCIDENTALE : LA REVOLUTION CONSERVATRICE DE POUTINE

LM.GEOPOL -IV-2022 révolution conservatrice russe (2021 08 12) FRKarel Huybrechts pour
Le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
de LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ)/
2022 08 12/ Série IV/

« Les USA sont passés de la barbarie à la décadence sans connaître le stade de la civilisation »
- Oswald Spengler (Le déclin de l’Occident).

GUERRE CULTURELLE :
LA CULTURE RUSSE A L’HEURE DES BOMBES DE L’OTAN

Le Russie de Vladimir Poutine fait face à une attaque massive de l’Occident contre la culture russe.

Le grand sujet de débat en Russie est aujourd’hui le «cancelling de la culture russe». L’Occident est en train d’orchestrer une attaque massive contre la Pax Rossica, cherchant à réduire l’espace russophone, à interdire les classiques russes, à empêcher les artistes russes de se produire à l’étranger, à exclure les étudiants russes des universités occidentales… L’Occident,américanisé, jaloux de la Grande Culture russe, aura utilisé le prétexte de l’ «action militaire spéciale» pour déployer ouvertement ce qu’il aurait toujours pratiqué en catimini : à savoir sa russophobie.

Mais en élargissant ses sanctions au domaine culturel, l’Occident n’affaiblit aucunement le pouvoir russe, mais nuit à la société. Le Temps (Genève) évoque ce matin « la défaite de la minorité libérale en Russie » …

EN RUSSIE, LA CULTURE ENROLEE DANS LA GUERRE CONTRE L’OCCIDENT

Insufflée par le Président Vladimir Poutine, une « révolution culturelle » empreinte de conservatisme s’inscrit dans une lutte contre le monde occidental qui s’oppose en Ukraine à la Russie depuis février 2022.

« Profiter de l’isolement pour renouer avec nos traditions »: de plus en plus coupée du monde occidental à cause de son offensive en Ukraine, la Russie a lancé une « révolution culturelle » conservatrice aux allures d’épuration artistique.

Si le président Vladimir Poutine se fait depuis des années le gardien des « valeurs traditionnelles » face à un Occident décadent, la crise avec les pays ouest-européens et les États-Unis donne un nouvel écho à cette rhétorique. Et dans ce culte exacerbé des valeurs conservatrices, dont les piliers sont le patriotisme et la défense de la « vérité historique » telle que vue par le Kremlin, le monde culturel est appelé à jouer les premiers rôles.

« CONTRE LA CULTURE MARVEL »

Pour la star du cinéma Sergueï Bezroukov, persona non grata en Union Européenne à cause de son soutien public à l’intervention militaire en Ukraine, le peuple russe doit « profiter de l’isolement pour renouer avec [ses] traditions ». Le comédien de 48 ans, directeur du théâtre moscovite Goubernski estime que la Russie « a vécu pendant 30 ans dans l’univers américain de Marvel ».

Et d’asséner : « Il est temps de créer le nôtre ». « Revenir en URSS est impossible, mais on peut redonner foi dans la Russie (…) et ne plus bafouer nos vraies valeurs », ajoute l’acteur pour qui « le mot ‘patriote’ ne doit plus être une injure ».

« UNE VRAIE REVOLUTION CONSERVATRICE »

Comme lui, nombre de célébrités russes ont acclamé l’offensive en Ukraine et le virage conservateur qui l’accompagne. »Les événements épiques auxquels nous assistons lancent une vraie révolution conservatrice », confirme Edouard Boïakov, créateur du festival de théâtre contestataire Nouveau Drame et aujourd’hui ardent défenseur de l’opération militaire.

LISTES NOIRES ET LISTES BLANCHES

Parallèlement, des célébrités qui critiquent publiquement l’offensive en Ukraine sont aujourd’hui mises à l’index. « Plus de 100 prestations musicales ont été annulées depuis février », indique Alexeï Kozine, directeur de Navigator Records, principale compagnie qui édite le rock russe. Une « liste noire » qui circule dans ces milieux compte, selon lui, une quarantaine de musiciens, dont le rocker Iouri Chevtchouk.

Fin juillet, le chef du groupe parlementaire pro-Kremlin, Russie Juste, Sergueï Mironov, a appelé à dresser une « liste blanche d’artistes patriotes » pour expliquer au public « qui est qui dans l’art russe aujourd’hui ».

En attendant, le pouvoir a commencé à mettre au pas les théâtres. Fin juin, la mairie de Moscou n’a ainsi pas reconduit les contrats avec les directeurs artistiques de trois théâtres du Nouveau drame, dont le Centre Gogol du metteur en scène Kirill Serebrennikov, opposé à l’offensive en Ukraine.

« Les contrats ont expiré », a sommairement justifié la mairie, qui avait déjà annoncé en mars cinq fusions de théâtres pour « optimiser » le système. « Le pouvoir ne veut plus d’art provocateur, préférant l’art tranquille, mais rassurant », explique le dramaturge du Centre Gogol Valéri Petcheïkine. « Résultat, le théâtre reviendra aux grands classiques, le cinéma aux comédies reposantes et les musées aux expositions équilibrées », anticipe-t-il.

APPEL A UNE « PURIFICATION » DE LA NATION

À cela s’ajoutent des annulations d’expositions, comme celle de l’artiste russo-américain Grisha Bruskine, consacrée aux « idéologies et leurs mythes », close en avril, trois mois plus tôt que prévu, « pour des raisons techniques ». « En pleine guerre en Ukraine, une révolution culturelle se produit en Russie », met en garde sur les réseaux sociaux Marina Davydova, rédactrice en chef de la revue Teatr, pro-occidentale, aujourd’hui en exil.

« APRES 30 ANS DE LIBERALISME PRO-OCCIDENTAL, UNE REVOLUTION CONSERVATRICE EST EN COURS EN RUSSIE »

« Après 30 ans de libéralisme pro-occidental, une révolution conservatrice est en cours en Russie », se réjouit pour sa part Olga Andreeva, de l’hebdomadaire conservateur russe Expert. « C’est le moment de vérité sur le chemin de la Russie dans l’éternelle lutte entre les occidentalistes et les slavophiles », qui trouve ses origines au 19ème siècle, dit-elle à l’AFP.

Et Vladimir Poutine donne lui-même le ton. En mars, il a appelé la nation à « se purifier » des « traîtres » qui « gagnent leur argent ici, mais qui vivent là-bas [en Occident, NDLR] même pas au sens géographique du terme, mais selon leurs pensées, dans leur conscience servile ».

En juillet, il a pris la tête du nouveau mouvement des jeunes, Bolchaïa Peremena, qui rappelle celui des « Pionniers » soviétiques. Symbole de ce virage, le monument du soldat inconnu a remplacé le dieu grec des arts Apollon au fronton du théâtre Bolchoï sur le nouveau billet de 100 roubles, mis en circulation fin juin.

RETOUR AUX SOURCES STALINIENNES DE LA CULTURE RUSSE MODERNE

Au cours des années 1930, Staline et son entourage ont réhabilité des noms célèbres du passé national russe dans une campagne de propagande destinée à mobiliser la société soviétique pour la guerre à venir. Des héros légendaires comme Aleksandr Nevskii et des événements épiques comme la bataille de Borodino ont rapidement éclipsé les slogans communistes plus conventionnels tournant autour de la lutte des classes et de l’internationalisme prolétarien.

« NATIONAL BOLSHEVISM: STALINIST MASS CULTURE AND THE FORMATION OF MODERN RUSSIAN NATIONAL IDENTITY, 1931-1956 »

Dans une étude provocatrice, un livre fondamental « National Bolshevism: Stalinist Mass Culture and the Formation of Modern Russian National Identity, 1931-1956 » (Russian Research Center Studies), livre étouffé par les universitaires français et dont seul Luc MICHEL parlait en français il y a dix ans, David Brandenberger (Assistant Professor of History at the University of Richmond) retrace ce « bolchevisme national » populiste jusque dans les années 1950, soulignant l’effet catalyseur qu’il a eu sur la formation de l’identité nationale russe moderne.

Commençant par les origines du bolchevisme national au sein du cercle restreint de Staline, Brandenberger examine ensuite sa projection dans la société soviétique à travers l’éducation et la culture de masse – des manuels et de la littérature belletristique au théâtre, à l’opéra, au cinéma et aux arts. Brandenberger se tourne ensuite vers la réception populaire de cette propagande, découvrant des aperçus de l’opinion publique de l’ère stalinienne dans des lettres, des journaux et des rapports de police secrète.

Controversée dans la mesure où l’identité sociale soviétique est communément associée à la propagande promouvant la conscience de classe, cette étude soutient que l’idéologie stalinienne était en fait plus nationaliste russe qu’internationaliste prolétarienne.

Ecoutons l’éditeur :
« Une contribution majeure à la littérature croissante sur la politique de nationalité soviétique. David Brandenberger cadre son étude avec une grande et importante question : la génération d’une identité nationale russo-soviétique pendant les années staliniennes. Il raconte l’histoire importante de la production d’une vision du monde plus nationaliste et comment elle a été reçue, passant des élites aux masses.

« Se concentrant sur l’histoire et les historiens, Brandenberger relie l’historiographie à la création de la nation et à la construction de l’État. Cet ouvrage devrait être largement lu, notamment parce qu’il éclaire avec clarté et éloquence le douloureux processus de forgeage de l’identité nationale. (Ronald Grigor Suny, Université de Chicago)

« Brandenberger modifie notre compréhension de la façon dont la culture soviétique a été créée et comment elle a maintenu la cohésion de la société soviétique. Peut-être que la plus grande force du livre est la base de documents sur laquelle il repose. Clairement le résultat d’années de collecte, ces documents nous montrent le stalinisme tel qu’il est reçu, comme un ensemble de pratiques sociales et de discours en constante révision et détournement. Le bolchevisme national éclaire des débats plus larges sur le fonctionnement de la société soviétique, les origines de la conscience nationale et la formation du sujet avec l’État moderne, et sera une contribution largement lue dans le domaine. (James von Geldern, Collège Macalester). »

Le bolchevisme national aide à expliquer non seulement pourquoi ce genre de populisme a survécu à la mort de Staline en 1953, mais pourquoi il continue de résonner parmi les Russes aujourd’hui. Et resurgit avec Poutine en 2022…

* Découvrir aussi le courant culturel créé il y a 15 ans par Luc MICHEL et le PCN, inspiré des avant-gardes culturelles russes, soviétiques et européennes :
Voir le NNK/
NEUE NATIONALEUROPAISCHE KULTUR/
CONTRE L’ANTI-CIVILISATION YANKEE !
LA RESISTANCE CULTURELLE DE L’EURASIE
DANS LE FRONT DES PEUPLES EN LUTTE POUR RESTER EUX-MEMES …
https://www.facebook.com/NNK.org/

Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ)

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire – Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
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