# LUC-MICHEL-TV/ PODCAST AVEC RADIO ALGERIE/ LUC MICHEL: LE CHAOS LIBYEN (II). HAFTAR ET LA BATAILLE POUR TRIPOLI. LE CONTEXTE GEOPOLITIQUE

LUC-MICHEL-TV/ 
PODCAST AVEC RADIO ALGERIE (9 AVRIL 2019)/ 
HAFTAR ET LA BATAILLE POUR TRIPOLI. LE CONTEXTE GEOPOLITIQUE

Le géopoliticien, en duplex audio depuis Ndjaména au Tchad, répond sur l’évolution des événements en Libye et l’assaut des forces de Haftar contre Tripoli (le 9 avril 2019) :

QUE SE PASSE-T-IL EN LIBYE ET EN PARTICULIER À TRIPOLI ?
Que veut Haftar et pourquoi lance-t-il l’assaut sur Tripoli le jour de l’arrivée de l’envoyé de l’ONU venu organiser des élections (virtuelles) cette année en Libye ?
Quel est le contexte géopolitique ?
Haftar peut-il réussir ?

* Le Podcast audio sur LUC-MICHEL-TV :

Le géopoliticien Luc MICHEL sur la Radio d’Etat RADIO ALGERIE, avec sa journaliste Nour :
On dit tout et n’importe quoi sur la Libye !
D’un côté les médiamensonges et les scénarios géopolitiques occidentaux qui tentent de formater une Libye virtuelle.
De l’autre de sinistres escrocs qui inventent littéralement des infos sur une Libye dont ils ignorent tout.
Dans une seconde grande analyse pour RADIO ALGERIE sur le chaos libyen, le géopoliticien Luc MICHEL (au combat depuis 1985 avec la Jamahiriya de Kadhafi et le MCR libyen) (1) dit ses 4 vérités sur la destruction de la République des Masses de Kadhafi et le chaos libyen en ces années 2019-2020. Les noms, les faits, appuyés sur une connaissance intime du Dossier libyen, le géopoliticien dresse un réquisitoire implacable contre les ennemis et les faux amis du peuple libyen …

(1) Voir le parcours libyen de Luc MICHEL (1985-2011) : http://www.lucmichel.net/2020/01/12/luc-michels-geopolitical-daily-luc-michel-et-la-jamahiriya-libyenne-la-verite-sur-le-chaos-libyen-ii
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La chaîne du Géopoliticien Luc MICHEL :
vimeo.com/lucmicheltv
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# LUC-MICHEL-TV/ PODCAST AVEC RADIO ALGERIE/ LUC MICHEL: LE CHAOS LIBYEN (I). LOIN DES SCENARIOS OCCIDENTAUX, OU VA VRAIMENT LA LIBYE ?


LUC-MICHEL-TV/ 
PODCAST AVEC RADIO ALGERIE (16 nov. 2018)/ 
LOIN DES SCENARIOS OCCIDENTAUX, OU VA VRAIMENT LA LIBYE ?

L’évolution de la situation en Libye, analysée par le géopoliticien Luc Michel …
Interview radio de Luc MICHEL par RADIO ALGER, au siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba (Ethiopie) ce 16 novembre 2018 (à l’occasion du Sommet de l’UA).

* Le Podcast audio sur LUC-MICHEL-TV :

Le géopoliticien Luc MICHEL sur la Radio d’Etat RADIO ALGERIE, avec sa journaliste Nour :
On dit tout et n’importe quoi sur la Libye !
D’un côté les médiamensonges et les scénarios géopolitiques occidentaux qui tentent de formater une Libye virtuelle.
De l’autre de sinistres escrocs qui inventent littéralement des infos sur une Libye dont ils ignorent tout.
Dans cette première grande analyse pour RADIO ALGERIE, accordée ‘live’ lors du Sommet de l’UA à Addis-Abeba, sur le chaos libyen, le géopoliticien Luc MICHEL (au combat depuis 1985 avec la Jamahiriya de Kadhafi et le MCR libyen) (1) dit ses 4 vérités sur la destruction de la République des Masses de Kadhafi et le chaos libyen en ces années 2019-2020. Les noms, les faits, appuyés sur une connaissance intime du Dossier libyen, le géopoliticien dresse un réquisitoire implacable contre les ennemis et les faux amis du peuple libyen …

(1) Voir le parcours libyen de Luc MICHEL (1985-2011) : http://www.lucmichel.net/2020/01/12/luc-michels-geopolitical-daily-luc-michel-et-la-jamahiriya-libyenne-la-verite-sur-le-chaos-libyen-ii

(Photo : interview de Luc MICHEL sur la ‘Radio algérienne’ à Addis-Abeba en nov. 2018)
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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ LIBYE : LES FRONTS ET LES LIGNES GEOPOLITIQUES CONTINUENT A SE RENVERSER (ALLIANCES HETERODOXES, ‘ALLEGEANCES OBLIQUES’ ET FRONTS RENVERSES II)

LM.GEOPOL - Allegeances obliques II (2020 03 11) FR 1

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 03 11/
En avril 2019, j’analysais comment la guerre par procuration en Libye faisait éclater les alliances géopolitiques. La géopoliticien américain Georges Friedman parlait, lui, d’ « allégeances obliques » :
* Voir ALLIANCES HETERODOXES, ‘ALLEGEANCES OBLIQUES’ ET FRONTS RENVERSES: LE CHAOS GAGNE LES PUISSANCES ENGAGEES EN LIBYE !
En cet hiver 2020 finissant, les lignes et les fronts géopolitiques ont continué à éclater et à se recomposer, hors logique géopolitique globale, sur le Front libyen. Suivi par le Front syrien. Et le passage de la guerre par procuration à l’internationalisation de la guerre en Libye fait écho à l’affrontement direct en Syrie, à Idlib, entre Ankara et Damas, soutenue par Moscou (1). Le grand coupable de ce maelström géopolitique c’est Erdogan, ses appétits néo-ottomans (2), ses coups de poker géopolitiques et aventuristes !
# PARTIE I
« UNE NOUVELLE ALLIANCE, COMPOSEE DE L’ÉGYPTE, DE LA SYRIE ET DE L’ALGERIE », APPUYEE SUR MOSCOU ET TEHERAN, SE FORME
« Une nouvelle alliance, composée de l’Égypte, de la Syrie et de l’Algérie, est sur le point de se former, l’alliance qui aura pour mission de mettre fin à la domination des monarchies arabes du golfe Persique sur la Ligue arabe », indique le quotidien panarabe Rai al-Youm (3).  Le quotidien en ligne rapporte que « le gouvernement égyptien sort de son isolement politique et sécuritaire qui lui avait été infligé, pendant les dernières années, sur fond de la crise du barrage de la Renaissance. Là où les États-Unis et leur allié israélien ont poignardé l’Égypte dans le dos ». « Pendant les dernières années, Le Caire se sentait au banc des nations arabes. D’où sa décision de récupérer graduellement sa position et son poids. Vient à l’appui de cette affirmation la visite secrète du général de brigade Abbas Kamel, chef du service de Renseignement égyptien, la semaine dernière, à Damas, pour rencontrer son homologue syrien, le général de brigade Ali al-Mamlouk, président du Conseil de sécurité national de la Syrie. Les deux hommes ont discuté des tensions régentant dans le nord de la Syrie ainsi que des évolutions en Libye ».
Selon Rai al-Youm, « Le Caire prête une attention toute particulière au dossier libyen et craint le ralliement des groupes terroristes au gouvernement d’union nationale, dirigé par Fayez al-Sarraj et soutenu par le président turc Recep Tayyip Erdogan ».
L’article continue : « C’est sur fond de cette préoccupation que l’Égypte a organisé la visite secrète du maréchal Haftar à Damas pour examiner la reprise des relations entre la Syrie et le gouvernement de l’Est, dont le siège est à Tobrouk, ainsi que la réouverture de l’ambassade de la Libye à Damas. Le rapprochement de la Syrie à l’Égypte et à la Libye préoccupe sérieusement le président turc Recep Tayyip Erdogan, car cela modifiera profondément la composition des alliances politiques et militaires en Asie de l’Ouest. Parmi les impacts du rapprochement de Damas au Caire et à la Libye, le premier sera l’isolement d’Ankara sur le plan régional » (4).
L’ALGERIE RECLAME LE RETOUR DE LA SYRIE A LA LIGUE ARABE :
LE SOI-DISANT « PRINTEMPS ARABE » ANNULE ?
Rai al-Youm ajoute : « les monarchies arabes du golfe Persique imposent, depuis une vingtaine d’années, leur domination sur la Ligue arabe : suspendre la Syrie, légitimer les ingérences militaires destinées à renverser les États dans certains pays et soutenir la campagne aérienne de l’OTAN contre la Libye ».  
Le quotidien en ligne prévoit que « la formation de la nouvelle alliance » sera annoncée lors du prochain sommet de la Ligue arabe, prévu en juin en Algérie, et que d’autres pays, tels que le Liban, l’Irak, la Tunisie et le Koweït, rejoindraient, eux aussi, cette alliance. « En plus, le retour de la Syrie à la Ligue arabe et le rétablissement de l’équilibre au sein de cette organisation seront les fruits les plus importants du sommet d’Alger », ajoute l’article. « Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, dont le pays organisera le prochain sommet de la Ligue arabe, a déclaré au secrétaire général de la Ligue, Ahmed Aboul Gheit, en visite il y a deux semaines en Algérie, qu’Alger organiserait un sommet totalement différent des derniers et que le sommet n’aurait pas lieu tant que la Syrie n’y prendrait pas part. En effet, le sommet de la Ligue arabe n’a pas été reporté en raison de la crise du coronavirus et l’Algérie voulait attendre un peu pour que la Syrie retourne à la Ligue arabe et que cette tache noire soit effacée de l’Histoire du monde arabe », indique encore l’article.
# PARTIE II
COMMENT LA TURQUIE RESTE BIEN MEMBRE DE L’OTAN ET AGIT POUR L’ALLIANCE EN SYRIE ?
Un diplomate américain menace le gouvernement syrien d’action militaire à Idlib ! James Jeffrey, représentant des États-Unis pour la Syrie, a mis en garde, ce mardi 10 mars, « contre toute tentative du gouvernement syrien ou de son allié russe à violer le cessez-le-feu à Idlib ». Dans un discours, prononcé au siège de l’OTAN à Bruxelles, James Jeffrey a déclaré : « Toutes les options sont sur la table pour que l’OTAN puisse aider la Turquie. Mais, l’envoi de forces terrestres à Idlib est exclu. L’OTAN cherche une voie pour de prêter main-forte à la Turquie dans le dossier d’Idlib ».
Sans faire la moindre allusion aux efforts de la Russie pour signer un accord de cessez-le-feu avec Ankara (ce jeudi 5 mars à Moscou), James Jeffrey a accusé Moscou et Damas de vouloir violer la trêve : « Je ne pense pas que la Russie et le régime [le gouvernement syrien, NDLR] s’intéressent à la trêve. Ils veulent en finir avec ce dossier. Si la Russie ou le régime viole le cessez-le-feu, nous et nos alliés, nous entreprendrons des mesures et notamment des sanctions ».
L’OTAN VEUT L’ECHEC DE LA TREVE CONCLUE A MOSCOU CE 5 MARS !
L’accord conclu à Moscou entre les présidents russe et turc n’a apporté qu’un cessez-le-feu fragile sur le terrain. La sortie de crise pour le président Erdogan sera donc provisoire face à la détermination de l’armée syrienne pour libérer entièrement la ville d’Idlib. Les présidents turc et russe, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, ont annoncé, la semaine dernière, lors d’une conférence de presse, avoir trouvé un accord sur l’instauration d’une trêve à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie (5). L’accord prévoit des patrouilles conjointes turco-syriennes dans les districts voisins d’Idlib ; la création d’un couloir sûr de six kilomètres le long de l’autoroute M4, au sud et au nord de celle-ci. D’autres mesures seront prises aussi d’ici une semaine. « L’armée syrienne s’est dite prête à réagir rapidement à toute violation du cessez-le-feu par les terroristes ».
NOTES ET RENVOIS :
(1) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
REVUE DE PRESSE : ‘VLADIMIR POUTINE MESSIE DE LA PAIX’ : SYRIE – CENTRAFRIQUE – LIBYE, LA RUSSIE GARANTE DE L’INTEGRITE DES FRONTIERES DES ETATS (NHM MAGAZINE)
(2) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
‘LES OTTOMANS SONT DE RETOUR’: LES AMBITIONS GEOPOLITIQUES DE LA TURQUIE D’ERDOGAN VUES D’ISRAEL
Et : LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE ET DUPLICITE D’ERDOGAN: ASTANA-SOTCHI-ADANA, LES MASQUES TURCS TOMBENT !
(3) Je vous parle souvent ‘Rai Al-Youm’, quotidien en ligne basé à Londres.
Ce site panarabe a été créé à Londres en septembre 2013 par le journaliste Abdel Bari Atwan, ancien directeur du quotidien Al-Quds Al-Arabi. “L’opinion d’aujourd’hui” se veut nationaliste arabe, antisaoudien et antisioniste.
(4) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE-TURQUIE-RUSSIE (II) : COMMENT ASSAD ORGANISE UN AXE DAMAS-TOBROUK CONTRE ERDOGAN EN LIBYE
(5) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE-TURQUIE-RUSSIE : COMMENT UN POUTINE MAITRE DU GRAND JEU SYRIEN SAUVE LA FACE D’UN ERDOGAN DECONFIT !?
(Sources : Rai Al-Youm – Pars Today – Interfax – EODE Think Tank)
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire –
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme
(Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
________________
* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
* EODE :

LM.GEOPOL - Allegeances obliques II (2020 03 11) FR 2 LM.GEOPOL - Allegeances obliques II (2020 03 11) FR 3 Visit to NATO by the Minister of Foreign Affairs of Turkey

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* Avec toutes les émissions du géopoliticien Luc MICHEL 
(Le Débat, Reportage, Zoom Afrique quotidien) …

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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ SYRIE-LIBYE : LA GUERRE TURQUE DES DRONES ET SES LIMITES

LM.GEOPOL - Guerre des drones turcs (2020 03 10) FR 1

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 03 10/

« Alors que, pendant plus de dix ans, les États-Unis ont été les principaux utilisateurs au monde de drones de combat – la première attaque remonte à 2001 – plus d’une dizaine de pays possèdent à présent cette technologie. Depuis 2015, le Royaume-Uni, Israël, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis (EAU), l’Égypte, le Nigeria et la Turquie recourent tous à des drones armés pour exécuter des cibles humaines. Les tentatives de restrictions d’exportation mises en place par Washington pour contrôler la diffusion de cette technologie n’ont pas suffi à ralentir la course mondiale à ce nouveau type d’armement »
- The Intercept (14 mai 2019).

« En Syrie, la Turquie mène une guerre de drones » commente ‘L’Opinion’ (ce 4 mars 2020). « Contre l’armée de Bachar al-Assad, les forces turques déploient un matériel sophistiqué de conception nationale. Mais une question demeure : jusqu’à quel point les Russes les laissent-ils opérer ? » La même guerre est menée en Libye autour de Tripoli. Elle explique en partie l’échec de l’offensive de Haftar contre la capitale libyenne depuis avril 2019.

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine se sont rencontrés ce jeudi à Moscou au sujet de la Syrie, où les opérations militaires se poursuivent dans la poche d’Idlib, la trêve étant un échec. « Les deux dirigeants ont, jusqu’à présent, pris soin de ne pas aller trop loin en s’affrontant directement ».

« La guerre n’est jamais le royaume de la transparence et celle qui se déroule actuellement dans le nord-ouest de la Syrie n’échappe pas à la règle. D’un point de vue militaire, il n’est pas aisé de comprendre, avec certitude, ce qui se déroule sur le terrain entre les armées turque et syrienne, avec les Russes au second plan. Plusieurs observations peuvent néanmoins être avancées et quelques questions formulées », analyse encore ‘L’Opinion’ : « L’opération turque « Bouclier du printemps » vise à empêcher les forces de Bachar al-Assad de reconquérir la totalité de la poche d’Idlib, tenue par l’opposition armée. Pour Ankara, il s’agit d’éviter que les populations civiles menacées traversent la frontière pour se réfugier en Turquie. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont concernées et elles viendraient s’ajouter aux 3,7 millions déjà présentes dans le pays ».

COMMENT LES DRONES « MADE IN TURKEY » VOLENT AU SECOURS DE L’ARMEE TURQUE EN SYRIE ?

« Les images de cibles pulvérisées tournent en boucle sur les télévisions. Pour venger ses soldats tués en Syrie et inverser le rapport de forces, la Turquie se sert d’une nuée de drones armés, dont elle est l’un des principaux fabricants dans le monde. Ces appareils télépilotés ont infligé de lourdes pertes en hommes et matériel aux forces du régime syrien dans la province d’Idleb (nord-ouest), où Ankara a lancé de vastes représailles après la mort de 34 de ses soldats jeudi dans des frappes attribuées à Damas », commente l(AFP. L’armée syrienne a affirmé avoir abattu au moins trois de ces drones turcs, mais l’allié russe de Damas qui contrôle le ciel dans le nord-ouest de la Syrie ne semble pas être intervenu face aux appareils d’Ankara.

Le recours très médiatisé à ces drones permet à la Turquie non seulement de frapper en Syrie sans risquer la vie de ses pilotes, mais aussi de faire la promotion de ces appareils dont il ambitionne de devenir un exportateur de premier plan. « L’utilisation de drones par la Turquie lors de cette opération est sans précédent dans son histoire militaire moderne », explique à l’AFP l’analyste de défense Arda Mevlutoglu. L’expert turc affirme même que « Ce recours efficace aux drones semble avoir changé la dynamique de la guerre civile en Syrie et influé sur les tractations diplomatiques ». Ce qui révèle les illusions des turcs sur leur enlisement en Syrie !

La Turquie « est le leader d’un groupe de pays qui montent dans ce domaine technologique et essayent d’avoir un impact », estime Dan Gettinger, co-directeur du Center for the Study of the Drone au Bard College à New York. Ankara a par le passé affirmé « avoir éliminé des centaines de combattants de la rébellion kurde dans des frappes de drones », mais le théâtre d’opération syrien lui permet de montrer son savoir-faire dans ce domaine. Pour Ozgur Eksi, rédacteur en chef du magazine spécialisé C4Defence, le recours massif aux drones ces derniers jours a rendu les frappes turques « plus efficaces ». Outre les frappes qu’ils mènent, ces drones servent aussi à marquer des cibles qui sont ensuite visées par l’artillerie ou des avions de combat. « Cela permet à la Turquie de mener des frappes à distance, contournant ainsi l’espace aérien syrien », affirme M. Mevlutoglu, l’analyste de défense.

L’engouement de la Turquie pour les drones n’est pas nouveau. Selon M. Gettinger, Ankara s’est lancé dans le développement de ces appareils dans les années 1990 pour ne pas dépendre d’autres pays pour s’en procurer, notamment les Etats-Unis et Israël, avec lesquels les relations sont souvent tendues. Ceci rappelant qu’Ankara appartient au Bloc américano-occidental. Erdogan répète à l’envi que la Turquie ambitionne de se placer parmi les dix premiers exportateurs d’armes au monde d’ici 2023, année du centenaire de la République turque.

A ce jour, la Turquie a exporté des drones vers le Qatar et l’Ukraine, selon M. Gettinger, et elle en a déployé aussi en Libye en soutien au gouvernement de Tripoli face à l’homme fort de l’Est libyen Khalifa Haftar. La Turquie travaille aussi avec des pays comme l’Indonésie et le Pakistan pour les aider à produire localement des drones avec des moyens technologiques turcs. « La Turquie essaye inlassablement de promouvoir ses drones à l’étranger, car cette industrie est une grande source de fierté pour elle », souligne M. Gettinger.

COMMENT LES DRONES TUEURS SONT DEVENUS L’ARME FAVORITE DE LA TURQUIE ?

Le recours aux drones de combat n’est plus seulement l’apanage des Etats-Unis, en Afghanistan ou au Niger. La Turquie, qui a développé sa propre technologie, est devenue l’un des plus gros utilisateurs de ces armes, « y compris sur son propre territoire et contre ses propres citoyens », précise ‘The Intercept’. « Elle symbolise l’entrée dans l’ère de la prolifération ».

« La Turquie est entrée dans le second âge des drones, une époque où le recours à des aéronefs télécommandés pour tuer se répand bien au-delà des États-Unis, premier pays à avoir lancé des missiles depuis ces engins après les attentats du 11 septembre. La Turquie figure désormais avec les États-Unis et le Royaume-Uni parmi les principaux utilisateurs de drones assassins au monde », selon les données rassemblées par ‘The Intercept’. « Le pouvoir turc déploie ces armes contre les combattants de Daech en Syrie et le long de la frontière avec l’Irak et l’Iran, une région où l’utilisation constante des drones a permis à Ankara de reprendre l’avantage sur les rebelles kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui lui tiennent tête depuis des décennies ».

« Cela fait longtemps que la prolifération des drones armés est devenue hors de contrôle », confirme Chris Woods, journaliste spécialiste de la question depuis plus dix ans et rédacteur en chef du site Airwars, un observatoire des zones de conflit. « Il y a tellement d’États et d’acteurs non étatiques qui ont accès à cette technologie et qui l’utilisent à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières. Nous sommes clairement entrés dans le second âge des drones, celui de la prolifération ».

« Les exportations de drones américains de type Predator ou Reaper étant soumises à l’approbation du Congrès et du Pentagone, leur acquisition reste un processus long et compliqué. Certains acheteurs préfèrent se tourner vers la Chine et son CH-4, un drone aux caractéristiques similaires à celles du Predator (mais moins sophistiqué que le Reaper). Pourtant, même si les principaux fabricants comme la Chine ou les États-Unis décidaient de restreindre leurs ventes, le génie est sorti de sa lampe : la technologie est désormais reproductible ». C’est précisément la voie empruntée par la Turquie. « Cette dernière se distingue en étant non seulement le plus avancé des nouveaux fabricants de drones mais aussi le seul pays à en faire régulièrement usage sur son propre territoire, contre ses propres citoyens » !

LE PÈRE DU PROGRAMME TURC DE DÉVELOPPEMENT DE DRONES S’APPELLE SELÇUK BAYRAKTAR : IL EST AUSSI LE GENDRE D’ERDOGAN …

« L’homme qui peut être considéré comme le père du programme turc de développement de drones s’appelle Selçuk Bayraktar. En 2005, ce jeune étudiant alors âgé de 26 ans parvint à convaincre un groupe de hauts responsables turcs d’assister à une démonstration de vol d’un drone de sa fabrication », commente encore ‘The Intercept’. « Diplômé en ingénierie électrique dans la meilleure université de Turquie, Bayraktar avait obtenu un master à l’université de Pennsylvanie et faisait alors son doctorat au MIT [Massachusetts Institute of Technology]. Il savait qu’il travaillait sur une des technologies militaires les plus prometteuses du moment. Il n’était pas certain de ce qu’il allait faire après ses études, et il était temps pour lui de rentrer en Turquie. Les bras croisés, les représentants regardèrent l’engin s’élever dans les airs, puis redescendre doucement pour atterrir dans les mains de l’étudiant. “Boeing, Lockheed, ce sont de grosses entreprises, n’est-ce pas ? déclara le jeune homme. Nous travaillons sur les mêmes systèmes qu’eux. Si la Turquie soutient ce projet de drone, en cinq ans, elle pourra devenir un leader mondial, sans problème.” Un discours audacieux qui ne persuada toutefois pas immédiatement les représentants turcs. Bayraktar était alors un parfait inconnu dans les cercles du pouvoir à Ankara (…) Sa famille possédait une entreprise baptisée Baykar Makina, créée en 1984 par son père, lui-même ingénieur, afin de fabriquer des pièces détachées pour l’automobile à l’époque où le gouvernement turc cherchait à développer une filière nationale. Au tournant des années 2000, l’entreprise commence à s’intéresser aux drones. En 2007, Bayraktar quitte le MIT et retourne en Turquie pour se consacrer entièrement à ses drones. »

COMMENT LES DRONES TUEURS DE LA TURQUIE SONT DEVENUS UNE ARME DÉCISIVE, MAIS AUSSI UN BUSINESS ?
Dans son offensive contre la Syrie, la Turquie utilise donc des drones armés qu’elle fabrique et commence même à exporter. Pour s’affranchir des Américains, pourtant ses alliés au sein de l’Otan, la Turquie s’est lancée depuis une dizaine d’années dans la fabrication de drones armés. Ankara les utilise massivement en ce moment en Syrie en représailles des frappes aériennes du gouvernement de Bachar al-Assad qui ont tué 34 soldats turcs le 27 février dernier. L’armée du président Recep Tayyip Erdogan possède une centaine de Bayraktar TB2, des drones capables de voler à plus de 7 000 mètres d’altitude pendant 24 heures, avec une charge de plus de 50 kilos. Ils n’effectuent pas moins de 6 000 heures de vol par mois.

« Une affaire de famille, puisqu’ils sont fabriqués par le gendre du dirigeant turc, Selçuk Bayraktar. À la tête de la compagnie Baykar, il est désormais le fournisseur privilégié de l’État turc », explique le site d’informations américain The Intercept.

« Ces drones armés ont d’ailleurs permis à Ankara depuis quatre ans d’éliminer des membres du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, considérés comme des terroristes. Principales cibles des Turcs dans le sud-est du pays, en Irak et en Syrie, les combattants du PKK sont régulièrement frappés par les drones d’Ankara », relate The Intercept : « Selon des sources officielles, entre janvier et avril 2018, les TB2 équipés de bombes téléguidées de fabrication turque ont causé la mort de 449 personnes dans le nord-ouest de la Syrie. En Turquie, dans le Sud-Est, à majorité kurde, au moins 400 personnes auraient été tuées dans des attaques de drones depuis 2016 ».

Même si le TB2 connaît des limites technologiques (il ne parcourt que 150 kilomètres), pour le président turc ce marché des drones armés doit se développer. Ankara, qui a déjà vendu une quarantaine de TB2 au Qatar, à l’Ukraine et au gouvernement lybien d’union nationale, entend désormais se placer parmi les dix premiers exportateurs d’armes au monde d’ici 2023, l’année du centenaire de la République turque.

FAIRE PLIER DAMAS ET MOSCOU ?

Aujourd’hui, les drônes turcs servent à bombarder la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie et les TB2 ont déjà infligé de sérieuses pertes humaines et matérielles. Trois avions syriens abattus, une centaine de chars détruits, les TB2 pilotés à distance permettent à la Turquie de frapper en contournant l’espace aérien syrien, sans craindre de perdre des soldats. Même si Ankara subit des pertes, son drone armé peut se fabriquer en un mois pour un coût de 5 millions de dollars pièce.

L’INDUSTRIE TURQUE DES DRONES PROCHE DU CLAN ERDOGAN

La Turquie engage de nombreux drones sur plusieurs théâtres d’opérations, à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. En Syrie, Irak et Libye, les différents UAV turcs sont utilisés de manière intensive pour de la récolte d’information ou pour des frappes de précision, informe le site spécialkisé ‘Mena Défense’. « En théorie, les différents producteurs de drones à ailes fixes turcs ont livré à la Türk Hava Kuvvetleri, une centaine de drones ces dernières années et ils sont tous opérationnels. Il s’agit de 75 drones Bayraktar TB2, 10 drones TAI Ankra-S, 10 drones TAI Anka de surveillance, 7 TAI Gozcu-1 de surveillance et 10 IAI Héron israéliens pour la surveillance acquis en 2006. Les forces aériennes turques alignent aussi une centaine de drones suicides israéliens Harpy et environs 75 petits drones tactiques de surveillance Bayraktar. Elles disposent aussi de drones I-Gnat américains de surveillance achetés en 1996 ».

Le marché des drones en Turquie est largement partagé entre deux entreprises: le groupe privé Kale-Baykar qui produit le Bayraktar et qui développe pour le compte de l’armée un nouveau drone Akinci qui fait partie des drones HALE à très longue endurance. Et le groupe publique TAI pour Turkish Aerospace Industries, qui fabrique l’Anka depuis une dizaine d’années, un projet hérité de la coopération avec Israël et qui s’est poursuivi après la rupture. Les deux entreprises exportent des drones, TAI, a signé un contrat pour un nombre de drones armées Anka-S avec la Tunisie et Baykar a exporté vers le Qatar et l’Ukraine des Bayraktar TB2.

« Bayraktar, est une success story », dit ‘Mena Défense’. Qui enrichit le clan Erdogan, dont la fille est mariée au « père des drônes turcs ». Il est intéressant de se pencher sur le cas de la firme Baykar (avant qu’elle ne soit en partie rachetée par le grand groupe Kale), « qui est un véritable cas d’école pour la transformation des projets amateurs de drones en industrie militaire et aéronautique, cas d’école qui pourrait inspirer les pays de la région voulant se doter d’une industrie militaire ».

« En quelques années, l’ingénieur Selçuk Bayrakta s’est imposé comme l’un des hommes les plus influents du pays grâce à ses drones militaires, utilisés par l’armée turque », conclut ‘L’Express’ au terme d’une grande enquête sur ce dossier. « Les inventions et les succès industriels s’enchaînent pour ce brillant ingénieur turc de 41 ans, passé par le prestigieux Massachusetts Institute of Technology, à Boston (…) À tel point que, en moins d’une décennie, il est devenu l’un des hommes les plus influents de Turquie. Son mariage, en 2016, avec Sümeyye Erdogan, la fille cadette et conseillère spéciale du président turc Recep Tayyip Erdogan, n’est pas étranger à cette ascension fulgurante. Mais c’est surtout le développement de son programme de drones militaires, au sein de l’entreprise familiale Baykar, un ancien équipementier automobile, qui lui a ouvert les portes du pouvoir. »

(Sources : AFP- L’Opinion – The Intercept – Courrier International – L’Express – EODE Think Tank)

Photos : 
Un drone turc Bayraktar TB2.
L’ingénieur Selçuk Bayraktar (droite) avec sa femme Sümeyye Erdogan (gauche), fille cadette et conseillère spéciale du président Recep Tayyip Erdogan, au Teknofest d’Istanbul le 20 septembre 2018 (AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan appose un autographe sur un drone stationné sur la base militaire de Batman, en Turquie, le 3 février 2018.

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique : 
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire – 
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme 
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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ FLASH VIDEO/ SYRIE-TURQUIE-RUSSIE (III) : ERDOGAN PERD PIED SUR TOUS LES FRONTS

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Flash Vidéo Géopolitique/ Geopolitical Flash Video/
2020 03 09/

Le Flash Vidéo du jour …
Le géopoliticien Luc MICHEL dans le REPORTAGE du 24 février 2020
sur PRESS TV (Iran)

Je viens d’analyser les liens entre les dossiers géopolitiques syrien et libyen, qui sont devenus étroits (1) (2). Pour compléter mes analyses, voir mon interview pour PRESS TV, la Télévision d’Etat iranienne francophone …

* Source :
La Video sur LUC-MICHEL-TV/ PCN-TV sur
https://vimeo.com/395934628

* L’introduction de PRESS TV :
Seize militaires de l’armée turque ont été tués jusqu’ici par les forces armées libyennes, a déclaré un haut commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL).
Fathi Bashagha, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale (GNA), a déclaré qu’il n’existait aucun obstacle pour l’implantation d’une base militaire américaine en Libye.
Erdogan est-il en train de perdre pied aussi bien en Libye qu’en Syrie ?
Luc Michel, géopoliticien s’exprime sur le sujet.

NOTES :

(1) LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE-TURQUIE-RUSSIE : COMMENT UN POUTINE MAITRE DU GRAND JEU SYRIEN SAUVE LA FACE D’UN ERDOGAN DECONFIT !?
http://www.lucmichel.net/2020/03/05/luc-michels-geopolitical-daily-syrie-turquie-russie-comment-un-poutine-maitre-du-grand-jeu-syrien-sauve-la-face-dun-erdogan-deconfit

(2) LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
SYRIE-TURQUIE-RUSSIE (II) : COMMENT ASSAD ORGANISE UN AXE DAMAS-TOBROUK CONTRE ERDOGAN EN LIBYE
https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel/posts/1850150125119397

ANALYSE DE REFERENCE :

* Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
‘VLADIMIR POUTINE MESSIE DE LA PAIX’ : SYRIE – CENTRAFRIQUE – LIBYE, LA RUSSIE GARANTE DE L’INTEGRITE DES FRONTIERES DES ETATS (NHM MAGAZINE)
http://www.lucmichel.net/2020/03/04/luc-michels-geopolitical-daily-revue-de-presse-vladimir-poutine-messie-de-la-paix-syrie-centrafrique-libye-la-russie-garante-de-lintegr

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
(Flash Vidéo Géopolitique/ 
Complément aux analyses quotidiennes de Luc Michel)

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# CENTRAFRICA-NEWS. TV/ 2012-13 : COMMENT LES OCCIDENTAUX ONT ORGANISE UN ‘SCENARIO A LA LIBYENNE’ POUR FAIRE IMPLOSER LA REPUBLIQUE !?

2020 03 09/
Avec EODE Think Tank/

EODE THINK TANK / GEOPOLITIQUE / 
SELEKA ET CRISE EN CENTRAFRIQUE: LE DESSOUS DES CARTES
(ANALYSE DE LUC MICHEL, AVRIL 2013)

Qui se cache derrière la Seleka et le nouveau président « élu » de Centrafique ?

Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Centrafrique le mois dernier en renversant le président François Bozizé, a reçu ce samedi « le vernis institutionnel qui lui manquait » en étant « élu président de la République » lors de la première session du Conseil national de transition (CNT), formé par toutes les composantes politiques du pays.

M. Djotodia, qui s’était autoproclamé président après la prise de Bangui le 24 mars par les rebelles du Séléka, était l’unique candidat. Il a été élu sous les applaudissements par acclamation, sans vote.

I / LA SELEKA « LEGITIMEE »

Selon une source diplomatique occidentale, l’élection était en effet un passage obligé pour « donner un peu de légitimité » à Michel Djotodia avec « un habillage institutionnel » alors que ses hommes contrôlent le pays et la capitale.

LE MYSTERIEUX MICHEL DJOTODIA

Formé en URSS, M. Djotodia a d’abord été fonctionnaire au Plan, puis consul de Centrafrique, avant d’échouer deux fois aux législatives. Il passe à la rébellion en 2005, connait l’exil puis rentre dans son pays où il fonde le Séléka (« alliance », en langue nationale sango) en juin 2012. Moins d’un an plus tard, ce maître en stratégie et communication est le nouveau président centrafricain.

Elu pour 18 mois, cet homme réservé, voire mystérieux né en 1949 sans qu’on sache à quelle date exactement, aura la charge de « conduire ce pays à l’histoire mouvementée vers des élections libres et démocratiques et une nouvelle constitution après les dix ans du régime Bozizé ».

« Je mesure à sa juste valeur la porté et l’importance de la charge que vous venez de me confier. Je ne ne ménagerai aucun effort pour assurer de manière concertée la transition qui vient de commencer », a-t-il déclaré dans son premier discours en tant que chef de l’Etat, se posant en rassembleur et soulignant qu’il s’agissait d’une « transition ».

« J’en appelle au bon sens et au patriotisme de tout un chacun afin que nous puissions relever les défis importants qui s’imposent à tous », a-t-il poursuivi.

Il a énuméré « la reconstruction de l’unité nationale, la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, la recherche de la paix sociale le redémarrage de notre économie » comme les tâches fixées au nouveau pouvoir.

LA PROFONDE CRISE CENTRAFICAINE

L’offensive rebelle lancée en décembre, accompagnée de pillages, de viols et de meurtres qui n’ont pas cessé, a déjà détruit une partie du tissu économique du pays qui figurait déjà parmi les plus pauvres de la planète.

La sécurisation de cette ancienne colonie française avec des hommes en armes partout paraît une gageure dans un pays de 5 millions d’habitants où l’administration en partie détruite n’a jamais vraiment réussi à étendre son pouvoir.

Il faudra aussi éviter tout dérapage sur le plan religieux. De nombreux chrétiens craignent désormais une domination de l’islam alors que les rebelles parvenus au pouvoir sont majoritairement issus du nord musulman. M. Djotodia est d’ailleurs le premier musulman à devenir président de ce pays à majorité chrétienne.

Par le passé, le nouveau dirigeant s’était engagé à respecter les accords signés en janvier à Libreville entre les composantes politiques de la Centrafrique et qui lui interdisent de révoquer le Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l’opposition au président Bozizé.

LE « CNT » CENTRAFICAIN ET LA LEGITIMISATION DE LA REBELLION

La mise en place du CNT – le nom rappelle et c’est voulu l’opération occidentale en Libye – était l’une des recommandations du sommet des chefs d’Etat d’Afrique centrale réunis à N’Djamena le 3 avril qui cherchaient à normaliser la situation après la victoire militaire de la rébellion.

Ce Conseil est composé à la fois de membres du Séléka, de l’ancienne opposition au président déchu, de partisans de l’ancien régime, ainsi que d’anciens rebelles et personnalités de la société civile.

Vendredi soir, la radio avait annoncé que le CNT était passé de 97 à 105 membres, apparemment pour satisfaire des demandes de la société civile et de certains partis politiques. Ce chiffre de 105 correspond au nombre de députés dans l’ancienne assemblée nationale, alors que le CNT est appelé non seulement à légiférer mais aussi à jouer un rôle d’assemblée constituante.

Les personnalités de la société civile composent l’essentiel du CNT qui compte également de nombreux anciens ministres et députés.

En répétant être attaché aux accords de Libreville et en acceptant les recommandations de N’Djamena, le président Djotodia, « désormais plus légitime » écrit sans rire l’AFP, devrait pouvoir convaincre de réintégrer son pays dans le concert international après qu’il eut été suspendu par l’Union africaine et eut vu les aides extérieures gelées.

II / QUI SE CACHE DERRIERE LA SELEKA ?
MAIS QUI SONT OFFICIELLEMENT LES REBELLES DE LA SELEKA, NOUVEAUX MAITRES DE BANGUI ?

Les rebelles de la Séléka – qui signifie « Alliance » en langue Sango, parlée en Centrafrique – ont pris, fin Mars 2013, le contrôle de Bangui, la capitale de République centrafricaine. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils pris les armes contre le pouvoir de François Bozizé ?

Éléments de réponse apporté par le service Afrique de France 24 : « La Séléka est une coalition de petits mouvements qui s’opposent à François Bozizé », le président renversé. « Quand il a pris le pouvoir par la force en 2003, des mouvements rebelles hostiles au pouvoir sont nés, notamment l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), puis trois ans plus tard, le mouvement rebelle Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Ils ont mené régulièrement des actions armées dans plusieurs régions du pays. En 2011, après la réelection de Bozizé à la tête de la Centrafrique, ces deux principaux groupes rebelles signent un accord de paix avec le gouvernement. Mais plusieurs factions dissidentes, issues des rangs de l’UDFR, du CPJP ainsi que de plusieurs autres petits groupes, se réunissent pour créer la Séléka, le 10 décembre dernier. Ils considèrent que les accords de paix conclus en 2011 n’ont pas été respectés par le clan Bozizé. »

La Séléka est dirigée par Michel Djotodia, « un ancien diplomate et fondateur de l’UFDR ». « Les porte-parole Djouma Narkoyo et Éric Massi sont également deux personnalités primordiales du mouvement. Éric Massi est le fils d’un ministre de François Bozizé qui a été tué après avoir fait défection ».

Entre décembre et janvier dernier, la rébellion est parvenue à contrôler les trois quarts du territoire centrafricain. « On peut se poser des questions sur l’importance du matériel dont ils disposent », réagit sur RFI Roland Marchal, chercheur au CNRS et spécialiste de la Centrafrique, pointant également du doigt « la bonne organisation militaire du groupe ». L’expert « suspecte le concours d’autres mouvements armés étrangers, notamment venus du Darfour et du Tchad ».

« La Séléka a pris les armes en décembre dernier et a alors entamé une « reconquête » du pays. De nouveaux accords de paix sont signés à Libreville, le 11 janvier 2013. Un gouvernement d’union nationale est formé, incluant plusieurs personnalités de la Séléka. Mais les rebelles ont de nouveau repris les armes, mercredi 20 mars ». « Les clauses essentielles de l’accord n’ont pas été respectées », estime Roland Marchal. Selon le chercheur, « le président centrafricain François Bozizé n’a pas mis en œuvre le partage des pouvoirs, ni la clause prévoyant l’intégration des insurgés dans l’armée ». Les promesses faites concernant la pacification n’ont pas non plus été tenues. « Sur ce point, les responsabilités sont beaucoup plus partagées », commente Roland Marchal.

ICI AUSSI DE « BONS ISLAMISTES » UTILES ?

Mais derrière ces forces centraficaines de la Seleka se cachent d’autres protagonistes.
« Rassemblement hétéroclite de différentes factions rebelles » selon l’APA,

Dans la galaxie Seleka, on trouve aussi l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) de Michel Djotodia qui guerroie contre Bozizé depuis 2006 dans le Nord Est. Djotodia, qui a été consul au Soudan et est musulman – son prénom de doit pas faire illusion -, « y a conservé de solides amitiés utiles à la Séléka aujourd’hui ».

On retrouve aussi dans cette galaxie « le fameux général Koumtamadji qui a été aux côtés de Kadhafi pendant ses derniers mois », a « rejoint en décembre, selon plusieurs sources, cette alliance. Koumtamadji, proche de Patassé, a pris les armes contre Bozizé depuis 2007 et s’est rapproché de lui grâce à la médiation libyenne pendant un temps ». Le général Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine est dans cette alliance sous la bannière de son mouvement le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC).

Comme les Touaregs du MNLA, instrumentalisés pour créer la crise malienne qui a permis l’intervention de l’OTAN avec la bénédiction de l’AFRICOM américain, eux aussi anciens protégés de la Jamahiriya libyenne, le FDPC a été récupéré par les Occidentaux et en particulier les Français de l’OTAN. C’était cela ou mourir et la politique a horreur du vide …

Le général Mahamat Moussa Dhaffane, « ancien Président de la Croix rouge centrafricaine, guerroie aussi dans l’alliance sous la bannière de son mouvement ; la Convention patriotique pour la sauvegarde du Kodro (CSPK), Kodro signifiant la patrie en langue centrafricaine. Ce mouvement est de création récente : juin 2012 ». « Le passé d’ancien étudiant en Arabie Saoudite du général Dhaffane est aujourd’hui exploité par le gouvernement de Bangui qui l’accuse de vouloir propager le wahhabisme », écrivait déjà Radio Cameroun avant la prise de Bangui.

« Mais la Seleka est-elle composée uniquement des Centrafricains ?, interrogeait encore Radio Cameroun, Rien n’est moins sûr ». Car il y a des miliciens tchadiens, de tendance islamiste, dans les rangs de la Seleka.

« Selon des sources sécuritaires tchadiennes, amplement reprises par le gouvernement centrafricain de Bozizé, de nombreux rebelles tchadiens issus des groupes du général Mahamat Nouri, du Colonel Ahmat Yacoub Kougou, de Timane Erdimi, d’Abdelwahid Aboud Mackaye, du Colonel Adouma Hassaballah guerroient dans les rangs centrafricains.

Différentes sources centrafricaines jointes par APA confirment la présence des Tchadiens dans les rangs rebelles ».

Enfin, il y a « la présence des Soudanais dans la rébellion centrafricaine », celle des milices islamistes Djandjawid, venues du Darfour voisin.

En janvier 2013, alors que s’amorçait l’offensive de la Seleka, Maurice Saramalé, de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (Ocdh), exprimait déjà ses doutes sur la présence islamiste au sein de la Seleka : « Depuis le 10 décembre dernier, une horde hétéroclite de mercenaires de tout poil, majoritairement pour ne pas dire exclusivement composée d’étrangers enturbannés, disciples de la charia, a attaqué la République Centrafricaine pour y instaurer un régime islamique (…) Ils se sont malheureusement laissés convaincre par les chants de sirène de ces adversaires du progrès du pays, devenant ainsi de simples instruments de cette volonté de marchandisation de la société centrafricaine. Cette soif du pouvoir est hélas une obsession de certains leaders centrafricains, depuis des années, que de tout faire pour mettre un terme de façon brutale à l’expérience démocratique du pays.

C’est à la foi inadmissible et incroyable, ce qui se passe sous nos yeux. En quelques jours, un État souverain, dirigé par un président de la République élu au suffrage universel, qui a donc, il faut le rappeler, la légitimité des urnes, devient ainsi la cible d’une bande de hors la loi qui bénéficient de la bienveillance et la complicité de certains pays dits de grande démocratie. »

DERRIERE LA SELEKA : LA FRANCAFRIQUE.
ET DERRIERE ELLE LES GENERAUX DE L’OTAN ET DE L’AFRICOM …

Une « marchandisation » qui concerne au premier chef les ressources géostratégiques du pays : pétrole et uranium, le « moteur et le catalyseur de cette guerre d’agression contre la République Centrafricaine » selon Maurice Saramalé.

On se rappellera alors trois choses :

* La première que le régime de Bozizé à commencé par être lâché par Paris. « La France ne défend que ses ressortissants et ses propres intérêts », lui avait rétorqué François Hollande fin décembre. « La coalition rebelle Séléka menaçait alors déjà son pouvoir, et Bozizé tentait de convaincre le gouvernement français d’intervenir pour le sauver. Or, à Paris, on a visiblement analysé que cela ne correspondait pas à son intérêt stratégique. »

* La seconde est le projet américain, celui des néocons de Bush réactivé par Obama, dit du « Grand Moyen Orient ». Au sens de plus en plus large et où l’Afrique est devenue l’arrière cour de ce « Grand Moyen Orient » remodelé et de sa cible géostratégique, le contrôle de l’Eurasie, clé d’un « XXIe siècle américain ». Dans ce projet la tactique est simple, toujours la même : allier dans un état faible ou fragmenté un pouvoir militaire et des forces islamistes, tous deux gagnés à l’économie libérale (la première caractéristique des Frères musulmans, par exemple, est leur hostilité absolue au Socialisme).
* La troisième est que la France formera la future armée centrafricaine, selon un accord avec la Séléka.

On comprend mieux alors le nom du pouvoir « de transition » installé au pouvoir en Centrafrique – et que Paris aurait pu balayer sans problème -, ce CNT inspiré du CNT libyen de Benghazi …

Luc MICHEL (avril 2013)

LIRE AUSSI :

* Luc MICHEL, GEOPOLITIQUE / L’INTERVENTION FRANCO-BELGE DECRYPTEE : TIRER LES MARRONS DU FEU MALIEN POUR WASHINGTON
http://www.elac-committees.org/2013/01/15/pcn-spo-geopolitique-l%e2%80%99intervention-franco-belge-decryptee-tirer-les-marrons-du-feu-malien-pour-washington/

* Article original sur :
http://www.eode.org/eode-think-tank-geopolitique-seleka-et-crise-en-centrafrique-le-dessous-des-cartes/

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CNT - 043 2020 lm scénario libyen 2013 (2)

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# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ SYRIE-TURQUIE-RUSSIE (II) : COMMENT ASSAD ORGANISE UN AXE DAMAS-TOBROUK CONTRE ERDOGAN EN LIBYE

RP LM.GEOPOL - Syrie libye rca II (2020 03 06) FR (2)

LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/
Luc MICHEL pour EODE/
Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 03 06/

Je viens d’analyser les liens entre les dossiers géopolitiques syrien et libyen, qui sont devenus étroits (1). La politique d’Erdogan est une fuite en avant opportuniste. Contenu en Syrie (2), le « nouveau sultan » (sic) a cru trouver en Libye un dérivatif et une « profondeur stratégique ». Mais à Tripoli, Erdogan s’est à nouveau retrouvé face à la Russie. Et voilà qu’à Tobrouk, il se retrouve aussi face à Bachar al Assad …

Le Parlement turc a en effet donné le 2 janvier dernier son aval à l’envoi de troupes et d’aides logistiques et militaires au gouvernement d’union nationale (basé à Tripoli), et depuis lors, la Turquie a également entraîné des éléments djihadistes armés dans le nord de la Syrie pour combattre en Libye. Tout ce beau monde se retrouve face aux forces de sécurité russe, sui combattent discrètement mais effectivement pour Haftar et le gouvernement de Tobrouk. Des sources libyennes (citées par Pars Today) ont fait état de l’augmentation à plus de 1.500 du nombre des spécialistes du Groupe russe Wagner (3) en Libye. Cependant, avec l’accord entre la Turquie et la Russie d’hier à Moscou, « la mission de ces forces devrait être la protection des puits de pétrole et des installations vitales plutôt que de combattre ». Faisant référence vendredi dernier au Groupe Wagner, Erdogan a déclaré qu’il est d’avis que Vladimir Poutine fera « des pas positifs » à cet effet. À son retour de Moscou, il a également déclaré aux journalistes que la Turquie avait reçu de la part de la Russie de « bonnes nouvelles » concernant les troupes de Wagner en Libye. Erdogan a simplement affirmé: « Nous espérons que ces choses seront concrétisées; de tout de façon, nos actions et celles du gouvernement d’union nationale se poursuivront en Libye. » …

IDLIB-TRIPOLI: BACHAR AL ASSAD MAITRE DU JEU

Mais voilà qu’un nouvel acteur apparaît sur le front libyen ! Il s’agit de Bachar al Assad lui-même, qui entend lier les batailles pour Idlib et Tripoli …

La Turquie avait convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur Idlib, réunion qui a eu lieu ce 28 février pour demander à la Russie et à la Turquie de rétablir un nouveau cessez-le-feu dans la province syrienne. L’objectif d’Ankara était d’imputer la responsabilité de la mort des soldats turcs à Damas sans trop provoquer une vive réaction de Moscou. De son côté, dans son ultimatumà Ankara, la Force Qods du CGRI a très clairement mis en garde le « Sultan » de « revenir sur terre et de ne pas mettre à l’épreuve les puissances balistiques iraniennes ». Ce Dimanche 1er mars, dans la soirée, le ministère russe de la Défense a emboîté le pas au CGRI. Il a déclaré qu’après « l’annonce de la fermeture de l’espace aérien d’Idlib par le gouvernement syrien », Moscou « ne pourrait plus garantir la sécurité des avions turcs dans le ciel du nord de la Syrie ».

De plus, la Libye – celle de Tobrouk – et la Syrie ont signé un accord prévoyant l’inauguration de représentations diplomatiques dans les deux pays. Une délégation envoyée par le gouvernement libyen de l’Est s’est entretenu avec le ministre syrien des Affaires étrangères, ce dimanche 1er mars. Les parties libyennes et syriennes se sont également penchées sur une « coopération continue destinée à déjouer les pressions qui pèsent sur les deux pays », dont et surtout « la violation flagrante de la souveraineté de la Libye et de la Syrie par la Turquie ».

FACE A LA VIOLATION FLAGRANTE DE LA SOUVERAINETE DE LA LIBYE ET DE LA SYRIE PAR LA TURQUIE, DAMAS COOPERE AVEC TOBROUK ET HAFTAR

La Libye et la Syrie ont signé un accord prévoyant l’inauguration de représentations diplomatiques dans les deux pays. Une délégation envoyée par le gouvernement libyen de l’Est, s’est entretenue avec le ministre syrien des Affaires étrangères, ce dimanche 1er mars.
Abdel Rahmane al-Ahirach, vice-président du Parlement de Tobrouk et Abdel Hadi al-Hawij, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale auprès du gouvernement libyen de l’Est, ont discuté avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, des relations bilatérales et des voies censées y donner un coup.

Les parties libyenne et syrienne se sont également penchées sur « une coopération continue destinée à déjouer les pressions qui pèsent sur les deux pays » dont et surtout « la violation flagrante de la souveraineté de la Libye et de la Syrie par la Turquie ». « Damas prête une attention toute particulière à ses relations avec la Libye. Les défis auxquels sont confrontées la Syrie et la Libye prouvent que les relations syro-libyennes devront être au beau fixe pour que les deux pays puissent combattre la convoitise des étrangers », a déclaré Walid Mouallem, faisant allusion à l’agression turque visant la souveraineté et la sécurité des deux pays.

Le ministre syrien des Affaires étrangères a ensuite détaillé « les victoires de l’armée syrienne face aux terroristes, soutenus par la Turquie, » ajoutant que Damas « ne s’essoufflera pas jusqu’au rétablissement entier de la paix et de la sécurité dans les quatre coins de la Syrie ».

De son côté, la délégation libyenne a déclaré que « les Libyens saluaient l’armée syrienne pour ses victoires successives sur les groupes terroristes, soutenus par la Turquie ». Critiquant « la convoitise d’Ankara, l’envoi d’un millier de mercenaires en Libye et les tentatives du gouvernement turc destinées à nuire à l’unité et à la souveraineté libyennes », cette délégation a souligné aussi que le peuple libyen réclamait une lutte acharnée contre les ingérences étrangères.

Lors de cette rencontre, un accord a été signé entre les ministres syrien et libyen des Affaires étrangères pour l’inauguration des représentations diplomatiques et consulaires dans les deux pays. Les deux parties se sont promis mutuellement « une bonne coordination auprès des milieux internationaux et régionaux face aux ingérences et à l’agression de la Turquie ».

Le Parlement du gouvernement de l’Est, soutenu par le maréchal Haftar, est reconnu par la Russie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte. En revanche, la Turquie soutient le gouvernement d’entente nationale dont le siège est à Tripoli.

NOTES ET RENVOIS :

(1) Cfr. « PARTIE II- LA LIBYE N’EST PAS UNE SECONDE SYRIE ! »
in LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ ‘VLADIMIR POUTINE MESSIE DE LA PAIX’ : SYRIE – CENTRAFRIQUE – LIBYE, LA RUSSIE GARANTE DE L’INTEGRITE DES FRONTIERES DES ETATS (NHM MAGAZINE)
sur http://www.lucmichel.net/2020/03/04/luc-michels-geopolitical-daily-revue-de-presse-vladimir-poutine-messie-de-la-paix-syrie-centrafrique-libye-la-russie-garante-de-lintegr/

(2) Cfr. LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ 
SYRIE-TURQUIE-RUSSIE : COMMENT UN POUTINE MAITRE DU GRAND JEU SYRIEN SAUVE LA FACE D’UN ERDOGAN DECONFIT !?
sur http://www.lucmichel.net/2020/03/05/luc-michels-geopolitical-daily-syrie-turquie-russie-comment-un-poutine-maitre-du-grand-jeu-syrien-sauve-la-face-dun-erdogan-deconfit/

(3) Voir LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ 
GEOPOLITIQUE AFRICAINE: LES GROUPES DE SECURITE PARAMILITAIRES RUSSES POISSON-PILOTES DE MOSCOU EN AFRIQUE (LA ‘RUSSIE SUR LES CHAMPS DE BATAILLE DE LA GUERRE FROIDE’ II)
sur http://www.lucmichel.net/2018/06/22/luc-michels-geopolitical-daily-geopolitique-africaine-les-groupes-de-securite-paramilitaires-russes-poisson-pilotes-de-moscou-en-afrique-la-russie-sur-les-champs-de-bataille-de-l/

(Sources : Interfax – SANA – EODE Think Tank)

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Complément pour le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
2020 03 04/

Mes analyses géopolitiques quotidiennes sont de plus en plus reprise sur des sites alternatifs, certains sur une base régulières : SITA à Beyrouth, PALESTINE-SOLIDARITE à Paris, GENERAL RUSSO en Italie, ou encore nos confrères de ‘NOUVEAUX HORIZONS MAGAZINE’ au Cameroun. Précisément NOUVEAUX HORIZONS MAGAZINE, un hebdo imprimé à l’ancienne vient de publier à DOUALA ce 4 mars 2020, sous le titre « VLADIMIR POUTINE MESSIE DE LA PAIX », ma grande analyse géopolitique sur «la connexité géopolitique des fronts syrien, libyen et centrafricain pour la Russie» …

# LUC MICHEL/
SYRIE – CENTRAFRIQUE – LIBYE : LA RUSSIE GARANTE DE L’INTEGRITE DES FRONTIERES DES ETATS
(NHM MAGAZINE, 04 03 2020)

Texte complet :

« Il ne faut pas oublier que toutes les zones de désescalades, créées en Syrie sont constituées pour une période temporaire et cela ne doit en aucun cas porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie ou arrêter la lutte contre les terroristes connus des Nations Unies »
- Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

« L’Iran et la Syrie sont deux importants partenaires au sein de l’axe de la Résistance. Larijani est venu à Damas sur un fond d’ingérences directes et d’agressions criminelles d’Erdogan contre le territoire syrien et est un signe de solidarité de la part de l’Iran, à l’adresse du peuple et des responsables syriens (…) l’Iran et la Russie ont fait comprendre à Erdogan qu’ils observaient son mauvais comportement ; la riposte à Erdogan sera proche »
- Béchir Charbatchi, chef du groupe d’amitié interparlementaire syro-iranien.

« Le rôle des Russes en Centrafrique pose problème. Leurs activités cadrent mal avec le processus de paix. Ils ont leurs propres priorités, qui manquent parfois de transparence »
- Tibor Nagy (En octobre 2018 sur RFI).

La russie est engagée sur trois fronts principaux, où elle a engagé sa réputation et ses propres intérêts nationaux : la Syrie, la Centrafrique et la Libye. Sur deux de ces fronts, la Syrie et la Libye elle affronte la Turquie islamo-conservatrice, « néo-ottomane », d’Erdogan. Mais aussi en Syrie Paris (soutien traditionnel des sécessionnistes kurdes du « Rojava ») et Washington (sur les champs pétroliers de l’Euphrate) . En Centrafrique, elle affronte la France sur son pré carré francafricain, mais aussi les intérêts des USA, comme vient de le rappeler la visite du Deputy State-Secretary US Tibor Nagy à Bangui. Dans tous les cas, outre la participation russe dans des guerres locales par procuration avec des membres de l’OTAN, Moscou combat principalement la géostratégie de la Tension conçue par les américains dans la Somalie des Années 1990-2010.

Dans ces trois terrains de confrontation, Washington entend organiser le chaos (1) et balkaniser des Etats faillis, comme la Libye (2) ou la Centrafrique, ou fracturé comme la Syrie. La réponse de Poutine étant au contraire la reconstruction de ces Etats, sur la base de l’intégrité de leurs frontières et de leur souveraineté sur la totalité de leur territoires nationaux.

# PARTIE I-
MOSCOU SUR LE FRONT DE SYRIE

Front central pour Moscou, la Syrie est la concrétisation du rétablissement de la puissance russe, amorcé avec le retour de la Crimée à la Rodina (3). C’est de Syrie que les russes sont passés en Afrique, via le Soudan et la Libye, avant d’aller défier Paris à Bangui, au cœur de son « pré carré français » (4) …

MOSCOU MISE SUR LA SOUVERAINETE ET L’INTEGRITE DE LA SYRIE BA’ATHISTE EN OPPOSITION DIRECTE AUX PROJETS ANTI-DAMASCITES TURCS ET AMERICAINS DE DEMEMBREMENT

Les Années de guerre, une guerre importée en Syrie sous prétexte de « Printemps arabe » (sic) en 2011, visaient à fragmenter et à démembrer la Syrie ba’athiste. En 2019, il ne reste que deux projets en action : celui d’Ankara qui vise à occuper durablement la province d’Idlib, avec des visées sur Alep et Hom, et la frontière syro-turque (cointre lle soi-disant « Rojava ») Et l’occupation américaine, avec des Kurdes, sur l’Euphrate, où américains et turcs volent le pétrole et le gaz syrien !

Tout le soi-disant « rapprochement » russo-turc, les accords de Sotchi et d’Astana (aussi avec Téhéran, allié géopolitique étroit de Moscou dans ce nouveau « Grand Jeu ») n’a été qu »un long jeu des dupes. A la duplicité levantine du sultan néo-ottoman Erdogan (cheval de Troie des USA et de l’OTAN) (5) s’opposait les froids calculs stratégiques de Poutine et Lavrov. A ce Grand Jeu levantin, à malin et malin et demi, Erdogan a perdu (6) !

En ce début 2020, Moscou appelle au respect de la souveraineté nationale en Syrie, mais aussi en Irak et en Libye, et met en garde Ankara contre toute attaque visant les positions de l’armée syrienne. Lors d’un point de presse conjoint avec son homologue jordanien Ayman Safadi, tenu ce mercredi 19 février, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré « qu’il fallait respecter la souveraineté de la Syrie, de l’Irak et de la Libye ». Exit les rêves néo-ottomans ! Concernant les récentes opérations de l’armée syrienne dans la province d’Idlib, Sergueï Lavrov a souligné que « Moscou prônait l’éradication du terrorisme en Syrie ». Le haut diplomate russe a remercié la Jordanie d’avoir joué un rôle constructif en tant qu’observateur du processus des négociations d’Astana sur la Syrie. « Moscou soutient le projet de la Jordanie pour la reconstruction du Sud syrien », a-t-il ajouté.

A Idlib, Erdogan a perdu ! « Le retour de la ville d’Alep dans le giron du gouvernement syrien est l’événement le plus important des derniers mois et il peut contribuer très fortement à la reconstruction de la Syrie et à son développement politico-économique ». Plus loin dans ses propos, le ministre russe des Affaires étrangères a mis en garde la Turquie contre toute offensive visant les positions de l’armée syrienne : « Moscou soutient les opérations militaires de l’armée syrienne contre les terroristes à Idlib ».

Il a ensuite reconnu l’échec des négociations entre Moscou et Ankara sur les évolutions à Idlib : « Aucun accord n’a été conclu entre la Turquie et la Russie à propos de la situation à Idlib ». Sergueï Lavrov a demandé à Ankara d’honorer les accords auparavant signés entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan au sujet de la Syrie. Le chef de la diplomatie russe a également critiqué les positions de la Turquie vis-à-vis de la Syrie et le fait qu’Ankara ne fait pas une distinction entre les terroristes et les opposants.

Sur le terrain, une bonne nouvelle a été annoncée ce mercredi 19 février par la chaîne de télévision al-Manar : après huit années de fermeture, sur fond d’agissements et de menaces des groupes terroristes, un premier avion de ligne s’est atterri sur la piste de l’aéroport international d’Alep, en provenance de Damas. La reprise des activités de cet aéroport a donné lieu à des fêtes qui ont été tenues çà et là à travers la ville d’Alep dont les habitants n’ont pas hésité à exprimer leur liesse. Suite à cet événement, le ministre syrien du Transport a promis la reprise des vols reliant l’aéroport international d’Alep à celui du Caire et d’autres capitales de pays arabes.

ERDOGAN S’ATTIRE LES FOUDRES DE MOSCOU

Nouvelle passe d’armes immédiate dans le conflit en Syrie. Recep Tayyip Erdogan vient de s’attirer les foudres de Moscou après avoir menacé de s’en prendre aux intérêts de Bachar al-Assad à Idleb. Le président turc est mis en garde par la Russie, allié étroite du gouvernement de Damas. Cet échange musclé intervient alors que la situation humanitaire a atteint un point critique dans cette région, dernier bastion rebelle et djihadiste en Syrie. Alors que l’armée syrienne poursuit ses opérations pour libérer toute la province d’Idlib du joug des positions des terroristes, les chasseurs russes sont en combat contre l’armée turque, grand supporter des terroristes opérant dans la région.

« Les chasseurs russes Su-24 ont attaqué les chars et les blindés turcs à Idlib et Alep détruisant plusieurs véhicules de transport de troupes et au moins trois chars d’assaut. Les bombardiers russes notamment les Su-24 ont jusqu’à présent détruit une trentaine de chars, une cinquantaine de véhicules blindés et une vingtaine de systèmes MLRS turcs », selon des sources russes. Selon une autre information, « les bombardiers russes ont pris pour cible les positions des militaires turcs dans la base d’al-Mastumah au sud d’Idlib ».

ERDOGAN A DÉJÀ SUBI D’ÉNORMES PERTES EN SYRIE

En dépit des déclarations tonitruantes d’Erdogan prononcées mercredi dernier à l’adresse de l’armée syrienne et de ses alliés, à savoir l’Iran et la Russie, « les troupes syriennes ont réussi jusqu’à ce jour à anéantir toutes les équipées terroristes pro-Ankara rencontrées sur leur route », commente des sources iraniennes. Selon les dernières données, « l’artillerie syrienne a détruit au moins six chars turcs M60, 12 véhicules blindés de transport de troupes et 3 installations du Système de fusée à lancement multiple (MLRS) que les troupes turques et les terroristes pro-turcs avaient tenté d’utiliser contre l’armée syrienne ». Depuis le début de l’invasion turque, des rapports non-officiels font part « de la mort de 32 soldats turcs ».
Les experts affirment que « l’armée syrienne a pleinement le droit de frapper les Turcs et leurs mercenaires, d’autant plus que les premiers sont illégalement entrés sur le territoire syrien et que les seconds y sèment la terreur ». Par ailleurs, « la Russie aurait autorisé la Syrie à abattre des avions turcs sans avertir le système de défense antiaérienne S-300 », affirme Pars Today (Iran).

EN SYRIE, LA SOLUTION NB’EST PAS POLITIQUE MAIS MILITAIRE (CONTRAIREMENT A CE QUE REPETENT AD NAUSEAM LES MEDIAS OCCIDENTAUX)

« Assad ne plaît pas à la Turquie et il est clair que celle-ci ne quittera pas Idlib et qu’elle continuera au contraire de parrainer des terroristes. L’intervention de la Russie a quand même compliqué la donne sur les cartes, mais pas autant que celle des États-Unis et de la Turquie qui semblent projeter de restaurer les frontières (de l’empire d’Ottoman), celles d’avant le traité de Lausanne de 1923 qui a fait perdre à la Turquie de vastes territoires’. Je partage cet avis d’un expert russe. « Si Erdogan passe des paroles aux actes, c’est-à-dire s’il concrétise ses menaces, il devra alors en répondre. L’armée syrienne, avec le soutien des forces aérospatiales russes, a parfaitement le droit de frapper les envahisseurs turcs sur son territoire. Et dans cet affrontement direct, si cela se produit, Erdogan perdra », a déclaré dans une interview à la publication Military Review, le président de l’organisation « Officiers de Russie », le général de division Sergey Lipovoy.

Les experts russes disent avec raison que « la Turquie joue pour le moment la retenue avec Moscou car une guerre ouverte contre l’armée syrienne forcera la Russie à se rallier à Assad et la Turquie perdra alors des milliers de ses soldats aux premiers jours de la guerre ».

MOSCOU MET EN GARDE CONTRE LES PROPOS PROVOCATEURS DES RESPONSABLES TURCS

Aux nostalgies néo-ottomanes de l’AKP d’Erdogan s’ajoutent désormais les provocations pan-touraniennes de son allié parlementaire, le MHP d’extrême-droite (les « Loups gris ») !

Le ministère russe des Affaires étrangères a estimé inacceptable l’utilisation abusive par la Turquie des événements qui se produisent à Idlib, appelant les autorités turques à éviter les déclarations provocatrices. Le secrétaire général du « Parti d’action nationaliste » (MHP), Devlet Bahçeli, a accusé Moscou d’avoir « tué et blessé » des militaires turcs lors de l’offensive de l’armée syrienne à Idlib. En réponse, le gouvernement russe a conseillé aux responsables turcs d’éviter les déclarations provocatrices. Jeudi, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué, publié sur le site de la chaîne RT: « Nous croyons que l’abus d’incidents tragiques visant à obtenir des privilèges politiques [en Turquie] est inacceptable. » Le ministère russe des Affaires étrangères a par ailleurs appelé les députés et les responsables turcs à éviter fortement de telles « déclarations provocatrices qui n’aident en rien les négociations constructives entre les deux pays sur le dossier syrien ».

ASTANA ET SOTCHI N’ONT PAS CREE UN TITRE D’OCCUPATION :
MOSCOU RAPPELLE QUE « LES ZONES DE DÉSESCALADES CRÉÉES EN SYRIE SONT CONSTITUÉES POUR UNE PÉRIODE TEMPORAIRE »

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a à son égard précisé qu’« Il ne faut pas oublier que toutes les zones de désescalades, créées en Syrie sont constituées pour une période temporaire et cela ne doit en aucun cas porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie ou arrêter la lutte contre les terroristes connus des Nations Unies. » « La priorité absolue de la Russie est de diminuer le niveau de violence sur le terrain et d’essayer de trouver une solution globale pour mettre fin au problème d’Idlib », a souligné Zakharova.

Mercredi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé l’Iran et la Russie de soutenir l’armée syrienne dans ce qu’il a qualifié d’offensive contre les civils à Idlib et il a pour cela menacé Damas et ses alliés. Auparavant, le ministère russe de la Défense avait dénoncé aussi Ankara pour son désengagement envers l’accord de Sotchi en considérant le gouvernement turc comme étant responsable de la crise actuelle dans cette province syrienne.

Tout laisse croire que la libération complète d’Idlib et l’exercice de la souveraineté syrienne sur toutes les régions du pays constituent les principaux objectifs de Damas, et que c’est aussi l’avis de Téhéran et Moscou.

Un commentaire de Pars Today est sans nuance à ce sujet :
« La Turquie, l’autre partie impliquée dans le processus d’Astana, ne partage pourtant pas cette vision. Ankara peine à accepter que Damas a tous les droits de réinstaurer sa souveraineté sur Idlib et de reprendre complètement cette région aux terroristes extrémistes. Sous prétexte que les opérations de l’armée syrienne à Idlib pourraient mettre en péril la vie des civils, la Turquie agit de sorte que la question d’Idlib reste irrésolue, non sans exacerber les tensions avec les gouvernements russe et syrien. Or, tout le monde sait que le souci d’Ankara consiste à protéger un grand nombre d’insurgés syriens hors du cadre de Hayat Tahrir al-Cham qui, d’après les considérations politico-sécuritaires du président turc Recep Tayyip Erdogan, doivent être acceptés en tant qu’« insurgés non-terroristes » au processus politique en Syrie ». Rappelons que le Hayat Tahrir al-Cham s’appelait jadis al-Qaida en Syrie !

MAIS À QUOI RESSEMBLE LE POSITIONNEMENT DE TÉHÉRAN ENVERS LA QUESTION D’IDLIB (1) ?

Téhéran est la troisième partenaire de Sotchi et d’Astana. Mais aussi l’alliée de Damas dans l’Axe de la Résistance. Et encore la partenaire étroite géopolitique de Moscou …

Le site d’information et d’analyse politique ‘Mashregh News’ estime que trois récentes évolutions le montrent de la meilleure manière. Dès que le processus de libération d’Idlib a révélé ses complexités, le Conseil de sécurité de l’ONU a consacré une réunion à ce sujet. Le représentant permanent de l’Iran aux Nations unies, Majid Takht-Ravantchi, a prononcé un discours que l’on pourrait résumer en cinq axes :

1. En tant que l’un des pays garants du processus d’Astana, l’Iran est prêt à mobiliser tous ses moyens pour aider au règlement des différends actuels entre Damas et Ankara au sujet d’Idlib.
2. La situation reste névralgique et il va falloir veiller à ce que la gestion de la crise ne nous échappe. La lutte contre les terroristes doit se poursuivre et en même temps, la vie des civils doit être protégée plus qu’avant.
3. Takht-Ravantchi a demandé que l’accord de Sotchi reste en vigueur au sujet d’Idlib, d’autant plus que les réunions d’Astana ont évoqué l’importance de cet accord.
4. Il faut s’assurer que la crise à Idlib sera réglée par les voies politiques et en même temps, il ne faut pas permettre que les terroristes en abusent pour renforcer leur poids et faire d’Idlib un refuge sûr.
5. Il ne faut pas permettre que davantage de civils soient visés ou pris en otage ; il faut veiller à ce que personne ne confonde la protection de la vie des civils avec celle des terroristes.

La partie la plus importante des déclarations du représentant iranien aux Nations unies était un alinéa à l’adresse du gouvernement turc :
« Ankara doit œuvrer de façon à ne pas éveiller des accusations portant sur la protection de la vie des terroristes. »

Simultanément à la conférence de presse du président Rohani sur les questions régionales surtout le dossier syrien, le président du Parlement iranien, Ali Larijani et la délégation l’accompagnant négociaient dimanche avec le président syrien Bachar al-Assad à Damas. Le calendrier établi pour cette visite et sa simultanéité avec l’avancement de l’armée syrienne à Idlib transmettent un message fort de la part de la RII, en signe d’appui à Damas et évoquent la nécessité pour le gouvernement syrien d’exercer sa souveraineté sur le Nord-Ouest et d’en expulser tous les terroristes. Lors de la rencontre avec le président du Parlement iranien Ali Larijani, le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que « les ennemis du peuple syrien continuaient toujours de soutenir les terroristes qui utilisent les civils comme bouclier humain ». « Le peuple syrien est déterminé à nettoyer tout le territoire du pays de la présence des terroristes », a-t-il ajouté.

De même, le chef du groupe d’amitié interparlementaire syro-iranien, Béchir Charbatchi, a déclaré à Al-Ahed que la visite de M. Larijani à Damas s’était effectuée dans la foulée des relations normales et fraternelles des deux pays. « L’Iran et la Syrie sont deux importants partenaires au sein de l’axe de la Résistance. Larijani est venu à Damas sur un fond d’ingérences directes et d’agressions criminelles d’Erdogan contre le territoire syrien et est un signe de solidarité de la part de l’Iran, à l’adresse du peuple et des responsables syriens. » D’après le parlementaire syrien, « l’Iran et la Russie ont fait comprendre à Erdogan qu’ils observaient son mauvais comportement ; la riposte à Erdogan sera proche ».

MAIS À QUOI RESSEMBLE LE POSITIONNEMENT DE TÉHÉRAN ENVERS LA QUESTION D’IDLIB (2) (ROHANI) ?

Une journaliste de l’agence de presse turque Anadolu a questionné dimanche le président Rohani sur la situation à Idlib. « Le processus de négociations de Sotchi va-t-il se poursuivre et si oui, pourrait-on s’attendre à un résultat tangible ? Et dans les circonstances actuelles sur le terrain en Syrie, l’Iran a-t-il une nouvelle initiative pour aider au règlement de la crise en Syrie ? »

À ces questions, M.Rohani a répondu en ces termes :
« Premièrement, le processus de Sotchi est un processus hyper-important du point de vue politique.
Deuxièmement, nous ne devons pas abandonner le processus et l’accord de Sotchi et je souhaite vraiment que la Turquie, aussi, respecte les accords que nous avions conclus auparavant ensemble.
Troisièmement, Idlib est une province de la Syrie ; nous devons combattre les terroristes partout et aussi dans cette province. Le fait que la Turquie prétend qu’à cause de la bataille d’Idlib, beaucoup de gens pourraient quitter la Syrie pour venir en Turquie et y demander asile n’est pas un bon argument [pour arrêter les opérations anti-terroristes à Idlib. Autrement dit, ce n’est pas logique de s’attendre à ce qu’un pays quelconque renonce à son territoire, à sa souveraineté et sa légitime lutte [contre le terrorisme], sous prétexte que le nombre de demandeurs d’asile pourrait augmenter pendant que la lutte contre les terroristes continue. Une fois que la sécurité sera rétablie, tous ces individus rentreront [dans leur pays]. »

Ce n’est pas anodin que le président Rohani, en réponse à la question d’Anadolu, a utilisé le terme « demandeur d’asile » et pas « réfugié ». Bref, les propos clairs de M. Rohani montrent bel et bien que la position de l’Iran envers Idlib est différente de celle de la Turquie et qu’une parfaite entente existe entre Téhéran, Damas et Moscou, au sujet de la façon dont il faudra agir à Idlib.

# PARTIE II-
LA LIBYE N’EST PAS UNE SECONDE SYRIE !

La Libye n’est pas « une seconde Syrie ». 
Premièrement en Libye, la Jamahiriya de Kadhadi a été totalement détruite (7). En Syrie l’Etat ba’athiste s’est maintenu.
Secondement, et c’est à mon sens une erreur d’appréciation russe, Haftar n’est pas un second Assad. Il n’a pas derrière lui le Parti Ba’ath Arabe Socialiste, colonne vertébrale de la Syrie depuis 1963 (le MCR est disparu corps et biens lorrs des putschs de Tripoli et Bengazi des 15-22 février 2011). Et la milice privée de Haftar, dite « Armée Nationale Libyenne, un beau coup de com, n’est pas l’Armée Arabe Syrienne, formée idéologiquement par le Ba’ath …

ET TROISIEMEMENT SI EN SYRIE LA SOLUTION EST MILITAIRE ET PAS POLITIQUE, EN LIBYE LA SOLUTION EST AFRICAINE ET POLITIQUE …

Dans une autre partie de ses propos, tenus ce mercredi 19 février, Sergueï Lavrov s’est attardé sur les évolutions en Libye, disant que « l’absence de toute intervention étrangère dans ce pays favoriserait la réalisation d’une solution à la crise » : « En Libye, la stabilité ne sera rétablie que par le biais d’un dialogue global inter-libyen », a déclaré M. Lavrov et de souligner : « Les parties de poids libyennes devront inviter les groupes en conflit à s’asseoir à la table du dialogue, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Certains responsables et médias turcs, arabes et occidentaux, accusent Moscou de soutenir le « maréchal Haftar », commandant en chef des forces dites « l’armée nationale libyenne », accusation toujours réfutée par le Kremlin.

La Libye est confrontée à un rude conflit armé depuis que son Guide de longue date (1969), Mouammar Kadhafi, a été renversé par un coup d’état transformé en guerre civile, et tué en 2011. Certaines portions de la partie orientale du pays est désormais gouvernée par les autorités de Tobrouk et l’ANL alliée, tandis que le GNA, reconnu par la communauté internationale, opère autour de Tripoli. Des zones ont fait sécessions, avec notamment les tribus armées toubous, berbères et du Sud libyen des Cités-Armées, comme Zintan et Misratta ont émergé en 2011 Enfin, les djihadistes rivaux de al-Qaida (Aqmi) et Daech (Etat islamisque au Grand Sahara) sont présents. C’est le chaos libyen ! La situation s’est encore aggravée entre avril 2019 et ces dernières semaines, Haftar ayant ordonné à ses troupes d’avancer à Tripoli, capitale contrôlée par le GNA. Les analystes sont d’avis que les affrontements risquent de s’intensifier sur le terrain et que l’Europe a renoncé de résoudre la crise en Libye.

« Le conflit armé en Libye a éclaté en 2011 après le renversement de Mouammar Kadhafi avant de s’intensifier en 2019 avec l’intervention turque », a écrit le quotidien al-Quds al-Arabi.

HAFTAR MENACE LA TURQUIE EN ÉVOQUANT LE RISQUE DE L’INTERNATIONALISATION DU CONFLIT LIBYEN

La Turquie a débarqué des troupes en Libye, des conseillers militaires et des milices djihadistes, transportées depuis la Turquie et Iddlib en Syrie. « Seize militaires de l’armée turque ont été tués jusqu’ici par les forces armées libyennes », a déclaré un haut commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL). Haftar menace la Turquie en évoquant le risque de l’internationalisation du conflit libyen. Cité par l’édition arabophone de Russia Today, Khaled al-Mahjoub, dirigeant de l’ANL a menacé le président turc, Recep Tayyip Erdogan, « de tuer un nombre plus élevé de ses militaires ». Samedi 22 février, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie combattait l’ANL, en Libye. Il a reconnu qu’un « certain nombre de soldats turcs avaient été tués » dans ce pays.

LES ETAPES DE LA SOMALISATION DE LA LIBYE 2003-2020

Quelle sont les différentes phases de la guerre en Libye ?

De la préparation de l’agression (2003-Février 2011) au coup d’Etat pro occidental de Benghazi (Février-Mars 2011) ;
De la transformation de l’agression en guerre civile (via le soi-disant CNT) et étrangère (Mars à novembre 2011) ;
De la destruction de l’Etat jamahirien au gouvernement fantoche pro-américain (novembre 2011 à 2014) ;
De l’envoi des djihadistes libyens (proches d’Al Qaida) en Syrie (pour former l’Armée Syrienne Libre fantoche) par les USA et la Turquie (novembre-décembre 2011) ;
De l’échec des pro-américain (Al Megarief – Zintan – Haftar) à la prise du pouvoir à Tripoli par les islamistes (2014-2015),
Deux gouvernement rivaux et des parlements à Tripoli et Tobrouk (2014-2015) ;
Coup d’état de Haftar qui crée son Armée nationale libyenne et privatisant la nouvelle Armée libyenne (créée en 2012 par les USA et l’OTAN) avec l’aide des USA (février à mai 2015);
Somalisation de la Libye post-kadhafi livrée an chaos (2015-2018) ;
Arrivée des Russes en Libye derrière Haftar (2017) ;
Guerre par procuration entre puissances, Turquie-Qatar-Italie (avec Tripoli) vs Egypte-Emiratis-France-Russie avec Haftar (2018-2019) ;
Retour des djihadistes ramenés par Ankara en Libye (décembre 2019) ;
Bataille pour Tripoli et guerre des drônes entre Emiratis vs Turcs (avril à décembre 2019) ;
Vers l’internationalisation de la guerre (décembre 2019) …

ANKARA ENVOIE DES DJIHADISTES EN LIBYE

Le Parlement turc a voté le 2 janvier 2020 un projet de loi sur l’envoi de troupes en Libye en soutien au Gouvernement libyen d’union nationale (GNA), de Fayez al-Sarraj, basé à Tripoli. Le GNA a menacé d’attaquer les forces de l’Armée nationale libyenne (ANL) du général Haftar. Ankara s’est engagée officiellement dans la guerre en Libye bien qu’elle y est déjà impliquée en livrant des armes et des drones au GNA de Sarraj. Ankara, envoyant des troupes en Libye, déclare de facto en effet la guerre à la Russie, à l’Égypte et aux Émirats arabes unis, qui soutiennent les forces de Haftar.

Selon certains experts, « après sa première défaite dans son attaque en avril 2019 contre Tripoli, où est basé le Gouvernement d’union nationale de Sarraj, le général Haftar peut actuellement réaliser des avancées grâce à des centaines de mercenaires russes ». La Russie a certes à maintes reprises affirmé qu’elle n’avait déployé aucune force en Libye, mais l’émissaire onusien pour la Libye, Ghassan Salamé, a de son côté fait part plusieurs fois de ses inquiétudes quant à une internationalisation de cette guerre en référence à la présence des forces russes.

MOSCOU FACE A ANKARA EN LIBYE

« Une guerre similaire à celle de la Syrie pourrait éclater », a averti Ghassan Salamé lors d’une interview accordée à l’AFP. « Les informations diffusées sur les réseaux sociaux montrent que des milices alliées à la Turquie sont entrées à Tripoli », affirment les analystes bien que le GNA le dénie aussi. « Nous assistons à un spectacle compliqué et très contradictoire, similaire à ce qui s’est passé en Syrie, qui se joue entre la Turquie et la Russie, qui ne sont pas unis par des liens amicaux et qui ne sont pas non plus alliés l’un de l’autre, mais leurs intérêts peuvent se chevaucher » a déclaré Jalel Harchaoui, chercheur à Clingendael, un think tank basé aux Pays-Bas. Ce sont des thèses discutables, qui ne tiennent pas compte de l’évolution militaire à Iddlib en Syrie !

« Il n’y a jamais eu (Ndla : jusqu’à ces derniers jours !) de confrontation directe entre la Turquie et la Russie sur le sol syrien auparavant, il n’y aura donc pas de confrontation intentionnelle et intense entre elles sur le sol libyen. Avec la présence des acteurs étrangers opposés (Russie et Turquie) en Libye, il y aura peut-être des déchirements parmi les habitants, ce qui n’est pas du tout bon », a déploré al-Harchaoui. « L’intervention de la Russie et de la Turquie qui sont dans des camps opposés entraînera l’échec des Européens, et en particulier de la France, dans une guerre qui conduira à l’émergence du terrorisme et à l’afflux d’immigrants. « Il n’y aura pas de leadership occidental en Libye. La Russie et la Turquie signeront un nouvel accord de Yalta en Libye », a-t-il estimé un peu vite.

LES EUROPEENS EN ECHEC, AVEC DES AGENDAS CONCURRENTS

Depuis l’élection de Macron en 2017, la France a tenté d’apporter sa médiation et a ouvert des canaux de négociations avec Haftar (un problème qui a mis en colère l’Italie). Ces derniers mois, la France est devenue réticente et beaucoup disent que Paris soutient en effet ce général libyen, mais les autorités françaises le nient.

L’Allemagne a pris cette initiative de la France pour amener en janvier 2020 les partisans internationaux et les acteurs de premier plan à la crise libyenne à la table de négociation dans le cadre d’une opération similaire aux négociations à l’ONU. En écartant le Tchad et la Tunisie !

Emadeddin Badi, expert au Center for Middle East Studies à Washington, estime de son côté que la Turquie (membre de l’OTAN) « cherche une politique qui sauvera le Gouvernement d’union nationale et préservera ainsi les intérêts économiques d’Ankara en Libye ». À cet égard, le Conseil présidentiel du Gouvernement d’union nationale de la Libye et la Turquie ont signé le 27 novembre dernier deux accords de sécurité et de coopération militaire « pour défendre les droits des deux pays en vertu du droit international » (8). Un Droit international qu’ils violent sans vergogne en Méditerranée pour s’emparer des gisements de gaz off shore (appartenant en réalité notamment à la Grèce, à chypre et à l’Egypte) (9).

Par ailleurs, Fathi Bashagha, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale (GNA), a déclaré qu’il n’existait aucun obstacle pour l’implantation d’une base militaire américaine en Libye. Cité par Bloomberg, Fathi Bashagha a souligné que les Russes étaient présents en Libye pour assurer leurs propres intérêts dans ce pays ainsi qu’en Afrique et non pas pour prêter main-forte à Khalifa Haftar. D’autre part, le GNA a suspendu, mardi dernier, sa participation aux négociations militaires de Genève, suite à l’attaque des miliciens de Haftar contre le port commercial de Tripoli.

LA RUSSIE SAURA-T-ELLE ÉVITER UNE SECONDE SYRIE ?

La Turquie est soupçonnée d’envoyer des combattants de groupes armés syriens en Libye. 
Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a nié « qu’il y ait eu des frictions entre Ankara et Moscou au sujet de la Libye alors que la Turquie a envoyé des troupes à Tripoli. « Non, la Turquie et la Russie ont de très bonnes voies de dialogue », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision turque NTV en réponse à la question de savoir s’il avait un désaccord entre les deux pays. Il a déclaré que des pourparlers avaient eu lieu entre les chefs d’État et les responsables de la Défense. La Turquie a l’intention de résoudre toute divergence avec la Russie par le biais de négociations, a ajouté Akar.

Le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli a demandé à la Turquie une aide « aérienne, terrestre et navale » après que les forces rivales du général Khalifa Haftar basé à l’est ont redoublé d’efforts pour s’emparer de Tripoli. Le gouvernement turc a déployé ses troupes en Libye pour protéger les intérêts nationaux turcs. Fin novembre 2019, la Turquie et le GNA ont signé des accords de coopération militaire et sur une nouvelle frontière maritime (liée à la « guerre du gaz » en Méditerranée). Les deux parties ont déjà ratifié l’accord et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait déclaré le 26 décembre qu’Ankara était prêt à fournir une assistance militaire dans la lutte contre l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar.

Comme nous l’avons écrit plus haut, Ankara, envoyant des troupes en Libye, déclare en effet de facto la guerre à la Russie, à l’Égypte et aux Émirats arabes unis, qui soutiennent les forces de Haftar.

QUELS LIENS ENTRE LES FRONTS LIBYEN ET SYRIEN ?

Quel message compte faire passer la Turquie? 
Ankara ne retirera pas du nord de la Syrie qu’il compte, sur l’ordre de Washington, transformer en un nouveau hub terroriste, cette fois à destination de la Libye et de l’Afrique du nord. Ou alors il ne s’en retirera pas à moins que la Russie cesse son jeu en Libye.

Les relations entre Ankara et Moscou sont loin d’être au beau fixe en ce qui concerne la Libye. S’il est vrai que le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a nié « qu’il y ait eu des frictions entre Ankara et Moscou au sujet de la Libye », les faits prouvent bien le contraire.

En 2012, le consulat américain à Benghazi en Cyrénaïque (rappelez vous le scandale de la mort de l’ambassadeur US Stevens qui impliquait Hillary clinton) (10) servait de point de transit aux armes et mercenaires envoyés par la CIA vers la Syrie via le Sud de la Turquie pour semer le chaos en Syrie et tenter d’accélérer un changement de régime à Damas (11). En 2019 et en 2020, la Turquie semble retourner le mécanisme mis en place à son profit et envoie les terroristes syriens se battre en Libye pour sauvegarder les lignes d’approvisionnement en brut à prix très réduit, mais surtout pour inaugurer en grande pompe la nouvelle stratégie US/OTAN en Afrique du Nord.

# PARTIE III-
LE GAMBIT DE MOSCOU EN AFRIQUE : LA CENTRAFRIQUE

Tibor Nagy, a mené une tournée africaine du 15 au 29 janvier 2020 (12). Il s’agit de la République Centrafricaine, de l’Éthiopie, du Kenya, du Cameroun, du Soudan du Sud et du Soudan. Tibor Nagy est le ‘Monsieur Afrique’ de Trump. Derrière Nagy une pieuvre toute puissante au cœur de la politique africaine en Afrique sous Trump et Obama, l’ATLANTIC COUNCIL (13) !

Pourquoi la Centrafrique, CENTRE DU BASCULEMENT GEOPOLITIQUE DE L’AFRIQUE vers la Russie, inquiète les américains ?

LA CENTRAFRIQUE, LE CENTRE DU BASCULEMENT GEOPOLITIQUE DE L’AFRIQUE

Visite à Bangui de Tibor Nagy du 19 au 21 janvier 2020 :
Le motif officiel est ne visite « pour rencontrer les hauts responsables gouvernementaux et étudiants centrafricains issus du programme YALI » (14).

La motivation réelle est toute autre, c’est la présence russe en RCA :
Cette visite intervient en fait sur fond de tension géopolitique avec en filigrane la présence russe en Centrafrique ! En octobre 2018 sur RFI, le diplomate s’est longuement interrogé sur cette présence dans le pays en déclarant, « le rôle des Russes en Centrafrique pose problème. Leurs activités cadrent mal avec le processus de paix. Ils ont leurs propres priorités, qui manquent parfois de transparence », disait-il. « Ce qui est sûr, le Secrétaire d’état adjoint américain aux affaires africaines, Tibor Nagy est porteur d’un message de la Maison Blanche aux autorités centrafricaines surtout que le pays amorce une année électorale où les jeux d’influence et d’intérêts de grandes puissances se font sentir depuis quelques temps », commente un observateur centrafricain.

Ce 17 janvier sur RFI, il ajoute : « Nous devons y voir plus clair (…) en Centrafrique sont déployés plusieurs centaines de militaires russes. Les uns, comme conseillers, les autres, comme membres de milices privées, les USA veulent y voir plus clair. C’est l’une des raisons pour lesquelles je vais à Bangui. Je vais visiter un certain nombre de pays. Et en dépit de ma longue histoire avec l’Afrique, ce sont des pays que je ne connais pas encore. À Bangui, je vais évaluer la situation et voir les perspectives pour les élections de la fin de cettte année (…) en tout cas, je veux en savoir plus sur la situation des Russes. Leurs capacités formelles. Leurs capacités informelles. Car nous le savons, la Centrafrique est un pays extrêmement riche, mais cette richesse n’est pas entre les mains du gouvernement central. Dans son ensemble, la communauté internationale travaille à réunifier le pays. Il y a des anciens présidents qui rentrent. La situation est très dynamique. Mais dans la communauté internationale, nous voulons nous assurer que chacun ne tire pas la couverture à soi ».

Contrairement aux français et aux américains, les russes aident le Président Touadera à reconstruire la République centrafricaine et à réarmer, former, restructurer les FACA. Moscou a de plus forcé la main à l’ONU et aux occidentaux, à Khartoum, pour organiser un accord de pacification nationale avec les groupes armés …

# UN MOT ENCORE. 
ET SPÉCIALEMENT POUR NOS LECTEURS CAMEROUNAIS.

Syrie, Libye, Centrafrique, Moscou est un partenaire loyal et fiable. Qui propose la souveraineté des Etats, leur intégrité. C’est l’alliance géopolitique alternative. 
Que propose l’autre camp ? 
Sous prétexte de « fédéralisation », la balkanisation et l’anarchie. Un chaos que ces pyromanes-pompiers ont eux même organisés ! Que proposent les dirigeants de l’Atlantic Council qui pilotent la politique africaine d’Obama et de Trump, Nbagy en tête ? Allez voir en Libye précisément, au Soudan, ou encore en Somalie ! Quelle autorité morale ont les porteurs français des valises américaines ? La France entre 1955 et 1971, pendant la « sale guerre du Kamerun », a commis un génocide – véritable celui là – d’au moins 600.000 victimes contre les Bamileke et en Sanaga Maritime !
Camerounais, oubliez les faux prophètes maraboutisés par Washington, Paris ou encore Berlin ! Ouvrez les yeux …

# NOTES ET RENVOIS :

(1) Cfr. sur PANAFRICOM-TV/ 
LUC MICHEL: GEOSTRATEGIE DU CHAOS (I): 
LE LABORATOIRE SOMALIEN 1990-2016 ( SUR AFRIQUE MEDIA)
Sur https://vimeo.com/172971204

Et sur PANAFRICOM-TV/ 
LUC MICHEL: GEOSTRATEGIE DU CHAOS (II): 
LA SOMALISATION DE LA LIBYE ( SUR AFRIQUE MEDIA)
Sur https://vimeo.com/172973881

(2) Cfr. aussi DESCENTE AUX ENFERS EN LIBYE. LA SECONDE SOMALIE. / 
LUC MICHEL SUR IRIB
Luc MICHEL interviewé par la Radio francophone iranienne IRIB, le 23 février 2015.
Il parle de la descente aux enfers de la Libye après la destruction de la Jamahiriya de Kadhafi par les USA et l’OTAN, alliés aux islamistes radicaux et à leurs mentors saoudiens et qataris.
Il explique pourquoi la Libye est une nouvelle Somalie sur la Méditerranée, à 300 km des côtes italiennes et maltaises de l’UE. L’avertissement de Kadhafi en février 2011 s’est accompli : Chaos djihadiste en Libye, terrorisme, drogue et immigration sauvage vers l’UE.
Sur https://www.youtube.com/watch?v=BNPJSWLC4DE

(3) Cfr. Luc MICHEL, REVOLUTION GEOPOLITIQUE. LES ONZE JOURS QUI ONT CHANGE L’ORDRE POST-SOVIETIQUE : LA CRIMEE EST RUSSE !
Sur http://www.lucmichel.net/2014/03/18/lucmichel-net-revolution-geopolitique-les-onze-jours-qui-ont-change-lordre-post-sovietique-la-crimee-est-russe/
J’écrivais en mars 2014 : « C’est tout l’Ordre post-soviétique en Eurasie depuis l’implosion de l’URSS – la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » a dit Poutine – et la destruction de la Yougoslavie par les Occidentaux qui est remis en question. Depuis cette défaite immense de la « Russie géopolitique » – ce qu’était aussi l’URSS – la Russie a sans cesse reculé. C’est terminé. La Russie est de retour ! »

(4) Cfr. sur PCN-TV/ 
LUC MICHEL SUR LE ZOOM AFRIQUE DE PRESSTV (IRAN, 02 NOVEMBRE 2018) : LE DRIAN EN RCA – DOMINOS OCCIDENTAUX VS ETATS-TREMPLIN RUSSES
Sur http://www.lucmichel.net/2018/11/07/pcn-tv-luc-michel-sur-le-zoom-afrique-de-presstv-iran-02-novembre-2018-le-drian-en-rca-dominos-occidentaux-vs-etats-tremplin-russes/

(5) Cfr. Luc MICHEL sur EODE THINK TANK/ 
GEOPOLITIQUE/ QUEL SOI-DISANT ‘RAPPROCHEMENT TURCO-RUSSE’ ? ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE !
Sur http://www.lucmichel.net/2016/08/24/eode-think-tank-geopolitique-quel-soi-disant-rapprochement-turco-russe-erdogan-reussit-son-coup-de-poker-opportuniste/

(6) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ 
SYRIE ET DUPLICITE D’ERDOGAN: ASTANA-SOTCHI-ADANA, LES MASQUES TURCS TOMBENT !
Sur http://www.lucmichel.net/2020/02/07/luc-michels-geopolitical-daily-syrie-et-duplicite-derdogan-astana-sotchi-adana-les-masques-turcs-tombent/

(7) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
CONTRE LES SCENARIOS OCCIDENTAUX, LES MEDIAMENSONGES ET LES FAUX ANALYSTES : LUC MICHEL DIT SES QUATRE VERITES SUR LE CHAOS LIBYEN EN 2020 !
Sur https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel/posts/1796470587154018

(8) Voir sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY
ʽLES OTTOMANS SONT DE RETOURʼ : LES AMBITIONS GÉOPOLITIQUES DE LA TURQUIE D’ERDOGAN VUES D’ISRAËL
Sur https://www.palestine-solidarite.org/analyses.luc_michel.020220.htm

(9) Voir sur LUC-MICHEL-TV/ 
PODCAST AVEC PARS TODAY (IRAN)/ 
LUC MICHEL: LA GUERRE DU GAZ EST DÉSORMAIS OUVERTE EN MEDITERRANEE
Sur http://www.lucmichel.net/2020/01/21/luc-michel-tv-podcast-avec-pars-today-iran-luc-michel-la-guerre-du-gaz-est-desormais-ouverte-en-mediterranee/

(10) Cfr. Luc MICHEL sur ELAC Website, ELAC & ALAC Committees / Breaking News / Luc MICHEL : NI FLEURS NI COURONNES POUR L’AMBASSADEUR US TUE EN LIBYE !
Sur http://www.elac-committees.org/2012/09/12/elac-alac-committees-breaking-news-luc-michel-ni-fleurs-ni-couronnes-pour-l%E2%80%99ambassadeur-us-tue-en-libye/

(11) Cfr. Luc MICHEL pour ELAC Website, LA FILIERE LIBYENNE DU TRAFIC D’ARMES VERS LA SYRIE
Sur https://www.palestine-solidarite.org/analyses.Luc_Michel.160713.htm

(12) Cfr. sur LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/ 
GEOPOLITIQUE AFRICAINE : ANALYSE DE LA TOURNEE 2020 DE TIBOR NAGY, LE ‘M. AFRIQUE’ DE TRUMP, EN AFRIQUE
Sur http://www.lucmichel.net/2020/02/06/luc-michels-geopolitical-daily-geopolitique-africaine-analyse-de-la-tournee-2020-de-tibor-nagy-le-m-afrique-de-trump-en-afrique-4/

(13) Voir sur LUC-MICHEL-TV mes trois analyses géopolitiques (version brutes non montées) sur la politique africaine de l’Atlantic Council:
* GEOPOLITIQUE. TOURNEE AFRICAINE DE TIBOR NAGY (I).
MENACES SUR LE SUD-SOUDAN
Video sur https://vimeo.com/385685359 
NAGY et son complice l’Ambassadeur de Trump au Soudan BOOTH (tous deux dirigeants de l’Atlantic Council, un tout puissant think tank US) tancent le Sud-Soudan et le menacent de sanctions si ses politiciens ne forment pas un « gouvernement d’union nationale » fantoche à sa botte …
* GEOPOLITIQUE. TOURNEE AFRICAINE DE TIBOR NAGY (II).
UN REGARD SUR LES USA AU SUD-SOUDAN ET LE CHAOS LIBYEN …
Video sur https://vimeo.com/385787894
*GEOPOLITIQUE. TOURNEE AFRICAINE DE TIBOR NAGY (III). LE CAMEROUN ET LA CENTRAFRIQUE DANS LE VISEUR DE WASHINGTON !
*Video sur https://vimeo.com/385685520

(14) Les motifs officiels :
« Sa visite mettra l’accent sur l’importance de promouvoir la bonne gouvernance et de solides institutions démocratiques, de faire avancer la paix et la sécurité régionales, de lutter contre la corruption et de forger des liens plus solides en matière de commerce et d’investissement. Il rencontrera également des responsables du gouvernement afin de renforcer la coopération régionale », a précisé le Département d’Etat Américain dans le communiqué. Le sous-secrétaire Tibor Nagy, peut-on lire, est le plus haut responsable américain à se rendre en République centrafricaine depuis la visite de Mme l’ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, Samantha Power, en 2016. « Sa visite vient renforcer l’engagement des États-Unis à soutenir la paix et la stabilité en RCA à travers l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, en fournissant une assistance aux personnes nécessiteuses et en travaillant en étroite collaboration avec d’autres partenaires internationaux en matière de consolidation des institutions démocratiques centrafricaine ». En outre, à l’occasion de sa visite le sous-secrétaire « mettra en évidence l’engagement des États-Unis à soutenir la jeunesse africaine avec une rencontre avec des étudiants et des enseignants de l’Université de Bangui, marquant le 10ème anniversaire de la Young African Leaders Initiative (YALI), un programme qui mobilise la prochaine génération de dirigeants sur le continent en facilitant les liens entre les jeunes leaders africains du programme YALI et leurs pairs aux États Unis ».

Luc MICHEL / Люк МИШЕЛЬ /
pour NHM Magazine

(Source : Farsi – Pars Today – SANA – Afrique Media – PCN-TV – PANAFRICOM-TV – Al Manar – ELAC Website – NTV – AFP – Interfax – RT – EODE Think Tank)

Complément pour le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily de
LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique : 
Géopolitique – Géoéconomie – Géoidéologie – Géohistoire – 
Géopolitismes – Néoeurasisme – Néopanafricanisme 
(Vu de Moscou et Malabo) :
PAGE SPECIALE Luc MICHEL’s Geopolitical Daily
https://www.facebook.com/LucMICHELgeopoliticalDaily/
________________

* Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ) :
WEBSITE http://www.lucmichel.net/ 
PAGE OFFICIELLE III – GEOPOLITIQUE
https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel.3.Geopolitique/
LUC-MICHEL-TV https://vimeo.com/lucmicheltv

RP LM.GEOPOL - NHM syrie libye rca lm (2020 03 04) FR (2)

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# FLASH VIDEO/ LUC MICHEL SUR PRESS TV (IRAN)/ GÉOPOLITIQUE: JUSQU’OÙ SE POURSUIVRA L’AGRESSION US ?

LM.ORG2 - instagramm 542 ptv

2020 03 04

La géopolitique mondiale du Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique : 
un duel séculaire, la Puissance continentale (Moscou – Pékin – Téhéran) contre la Thalassocratie américaine …

* REPORTAGE de ce 4 mars 2020 sur PRESS TV :
Dans un article publié sur le site du centre russe de la Fondation Carnegie, son président Dmitri Ternin a expliqué que la crise entre les États-Unis et la République islamique d’Iran en janvier 2020 n’a pas conduit à une guerre majeure dans la région de l’Asie de l’Ouest, mais avait sans doute déclenché un processus de remodelage de l’ordre mondial.
L’Europe veut-elle servir de chair à canon aux projets impérialistes US au prix de se mettre à dos l’axe de la Résistance, la Chine et la Russie ?
Luc Michel, géopoliticien, revient sur ce sujet et nous fait part de son analyse.

* Le géopoliticien Luc MICHEL :
Géopolitique: jusqu’où se poursuivra l’agression US ?
http://french.presstv.com/Detail/2020/03/04/620104/Geopolitique-jusquou-se-poursuivra-lagression-US
ou https://urmedium.com/c/frenchpresstv/8963

Luc MICHEL / Люк МИШЕЛЬ /
https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel/ 
http://www.lucmichel.net/
https://vimeo.com/lucmicheltv

LM.ORG2 - instagramm 542b ptv

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